dimanche 31 juillet 2016

Billets-L’impôt est une extorsion de fonds


L’impôt est une extorsion de fonds

Un sondage, en cette période d’ultra-matraquage fiscal, révèle que pas moins de 37% des Français considèrent l’impôt comme une extorsion de fonds. Intéressant en cette période où se multiplient les signes patents de révoltes à l’encontre du gouvernement et de sa politique.

Je ne me réfère pas aux pathétiques et sirupeux mouvements rebellocrates, portés par des groupes, tels les syndicats (CGT, FO et SUD en tête) qui ont fait croire durant des décennies que notre pays abritait de courageux résistants à l’oppression capitaliste et réactionnaire, sauvant ainsi l’âme corrompue de notre nation. À les entendre, on pouvait s’imaginer avec soulagement qu’existaient en France des consciences en alerte pour nous protéger des vilains en tous genres.

Je me réfère plutôt à ces petits mouvements, qui ont fleuri un peu partout, certains éphémères, d’autres pérennes : les pigeons ou les bonnets rouges d’hier, les pendus, les patrons cadenassés ou le mouvement des libérés de maintenant. Chacun avait ses spécificités, mais ils partageaient tous un écœurement des charges fiscales et sociales qui pèsent encore sur l’économie française aujourd’hui. Un trop plein d’État.

À cela vous ajoutez des sondages qui confirment une tendance grandissante acceptant une réduction du périmètre de l’État, et cerise sur le gâteau, ce sondage où presque 40% des sondés voient l’impôt comme une simple extorsion de fonds. Il y a de quoi faire rêver un libéral. La lucidité gagnerait-elle le peuple de France ? Cela reste à voir.
L’impôt est en effet de l’extorsion de fonds : rien de plus, rien de moins. C’est une violation des droits de propriété privée. Par la force, même avec la plus subtile, l’État extorque de l’argent à ses citoyens. Point final. C’est du vol pur et simple. L’impôt c’est l’équivalent noble et sophistiqué du racket mafieux.

Tous les discours qui consistent à le faire passer pour quelque chose d’aussi nécessaire que l’air que l’on respire ne sont que propagande pour gagner l’adhésion de ses victimes. L’impôt n’est pas plus nécessaire que le monopole pour permettre la vie en société.

Certes, aujourd’hui, en l’état actuel, il serait utopique de l’abolir du jour au lendemain (et pourquoi pas après tout, ne l’a-t-on pas fait avec l’esclavage ?), mais au moins il faudrait que nos consciences bienveillantes, nos lanceurs d’alertes, nos résistants bien-pensants, s’indignent de son existence et de son usage démentiel par l’État.

Ne sommes-nous pas concernés par l’usage que fait l’État de la liberté d’expression, de la justice ou de sa force armée ? Nous savons dans ces domaines respectifs que l’État peut être dangereux. Alors pourquoi n’est-ce pas le cas avec les impôts ? Pourquoi l’impôt échappe-t-il à cette vigilance ? Pourquoi n’y-a-t-il pas un tax watch international, ou un contribuable sans frontière (il existe Contribuables associés en France) ? La seule chose dont on s’indigne dans les médias c’est de ne point payer l’impôt, légalement ou illégalement. On devient alors un traître à la patrie, un citoyen indigne, un parasite vivant au crochet des autres.

Si cette tendance persiste dans l’opinion, j’entends déjà les politiques et sociologues de tous poils s’alarmer devant cette érosion du consentement à l’impôt. Qu’il y ait trop d’impôt d’accord ! Mais qu’il soit perçu comme pour ce qu’il est vraiment, du vol, c’est trop dangereux pour la caste au pouvoir. Car finalement nos hommes d’État se retrouveraient soudainement nus comme le roi dans la fable.


Source contrpoints.org

samedi 30 juillet 2016

Billets-Comment la France sélectionne ses élites : le cas Hollande


Comment la France sélectionne ses élites : le cas Hollande

3 raisons peuvent être avancées pour expliquer la monopolisation du pouvoir par une certaine élite dont François Hollande est sans doute le plus symbolique de ses représentants.

Il y a déjà une trentaine d’années, Michel Crozier fustigeait la sélection de l’élite en France. L’ancien juré de l’ENA et sociologue réputé des organisations militait pour une fermeture immédiate de cette école. Il disait à peu près en ces termes « qu’il n’avait jamais rencontré des étudiants aussi fermés intellectuellement ». La sélection par les grandes écoles de ce type est un travers typiquement français : aucun pays développé n’a eu semble-t-il l’idée de construire une « école du pouvoir politique ». Le concept sent bien évidemment le soufre car il contient certains des germes qui conduisent tout droit à une captation du pouvoir : voie d’accès unique, formatage intellectuel unique, méthodes de gouvernance uniques, réseau unique, cooptation/monogamie, étiolement culturel, etc.

Mais le problème de la sélection des élites politiques françaises est encore plus vaste qu’il n’y paraît. Il fallait en effet bien d’autres lacunes dans notre société pour que cette « voie scolaire royale » puisse se développer à ce point. Si notre classe politique est aussi saturée en énarques (ou tout simplement en agents de la fonction publique), c’est forcément parce que d’autres niveaux d’organisation n’ont pas fonctionné de façon optimale. Le cas Hollande est très intéressant à ce sujet, où l’on voit qu’un individu a priori sans compétences et sans expérience particulière pour le poste de Président, se retrouve à la tête de notre pays au plus mauvais moment. Que s’est-il passé ?

