lundi 29 février 2016

Dessins de presse


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jeudi 25 février 2016

mercredi 24 février 2016

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Dessins de presse

Billets-L’horreur fiscale


L’horreur fiscale 
Pourquoi l’horreur fiscale ? Parce que la véritable rafle fiscale à laquelle les Français sont soumis depuis deux-trois ans – 84 impôts nouveaux, générant 60 milliards d’euros de recettes supplémentaires – ne sert à rien, ni à boucher les trous publics, ni à stopper la dette publique, encore moins à la réduire. Les Français ont donc raison d’être en colère et ils sont de plus en plus nombreux à voter avec leurs pieds.

Les auteurs rappellent qu’en vertu de l’article 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 « les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ».

En fait le consentement à l’impôt a toujours été tacite en France. A-t-on jamais directement demandé aux citoyens leur avis sur le sujet ? Peuvent-ils seulement compter sur leurs représentants pour se faire entendre et les défendre, puisque ce n’est pas leur intérêt ? « Le pacte social doit être solide pour que les citoyens acceptent de payer l’impôt » remarquent les auteurs, sans préciser qui, parmi les dits citoyens, a jamais signé ce pacte…

Quoi qu’il en soit, ne serait-ce que depuis 1789 jusqu’à nos jours, l’Histoire montre que « la créativité fiscale est depuis fort longtemps une spécialité française » et qu’une fois un impôt adopté, il souffre de nombreuses exceptions, ce qui le rend opaque… Il existe ainsi aujourd’hui 460 dispositions fiscales « dérogatoires », les fameuses « niches »

Cette créativité exceptionnelle française se traduit dans les chiffres. La France est numéro 1 pour les prélèvements obligatoires : 45% du PIB en 2012 et 46,3% probables en 2013…

Cette créativité est débordante et furtive. Quatre exemples récents le prouvent :
  • la cotisation employeur des complémentaires de santé a été rajoutée subrepticement au salaire imposable de l’employé, au moment même où avoir une complémentaire santé est devenu obligatoire,
  • l’exonération d’impôt sur le revenu des majorations de retraite ou de pension pour charges de famille a été supprimée en douce,
  • le plafond du quotient familial a été une nouvelle fois abaissé (à ce train-là, il n’en restera bientôt plus rien),
  • les taux de TVA ont été augmentés…

La TVA et la CSG, toutes deux inventions françaises, sont les deux impôts furtifs qui rapportent le plus : « Silence on tond ! », disent les auteurs. Car leurs augmentations sont discrètes et efficaces. (La CSG est tellement discrète que tout en étant un impôt, elle ne figure pas dans les recettes de l’État, et pour cause : elle est versée à l’URSSAF, l’organisme de recouvrement de la sécurité sociale…)

Si les citoyens sont accablés d’impôts, les entreprises ne sont pas de reste avec les 153 taxes qui les frappent et les tuent… L’impôt de solidarité sur la fortune, ISF, et les droits de transmission, sont un autre moyen fiscal de tuer les entreprises familiales, pas toujours lentement, mais en tout cas sûrement, en s’en prenant à leurs dirigeants, à leurs actionnaires et à leurs héritiers…

Les auteurs révèlent que, pas de chance pour les Français, François Hollande est le roi des gabelous : « Cet ancien professeur d’économie est un fanatique des questions fiscales depuis qu’il est tout petit ou presque. » Et comme il n’aime pas les riches, il a, par exemple, fait surtaxer l’ISF. Comme, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, cet impôt n’était plus plafonné, le résultat a été à la hauteur des espérances de les ruiner nourries par le Président français : « En 2012, 8.000 foyers fiscaux ont payé plus de 100% de leurs revenus en impôts, 9.910 ont été imposés à plus de 85%, et 11.960 à plus de 75%… »

Cette créativité, qui est celle, entre autres, des 6.000 fonctionnaires de Bercy, cette bâtisse de verre qui abrite sept ministères, se traduit par une production de lois et de textes qui n’a pas d’équivalent ailleurs : « Le Code général des impôts compte plus de 4.000 articles. Connaître la règle applicable à un cas particulier suppose en outre de se référer aux 40.000 pages de circulaires et instructions fiscales diverses. »

Cette prolifération de réglementations est évidemment pain béni pour les 5.000 vérificateurs qui multiplient, comme à plaisir (sadique ?), les contrôles fiscaux dans les entreprises de l’hexagone. Et cette hyperactivité vérificatrice rapporte gros : « En 2012, les contrôles fiscaux ont rapporté à l’État 18 milliards d’impôts, soit 21% de plus qu’en 2011! » Les chefs d’entreprise se plaignent de cette croissance folle des contrôles fiscaux, comme ils se plaignent à juste titre de l’incertitude de l’environnement fiscal, qui les empêche de programmer investissements et projets de développement à moyen et à long terme.