La filière politicienne
Le parcours de F. Hollande ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à celui d’autres leaders politiques actuels. À croire qu’il existe, au-delà d’une voie royale officielle (l’ENA), un cheminement tout aussi déterminant et qui en constitue le prolongement indispensable : UNEF, Éducation nationale, Parti Socialiste, missions à l’Élysée, direction d’un cabinet de ministre, conseil municipal, députation, Secrétariat national du PS… F. Hollande est devenu porte-parole du PS, Premier secrétaire, député européen, puis maire de Tulle. En 2007, il s’abstient de se présenter aux élections présidentielles qui verront s’opposer S. Royal et N. Sarkozy, mais se présente à celles de 2012 et les gagne contre ce dernier.

La nature d’un tel parcours nous apprend beaucoup sur les travers de notre pays : exclusivement cantonné dans le secteur public et subventionné, celui-ci se trouve de facto protégé de toute contrainte d’efficacité et d’efficience. Alors que la différence entre ces deux notions est une obsession quotidienne chez les chefs d’entreprises, aucune n’a vraiment cours dans ce parcours effectué sous les lambris des hôtels ministériels et municipaux, parmi les arcanes et parfois les alcôves des partis politiques, au beau milieu de leurs joutes florentines si spécieuses.

Quelles sont les qualités qui transparaissent d’un tel pédigree ? Strictement rien n’y démontre un quelconque succès sur les plans économique, social ou managérial. En tant que maire de Tulle, les résultats sont même consternants (endettement record). À l’inverse, on y devine en filigrane un puissant talent relationnel : tout le monde n’est pas capable de naviguer dans les cercles proches du Président Mitterrand et de ses ministres, tout le monde n’est pas capable de manœuvrer de façon virtuose au sein d’un Parti socialiste jusqu’à en atteindre la plus haute marche malgré la cacophonie qui le caractérise à l’époque…

Ce sont indiscutablement des qualités relationnelles, des dons en matière de diplomatie, des capacités à élaborer des synthèses impossibles entre des clans qui ne se supportent pas. Ce sont des compétences, le nier serait malhonnête. Mais suffisent-elles pour faire un Président de la République ? Ne seraient-elles pas plutôt tournées vers la réussite individuelle ? Ne sont-elles pas dramatiquement dénuées des autres qualités indispensables que sont le courage, le pragmatisme, la vision, l’anticipation, l’efficacité, le dévouement ?

Il y a même quelque chose d’effrayant dans ce cheminement car il s’avère être le tremplin le plus efficace pour atteindre la responsabilité suprême, alors qu’il évite la vraie vie économique… Comme une sorte d’ascenseur qui évoluerait au mépris du monde ultra concurrentiel de l’entreprise mais qui permettrait ensuite à ceux qui l’empruntent d’en diriger les règles de fonctionnement…

Il existe donc aujourd’hui, dans la société française, un parcours protégé et comparativement peu exigeant qui se permet le luxe de surpasser l’ensemble des autres parcours pourtant bien plus challengés. En d’autres termes, un diplômé sans la moindre expérience professionnelle réussie a la possibilité de prendre la direction de notre pays et de l’ensemble de son économie parce qu’il aura su barboter dans les cercles idoines. Et de façon tout aussi diabolique, des partis politiques tels que le PS ne sont rien d’autre que des écuries de course qui, loin du monde réel, élèvent en circuit fermé des chevaux pour gagner l’ultime compétition électorale.

Comment en sommes-nous arrivés là ? L’existence de la filière elle-même n’explique pas tout. Pour que de telles choses deviennent possibles, ne faut-il pas compter sur d’autres éléments favorables tels que la bienveillance des médias et la naïveté des électeurs ?


La bienveillance des médias
Depuis le fameux sondage post élection présidentielle, nous savons que 74% des journalistes ont voté F. Hollande. Ce score à la soviétique constitue un splendide raccourci sur le rapprochement qui s’est opéré entre les médias, et les écuries des étalons socialistes.

Il existe beaucoup d’autres pays dans lesquels des journalistes auraient posé quelques problèmes au candidat socialiste en matière de programme économique. Dans une nation qui recule régulièrement d’un point de vue économique et social (chômage de masse, croissance, PIB, PIB/habitant, part de marché mondiale, part de marché industrielle, dette, niveau scolaire, création d’entreprises, etc.) et qui est déjà parmi les champions mondiaux de la pression fiscale et des prélèvements, proposer une réforme fiscale visant à prendre encore plus aux riches et aux entreprises avait en effet de quoi surprendre. Il y avait au minimum matière à débat…

Or F. Hollande a t-il eu des difficultés à faire passer son message égalitariste en dépit d’un contexte qui ne le permettait même plus ?  A-t-il été challengé par la presse et la télévision ? A-t-il dû affronter des débats contradictoires réguliers face à des spécialistes de l’économie et de la politique ? La réponse est clairement négative. Les débats ont été d’une extrême rareté. Et la plupart des médias étant de gauche, le message a été diffusé tel quel, dénué de la moindre critique de fond, comme s’il était  la bonne parole en provenance d’un messie du Bien…

La naïveté des électeurs
Pour accepter un programme économique aussi inepte que celui de F. Hollande, il ne manquait plus qu’une bonne dose de crédulité populaire. Gagner les élections en jouant sur le ressentiment anti-riche, en faisant miroiter le confort des pauvres grâce aux ponctions dans la poche des nantis, et en promettant de réduire le chômage en recrutant encore et toujours plus de fonctionnaires, n’était-ce pas la preuve d’une immense naïveté ? C’est ici sans doute que réside l’un des plus gros problèmes de la France (cf. les statistiques dans « Les différentes formes de pouvoir et le probable futur de notre démocratie »). Certes, l’inculture économique d’une grande partie de sa population n’est que le fruit de décennies de mensonges et de déresponsabilisation. Elle n’est que la triste conséquence d’une captation du pouvoir par une nomenklatura politique chimérique. Elle n’est que le reflet naturel d’une Éducation Nationale qui en a épousé la doxa et qui perpétue auprès de chaque génération le mythe étatique.

Mais maintenant que cette immaturité économique est un fait avéré, comment notre pays peut-il s’en sortir ? Comment peut-il éviter la victoire du populisme contre le principe de réalité ? La victoire de la facilité contre l’effort de désendettement ? La victoire de la fermeture des frontières contre le réveil de notre compétitivité ?

Après des décennies de falsification des faits, de mensonges politiques répétés par les médias, de centralisation du pouvoir, de clonage des profils administratifs au sommet de notre État, le tableau n’est pas brillant. Nous sommes actuellement dans la zone rouge. N’ayons pas peur de le dire : n’importe qui peut gagner les prochaines élections. Les conditions sont idéalement réunies.


Source contrepoints.org

Billets-Terrorisme : La France a besoin de tolérance zéro


Terrorisme : La France a besoin de tolérance zéro

Tous les prétendus djihadistes en France et en Belgique avaient tous commis des délits antérieurs, avaient tous été arrêtés par la police

Les Français sont abasourdis par le meurtre du prêtre Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray. Ils le sont plus encore par l’incompétence des services de sécurité et de la magistrature.

La lourde facture de l’incompétence de l’Etat dans ses fonctions régaliennes
Les deux meurtriers étaient connus de la police : un d’entre eux avait été incarcéré, puis libéré par un juge qui avait cru sottement aux promesses de rédemption d’un voyou de 19 ans. L’autre était soupçonné par les services de renseignement de planifier un attentat imminent, mais l’information n’a pas atteint la police. Ceci rappelle le désordre sécuritaire qui existait aux États-Unis avant l’attentat du 11 septembre 2001.

Il serait grand temps que les dirigeants français comprennent que nous ne sommes pas plus en guerre contre l’Islam que contre l’islamisme, une vieille thèse à la Samuel Huntington, dénuée de sens, mais confrontés à des criminels ordinaires pour qui le djihad est une couverture qui légitime, à leurs yeux, un désir de violence totale. Rappelons que tous les prétendus djihadistes en France et en Belgique avaient tous commis des délits antérieurs, avaient tous été arrêtés par la police et que tous souffraient de troubles psychiatriques repérés par des médecins et leur famille. Il n’est donc d’aucune utilité, comme s’y emploie le gouvernement Hollande, totalement à côté de la plaque, de faire patrouiller des jeunes militaires sur les plages et dans les rues de Paris. La lutte contre ce nouveau banditisme exige du renseignement en amont, une coordination entre police et justice et de garder en prison les délinquants condamnés et dangereux.

Au lieu de grands discours sur la guerre contre l’islamisme et des opérations militaires, on suggérera que les djihadistes ne soient traités que comme des criminels ordinaires. Et que l’on applique en France la méthode new-yorkaise de la tolérance zéro : tout délit, aussi insignifiant soit-il, mérite d’être traité sévèrement, les juges doivent être irascibles et les peines exécutées. Ce qui a permis de réduire massivement la criminalité à New York, imitée par la plupart des métropoles américaines, vaudrait pour la France. Ce qui suppose, en France, une profonde évolution de la pensée sécuritaire : le gouvernement actuel en paraît incapable.

Photo G20 Voice – CC BY 2.0
Source contrepoints.org


vendredi 29 juillet 2016

Billets


Billets-Entrepreneurs, artisans, commerçants : nous sommes les serfs de la république !


Entrepreneurs, artisans, commerçants : nous sommes les serfs de la république !

Comment voulez-vous qu’un énarque ou un élu qui ne connaît de l’URSSAF, du RSI et du fisc que de nom, comment voulez-vous qu’ils s’intéressent à vous ?

Connaissez-vous un de nos élus qui se préoccupe réellement, entre autres choses, de nos problèmes de charges sociales ou de fiscalité ?
Moi, j’ai beau chercher dans tous les coins, je n’en trouve aucun.
Aucun ne veut changer ces systèmes.
Que ceux-ci soient injustes, iniques et mortels pour nous, ne leur fait ni chaud ni froid.
Eux, ils sont couverts.
Leur seul but est de faire perdurer leur fabrique à fromage.
Leur fromage.
C’est-à-dire les avantages et rentes de situation qu’ils ont grâce à nous.
Grâce à nos impôts.
La nouvelle aristocratie
L’aristocratie de l’Ancien Régime avec ses privilèges a fait place à une nouvelle oligarchie républicaine l’Énarchie.
L’ENA est notre nouveau sang bleu.
Tous nos gouvernants, hauts fonctionnaires en sont issus dans leur quasi-totalité.
Ils entrent à l’ENA et au sortir de cette école leur avenir est tout tracé : ils suceront jusqu’à leur mort le sang de la France, en deux mots : le vôtre.
Nos élus, eux, ils ont un autre gruyère : la fonction publique.
C’est un club de vacances moins somptueux que l’ENA, lequel est une référence de luxe absolu (5 étoiles luxe), mais il a quand même ses 4 étoiles, ce qui reste malgré tout encore très très attractif.
Les 4/5 de nos députés en sont issus.
Ils se mettent en disponibilité de leur administration (sans rien en perdre), et en cas d’échec à une élection, retrouvent leur place dans celle-ci.
Que c’est doux comme carrière.
On traverse la vie dans un fauteuil.
Cool, non ?
Pas de parachute doré
Essayez, vous, qui participez vraiment à la vie active et économique du pays d’en faire autant.
Ce ne sera pas la même histoire.
Pour vous en cas d’erreur, le « grattage » n’existe pas.
C’est direct la case RSA (puisque pour vous Pôle Emploi, connaît pas !)
Pour vous, pas de parachute doré.
Pas de recasage maison aux petits oignons.
Nous sommes devenus les serfs de la République.
Corvéable à merci ou à la tonte fiscale.
Comment voulez-vous qu’un énarque ou un élu, qui n’a jamais mis les pieds dans la vraie vie active, qui n’a jamais connu les affres des échéances qu’on ne peut pas toujours payer, qui ne connaît de l’URSSAF, du RSI et du fisc que leurs noms, comment voulez-vous qu’ils s’intéressent à vous ?
Ces gens qui n’ont jamais vécu un contrôle URSSAF ou fiscal (je ne parle pas du reste), comment voulez-vous que ces gens-là s’intéressent à vous ?
Même pas en rêve !
Nous, toute notre vie a été, et sera un combat sans filet.
Je me force à écouter tous nos futurs présidents et je suis effaré de leur méconnaissance de la vie de ceux qui travaillent réellement.
Je suis sidéré et les bras m’en tombent, comme dirait ma cousine.
Ils sont tous, sans exception, à côté de la plaque !
Ils ont beau faire comme s’ils savaient, comme s’ils nous comprenaient, ça coince !
Les pôvres, ils sont à des milliers d’années-lumière de notre réalité et de nos problèmes.
Ils sont sur une autre planète : la leur.
Et nous, nous ne nous y trouvons (malheureusement) pas.
Nous sommes juste (comme toujours) leur machine à cash.
Rien de nouveau sous le soleil…

Photo By: Victor – CC BY 2.0

Source contrepoints.org

jeudi 28 juillet 2016

Dessins de presse


Dessins de presse

mercredi 27 juillet 2016

mardi 26 juillet 2016

dimanche 24 juillet 2016

Billets-Vivre avec le terrorisme : ce qu’Israël nous enseigne

Vivre avec le terrorisme : ce qu’Israël nous enseigne

L’Europe pourrait affronter des attentats terroristes fréquents dans le futur. Comment s’y préparer et que peut nous apprendre le cas d’Israël ?
Entretien avec Corinne Sauer, du Jerusalem Institute for Market Studies.


Alors que les attentats se sont multipliés en Europe ces derniers mois, nous risquons de devoir nous habituer à vivre avec le terrorisme. Israël, démocratie régulièrement menacée par le terrorisme, peut nous apprendre beaucoup.

Droit au port d’armes et sécurité privée
La sécurité des citoyens ne viendra pas de l’État, ou au moins pas exclusivement. Israël a su associer fortement la société civile aux démarches de garantie de la sécurité de ses citoyens comme le souligne Corinne Sauer : « la société civile est très impliquée dans le combat contre le terrorisme en Israël, avec quatre axes clefs : déjà, un service militaire obligatoire pour presque tout Israélien. Ensuite, il est assez facile d’obtenir un permis de port d’armes et de nombreux citoyens sont armés. Cela a permis de stopper de nombreuses attaques terroristes. Troisième axe, même les enfants sont informés tôt sur la conduite à tenir en cas de risque, et les Israéliens n’hésitent pas à prévenir la police tôt. Enfin, de nombreux quartiers ou centres commerciaux ont leurs propres services de sécurité, avec des volontaires ou des entreprises privées ».

Des mesures qui peuvent nous sembler lointaines et difficilement applicables en France, mais qui font leur chemin. Combien de morts au Bataclan auraient pu être évités si les policiers présents dans la salle (hors de leurs horaires de service) avaient été autorisés à porter une arme ?

Quel impact sur la vie quotidienne ?
Au delà, c’est aussi l’impact de la « guerre contre le terrorisme » sur la vie quotidienne qui inquiète les Français, hésitant par exemple à prendre l’avion ou à aller au restaurant. Mais aussi un énervement face aux contrôles de sécurité à tout instant. En Israël, c’est une certaine résignation voire une acceptation de ces contrôles de sécurité qui prédomine : « la guerre contre le terrorisme est notre vie quotidienne et la société civile, partie prenante de cette guerre, a pris l’habitude d’être arrêtée et de voir ses sacs fouillés dans presque n’importe quel lieu public. C’est le prix que beaucoup sont prêts à payer pour vivre dans un environnement plus sûr ».

Le tout en cherchant au maximum à préserver les valeurs de nos sociétés libérales : « j’habite à Jérusalem, une ville très diverse, où toutes les communautés, Juifs comme Arabes, vivent ensemble, utilisent les mêmes transports en commun, travaillent, sortent ou font leurs courses dans les mêmes endroits ». « Nous essayons de maintenir la tolérance entre les communautés ».

Traduction et mise en forme : Alexis Vintray

Source contrepoints.org

samedi 23 juillet 2016

Recettes Desserts-Baba au rhum


Baba au rhum

Préparation : 30 mn
Repos : 30 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 8 personnes
Pour la pâte :
100 g de beurre + 25 g pour les moules
1 citron pour le zeste
250 g de farine
25 g de miel d’acacia
25 g de levure de boulanger
8 g de fleur de sel
1 cuillerée à café de vanille en poudre
8 œufs entiers
Pour le sirop :
1/2 citron pour le zeste
1/2 orange pour le zeste
1 gousse de vanille
1 litre d’eau
500 g de sucre en poudre
50 g de purée d’ananas
10 cl de rhum
Pour le nappage :
100 g de nappage d’abricot
10 cl de rhum
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
2. Coupez le beurre en petits morceaux et laissez-le à température ambiante. Râpez le zeste du citron.
3. Préparez la pâte : dans la cuve d'un robot pétrisseur équipé de la feuille, mettez la farine, le miel, la levure émiettée, la fleur de sel, la vanille, le zeste de citron et 3 œufs. Faites tourner l'appareil à vitesse moyenne jusqu'à ce que la pâte se détache de la paroi de la cuve. Ajoutez alors 3 œufs et travaillez de même. Lorsque la pâte se détache de nouveau de la paroi, ajoutez les 2 œufs restants et travaillez encore 10 minutes. Sans cesser de faire tourner l'appareil, ajoutez alors le beurre coupé en petits cubes. Quand la pâte est homogène ­ elle reste très liquide ­, versez-la dans un saladier et laissez-la lever pendant 30 minutes à température ambiante.
4. Faites cuire les babas 15 minutes.
5. Laissez-les refroidir, puis démoulez-les sur une grille. Laissez-les rassir un ou deux jours; ils s'imbiberont mieux du sirop.
6. Préparez le sirop : râpez les zestes de citron et d'orange, fendez et grattez la gousse de vanille. Faites bouillir ensemble l'eau, le sucre, les zestes, la vanille et la purée d'ananas. Après ébullition, ajoutez le rhum et arrêtez le feu. Laissez tiédir jusqu'à 60 °C.
7. Trempez un à un les babas dans le sirop. Pour vous assurer qu'ils sont bien imbibés, enfoncez-y la lame d'un couteau : elle ne doit rencontrer aucune résistance.
8. Préparez le nappage : faites bouillir dans une casserole le nappage abricot. Aspergez les babas de rhum puis, au pinceau, badigeonnez-les de nappage abricot bouillant.
9. Garnissez les babas de crème Chantilly nature ou parfumée à la cannelle ou au chocolat que vous piquerez, en saison, de fruits rouges entiers ou de fruits exotiques coupés en cubes.

Conseil
Cette recette se fait en deux temps : l'idéal est de laisser s'écouler 48 heures entre les deux étapes de la préparation. Vous pouvez servir ce baba avec une crème anglaise à la vanille et quelques framboises.
Cette préparation est plus facile à faire en utilisant un robot, mais vous pouvez aussi bien utiliser un fouet manuel.

vendredi 22 juillet 2016

Dessins de presse


Dessins de presse

jeudi 21 juillet 2016

mardi 19 juillet 2016

Recettes Enfants-Soufflé au Nutella


Soufflé au Nutella

Préparation :
15 mn
Cuisson :
20 mn

Pour 4 personnes
1 pot de Nutella (220 g) 
4 œufs 
15 g de beurre 
1 cuillerée à soupe de sucre en poudre 
1 pincée de sel
1. Beurrez un moule à soufflé. Saupoudrez le fond et les parois de sucre en poudre.
2. Séparez les jaunes des blancs d’œufs. Dans une jatte fouettez les jaunes d’œufs en y incorporant progressivement le Nutella. Travaillez la préparation jusqu’à ce qu’elle soit homogène.
3. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
4. Montez les 4 blancs d’œufs en neige ferme avec une pincée de sel. Mélangez un tiers de ces blancs à la préparation au Nutella en remuant vivement afin de l’assouplir, puis, délicatement, incorporez le reste des blancs.
5. Versez dans le moule. Enfournez 20 minutes. Servez immédiatement.


Info santé

Ce dessert particulièrement énergétique (gras et sucré) est bien adapté pour une journée d’activité physique intense. Il apporte l’équivalent d’un œuf par personne, évitez de prévoir de la viande au même repas, surtout pour les plus jeunes.

Dans un menu

Salade du jardinier (tomates, concombre, radis, mini-épis de maïs)
Pain de campagne et fromage frais aux herbes
Soufflé au Nutella



lundi 18 juillet 2016

Recettes Enfants-Courgettes à la ricotta


Courgettes à la ricotta

Préparation : 20 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 4 personnes
5 courgettes rondes
200 g de ricotta
2 oignons frais
1 gousse d’ail
2 brins de menthe
4 cuillerées à soupe d’huile d’olive
Sel
1. Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
2. Rincez et essuyez 4 courgettes. Coupez un chapeau sur chacune. Creusez l’intérieur et retirez la pulpe, puis hachez-la avec la courgette restante épluchée.
3. Pelez et hachez les oignons frais. Faites-les fondre 2 minutes à la poêle dans 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive. Ajoutez la pulpe de courgette hachée et l’ail pressé. Cuisez 5 minutes en mélangeant. Salez.
4. Garnissez les courgettes évidées de cette préparation. Rangez-les dans un plat. Arrosez d’un filet d’huile d’olive. Couvrez d’une feuille d’aluminium. Cuisez 20 minutes au four, puis laissez tiédir.
5. Ecrasez la ricotta avec 1 cuillerée à soupe d’huile d’olive et la menthe ciselée.
6. Terminez de garnir les courgettes avec cette préparation. Servez-les tièdes.

Info santé
La courgette est un légume bien adapté aux enfants : ses fibres (des pectines) ne sont pas irritantes et lui donnent une texture veloutée. Choisissez de préférence des courgettes très jeunes qui ont une saveur plus douce.

Dans un menu
Salade de riz au thon

Recettes Japonaises-Haricots verts au sésame


Haricots verts au sésame

Préparation : 15 mn
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes
600 g de haricots verts extrafins
100 g de graines de sésame
6 cl de bouillon « dashi »
4 cuillerées à soupe de sauce soja
4 plaques d’algues « nori »
Gros sel
1. Équeutez les haricots verts, lavez-les puis égouttez-les dans une passoire. Dans une grande casserole, portez à ébullition 3 litres d’eau additionnée de gros sel. Jetez-y les haricots et laissez-les cuire 4 minutes environ à feu vif. Plongez-les ensuite dans un grand volume d’eau froide et laissez-les 3 minutes.
2. Égouttez et plongez les haricots. Disposez-les en fagots dans les bols ou les assiettes de service. Pilez finement les graines de sésame pour obtenir une pâte assez fine, puis incorporez le bouillon « dashi » et la sauce de soja. Nappez les haricots de cette sauce et décorez avec les algues finement émincées.

Recettes Japonaises-Gratin de myrtilles


Gratin de myrtilles

Préparation : 15 mn
Cuisson : 25 mn
Pour 4 personnes
300 g de myrtilles
150 g de farine à pain de campagne
75 g de beurre tempéré
50 g de sucre roux
1. Préchauffez le four à 175°C (th. 6).
2. Rincez rapidement les myrtilles et mettez-les dans un plat à clafoutis.
3. Mettez la farine dans un saladier, ajoutez le beurre en copeaux et le sucre. Frottez les ingrédients entre vos mains pour réaliser une pâte un peu « granuleuse ». Versez la pâte sur les fruits.
4. Glissez au four et faites cuire 25 minutes, le temps que le dessus du gratin soit doré. Attendez qu’il tiédisse pour le déguster.

Des chercheurs japonais ont prouvé que les anthocyanines qui donnent la couleur violette aux fruits et légumes sont plus antioxydantes que les autres pigments. Joseph James, qui travaille au Centre de recherche sur la nutrition humaine de Boston, a publié en 2003 The Color Code, dans lequel il insiste sur l’importance qu’ont les myrtilles sur la mémoire. De plus les anthocyanines, contrairement aux caroténoïdes qui colorent en rouge et en orange les fruits et les légumes, n’ont pas besoin de matière grasse pour être absorbées.
C'est une des baies les plus légères en sucres et en calories, sa richesse en fibres et en antioxydant lui confère des vertus coupe-faim, et elle est très diurétique.

Riche en vitamines hydrosolubles, acides citrique et malique, alcaloïdes indoliques, anthocyanosides (glucosides du delphininol, du cyanidol, du malvidol et du pétunidol), bases quinolizidiniques et tanins, elle possède des propriétés antiseptiques, antidiarrhéiques, antihémorragiques et antihéméralopiques.

C'est un des fruits les plus riches en antioxydants, avec la framboise et le cassis.

La preuve scientifique de l'action des myrtilles sur les pathologies oculaires remonte aux années 1980. Les pouvoirs antioxydants de la myrtille sont à l'origine des effets protecteurs et bénéfiques sur la cataracte.

samedi 16 juillet 2016

vendredi 15 juillet 2016

jeudi 14 juillet 2016

Ma vie d’expat’ en … France

Ma vie d’expat’ en … France

Le témoignage d’Ernst, Néerlandais expatrié dans la Drôme avec sa femme : « Nous n’avons aucun regret. Si je dis « chez nous », je pense à mon village français et pas à mon pays d’origine. »


Drôme provençale by Isabelle Barrhuet–CC BY-NC-ND 2.0

Une petite présentation ?
Je m’appelle Ernest, né Ernst en 1948, donc retraité. Même métier que Laurent, ou presque : consultant informatique. Marié assez jeune, j’ai deux enfants, 7 petits-enfants. Ma femme est photographe naturaliste et « petite paysanne », toujours pleine de projets, de préférence dehors.

Pourquoi être parti ?
Aux Pays-Bas, depuis la fin de mes études, ma femme et moi avons vécu dans des villages de plus en plus petits. On pourrait penser : ambiance tranquille, mais en réalité, pour nous la pression de la densité de gens autour de nous était une des raisons principales pour émigrer. De plus, le paysage ici est tellement beau, chaque sortie pour faire des courses ou autre devoir est une petite fête : la montagne, la vue, les falaises, les pierres, (on ne dit pas sans raison « où la terre montre l’os ») et bien sûr aussi un soleil dans un ciel bleu.

Nous avons découvert un hameau, une commune de gens ouverts et accueillants et notre vie sociale est plus développée qu’aux Pays-Bas. Évidemment, il faut faire l’effort de parler la langue locale, même s’il y a d’autres nationalités présentes – on ne veut pas s’enfermer dans un ghetto.

La fiscalité n’a joué aucun rôle. La France et les Pays-Bas ont conclu un traité pour éviter les impôts doubles. Par conséquence, nos pensions venant de l’État néerlandais sont taxées aux Pays-Bas et mes revenus du fonds de retraite, ainsi que tout revenu français (par exemple – le loyer d’un gîte) sont taxés en France. Les deux pays calculent notre « revenu mondial » pour déterminer le tarif applicable. Impossible de savoir si je paye plus d’impôt dans la situation actuelle que si j’étais resté aux Pays Bas.

Pourquoi avoir choisi la France, pourquoi la Drôme ?
Dans les années 1990 nous sommes partis plusieurs fois en vacances dans les Antilles françaises : Martinique, Guadeloupe, et à un moment donné nous avions eu vraiment envie de nous y installer, mais le travail et notre compte bancaire ne l’ont pas permis. L’Extremadura, à l’intérieur de l’Espagne aussi avec une nature extraordinaire, était la favorite, mais la chaleur de l’été et la distance (2 jours en voiture) nous ont fait changer d’avis. Puis, la Drôme, un pays caléidoscopique, nous a séduits. À un seul jour d’autoroute ou de TGV de distance des parents, enfants et petits-enfants, c’est une région avec une nature très riche, assez sauvage, qui a répondu à tous nos besoins.


Drôme provençale by Pascal Vuylsteker–CC BY-SA 2.0

Avez-vous eu des doutes ? Comment les avez-vous gérés ?
Le souhait d’émigrer existait déjà longtemps, mais en tant que co-fondateur de l’entreprise où je travaillais, ce n’était pas possible de partir avant de l’avoir vendue. Un management buyout – un trio de nos jeunes consultants nous ont proposé de racheter la société – déclencha la possibilité de partir.

Nous avons commencé par louer un gîte de fin septembre à mi-décembre, pour faire l’expérience de la vie quotidienne hors été et vacances, travaillant à distance. Entretemps nous avons épluché les offres de maisons, d’abord sur internet. En avril suivant nous étions de retour pour un autre mois d’essai. Et à ce moment-là nous sommes tombés sur l’annonce d’une maison qui répondait à tous nos besoins, et même plus. Nous sommes partis à la recherche du Maire, qui n’a eu qu’une question : « C’est une maison secondaire ou pour vous installer ici ? – 8 mois ici, 4 mois au nord » avions-nous pensé. Une semaine plus tard, le compromis de vente était signé.

Début août nous sommes arrivés avec tout ce que nous voulions préserver de notre existence précédente : une grande remorque, même pas un camion : la maison nous était vendue à moitié meublée. Un an plus tard nous avons vendu notre maison aux Pays-Bas. Impossible d’entretenir deux maisons et inutile en plus, nous nous étions installés en France sans réserve.
Bilan
Presque cinq ans dans l’aventure, nous n’avons aucun regret. Oui, le français n’est pas facile, mais avec comme professeur une jolie femme qui vient quelques heures par semaine pour enseigner à un petit groupe d’étrangers, il y a un réel progrès, même si nous ne sommes pas encore aussi habiles que dans notre langue maternelle.

Après un apéro « bonjour-au revoir », organisé en commun avec l’ancienne propriétaire (qui est ensuite retournée dans son pays d’origine), ma femme a initié un petit groupe de tricoteuses sous condition qu’on n’y parle que le français. L’histoire du robot pour nettoyer les poules, qui, après interrogations des « vraies » Françaises, s’est révélé être plutôt pour nettoyer le pool (la piscine), fait encore rire.

En mars 2014, je suis tombé au milieu des élections communales et, quelques semaines plus tard, je me retrouvais au conseil municipal. À la troisième réunion le maire me donna le stylo pour écrire le compte rendu… J’ai fait de mon mieux et heureusement j’ai reçu beaucoup d’aide de plusieurs personnes. Ouf !


L’âne By: Annie Roi – CC BY 2.0

Joindre la chorale de la ville la plus proche était une autre étape qui m’a apporté beaucoup d’opportunités pour faire la connaissance de Françaises et Français et de leur mode de vie. Et naturellement, tout le monde a besoin d’un peu d’aide dans le domaine de l’ordi, ça vous rend vite populaire ! Entretemps, ma femme (se sentant encore un peu paysanne comme avant) a réintroduit des poules et un coq, un exemple suivi par quelques autres dans la combe. Un petit troupeau de brebis d’une race locale et encore un âne pour faire bonne mesure. Avec ça, c’en est fini des voyages, elle a pris racine.

Est-ce que vous vous sentez encore Néerlandais ?
Dans un sens oui, dans un sens non. Si je dis « chez nous », je pense à mon village français et pas, comme je l’observe chez quelques immigrés, à mon pays d’origine. Mon profil sur Google Actualités est celui de la France, avec en plus quelques mots clés pour suivre les grands titres des Pays Bas. Je ne regarde pas la télé, comme je ne la regardais pas avant de partir. Mais évidemment, avec des proches et quelques dizaines d’amis là-bas, ce n’est pas un pays comme un autre.

Quelques fois par an je m’y rends pour faire le tour de la famille. Ce qui me frappe chaque fois, c’est la densité de la population, l’éternel manque de temps dont tout le monde semble souffrir, la bataille pour deux mètres de goudron sur les routes, le bombardement de publicité partout, jour et nuit. Une petite semaine me suffit pour me faire revenir vers ma petite vallée en sachant que j’ai fait le bon choix.

Donc, pas de retour ?
On se pose parfois des questions : et si je tombe sévèrement malade ? Si je perds ma femme ou qu’elle reste seule ? Difficile de s’imaginer des situations comme ça, même si on sait que tout cela est bien possible, même probable. Notre maison est, au contraire de la plupart des maisons d’ici, bien accessible en fauteuil roulant, nécessitant seulement quelques adaptions minimales. Hôpitaux, médecins sont plus loin que dans les régions de population dense, mais, ici comme aux Pays-Bas, on peut constater une tendance à la concentration et à la spécialisation médicale qui rend l’argument caduc.

Un souci est encore la communication avec le médecin dans une situation de crise ; mauvaise idée du conseil départemental drômois d’éliminer les interprètes dans les hôpitaux. Qu’est-ce qu’ils proposent : apprendre le français à la perfection sous peine de mort ?
Petit souci aussi concernant l’assurance maladie. Les Pays-Bas prennent une prime d’assurance de ma pension et l’envoient vers la France. Ainsi nous avons une carte vitale française. Ça marche, mais, il y a dix ans, le gouvernement néerlandais a changé les règles et quelques retraités vivant en Espagne ont été obligés de se rapatrier, malgré le fait que cela a augmenté la facture pour l’État.

Je suis donc conscient que les expats se trouvent à la marge pour les politiciens quand ils développent des nouvelles réglementations. Il y a déjà eu des cas où il a fallu l’intervention de la Cour Européenne à Luxembourg pour forcer l’État néerlandais à changer des règles qui discriminaient les émigrés néerlandais dans l’UE.

Il y a aussi la question de l’assurance maladie privée. Sans faire la comparaison (aux Pays-Bas ce n’est pas mieux), le système français est assez étonnant. Le principe de toute assurance est qu’on n’assure que les risques qu’on ne peut pas porter soi-même. Par contre, les assureurs offrent de vous rembourser des petites sommes pour les risques banals, mais pour les risques sérieux leurs caisses restent fermées. C’est une paperasserie énorme, qui en plus fait monter les prix des outils comme les lunettes, mais n’augmente pas l’accessibilité des services médicaux. J’ai cherché en vain une assurance qui rembourse les frais médicaux au-delà de X euro par année, le montant X à choisir en fonction de ses propres moyens. Espérons qu’un entrepreneur malin saisisse cette opportunité.

Le plus grand souci : sans transport public, nous dépendons fortement de notre voiture. Espérons que notre faculté à conduire reste intacte jusqu’au moment où les « voitures autonomes » arriveront.

Je ne sais pas si les gens des grandes villes le réalisent, mais internet a complètement changé la vie à la campagne : le manque de commerces spécialisés, de librairies, de cinémas, ou bien l’isolement : tout cela est largement résolu par les services du Bon Coin, d’ Amazon, de Netflix et de Skype. Acheter une pièce détachée depuis les États-Unis pour le PC du voisin ? Un livre spécifique ? Une info sur n’importe quel phénomène ? Une conférence avec les collègues dirigeant une association internationale ? Tout cela est possible, même si l’accès à internet n’est pour le moment pas très fiable. Mais dans quelques années, le syndicat mixte « Ardèche Drôme Numérique » nous installera la fibre optique jusqu’à la maison. Ce sera la clé de voûte de la vie moderne à la campagne.

Autre chose à ajouter ?
Le témoignage de Laurent, Français expatrié aux Pays-Bas, nous a bien amusés et étonnés, puis fait réfléchir. Nous partageons plusieurs de ses observations, même si nous avons voyagé dans l’autre sens. Une pareille sensation de libération chez Gilles en Al. Par contre, une voisine française, revenue pour sa retraite dans son village de naissance, se sent parfois observée comme nous nous sommes sentis observés quand nous vivions aux Pays-Bas. Comment comprendre ce paradoxe ?

Peut-être le statut d’expat’ donne une certaine liberté sociale, qui entraîne une tolérance des voisins et collègues dont ne jouit pas l’autochtone. Les gens des alentours acceptent qu’on soit un peu différent, un peu mal adapté, tandis que, dans son propre environnement, on sent le regard scrutant – imaginé ou pas – de l’autre.


Marsanne By: jean-louis Zimmermann – CC BY 2.0

Source contrepoints.org