L’administration centrale n’est pas la seule à dépenser sans compter. Les collectivités locales itou. Certes l’État leur a transféré certaines des dépenses sociales qui lui incombaient jusque-là, tel que le financement du RSA, l’aide sociale à l’enfance ou l’aide aux personnes handicapées sans en transférer toutes les ressources correspondantes. Mais les dites collectivités locales n’ont pas cherché pour autant à diminuer leurs dépenses de personnel, au contraire : « Le mille-feuille [territorial] se porte bien. Il est même crémeux à souhait : les « produits fiscaux locaux » ont ainsi augmenté de 170% entre 1982 et 2012 (en euros constants), alors que la population n’augmentait que de 20%. Sur les seules dix dernières années la hausse a été de 40%, alors que le PIB ne progressait que de 10,6%. » L’endettement dudit mille-feuille s’en est suivi : « L’alerte endettement a déjà viré au rouge vif, puisqu’il s’élève à 154 milliards d’euros, soit 10% de la dette publique globale.« …

Cette horreur fiscale généralisée provoque non seulement la colère de ceux qui restent ou leur renoncement à se battre, mais elle justifie pleinement la décision de ceux qui partent et qui ont quelques biens à sauver du désastre : « Chaque durcissement de la fiscalité française sur le patrimoine a entraîné sa vague d’exilés. » La chasse aux « mauvais Français » – ceux qui partent – a été ouverte, mais, l’arsenal répressif renforcé contre eux (notamment l’exit tax), n’a pas dissuadé tous les plus fortunés d’entre eux de fuir l’enfer fiscal qu’est devenue la France pour les cieux plus cléments de la Belgique et de la Suisse.

Londres, avec ses 300.000 résidents français, est « devenue la sixième ville française » et porte bien son surnom de Paris-sur-Tamise et, parmi ces résidents français, il y a nombre de petits patrons : « Un climat délétère pour les affaires, une fiscalité jugée confiscatoire, des lourdeurs administratives, le sentiment d’être les mal-aimés du gouvernement Hollande ont poussé les « Pigeons » à traverser la Manche. » Le Portugal est la destination tendance des retraités : ils y sont exonérés d’impôt sur le revenu s’ils n’ont pas été résidents pendant les cinq années précédant leur arrivée…
Inévitablement le travail au noir et la fraude sont souvent la contrepartie de cet « assommoir fiscal »

Sylvie Hattemer et Irène Inchauspé semblent attachées à une certaine forme d’État-providence. Comme ce qui a été fait en matière fiscale en France n’a pas réussi à empêcher déficit et dette d’être des puits sans fond, elles ont étudié comment des pays s’en sont sortis. Tous les pays qui s’en sont sortis, ou qui sont en bonne voie de l’être, ont joué sur les leviers d’augmentation des recettes et de diminution des dépenses, dans des proportions diverses. Mais, quel que soit le pays, les dépenses ont diminué davantage que les recettes n’ont augmenté. À cet égard l’exemple de la révolution suédoise est éloquent.

Il y a quelque vingt ans, la situation de la Suède était aussi catastrophique que celle de la France aujourd’hui. En cinq ans la Suède a recréé les conditions d’une spirale vertueuse :
  • augmentation légère des impôts sur les ménages et diminution de l’impôt sur les sociétés,
  • réorganisation de l’administration en 13 ministères et 300 agences, où ont été transférées de nombreuses missions de l’État avec obligations de résultat et d’équilibre budgétaire,
  • privatisations d’un grand nombre de fonctions,
  • réduction de moitié du nombre des fonctionnaires,
  • réduction à deux échelons, communes et régions, du mille-feuille administratif,
  • privatisation de l’hôtellerie des hôpitaux,
  • introduction d’une dose de capitalisation dans le système de retraite,
  • déréglementation de tous les transports en commun.

À la fin de leur livre, les auteurs exposent quelles conditions, selon elles, sont requises pour parvenir à recréer en France une telle spirale vertueuse et elles proposent une mesure exceptionnelle pour l’amorcer, avec pour objectif de ne pas détruire le système français de prestations sociales. Mais est-ce bien raisonnable de vouloir le conserver, au lieu de chercher du côté de voies alternatives et libérales ?

mardi 23 février 2016

lundi 22 février 2016

dimanche 21 février 2016

samedi 20 février 2016

Recettes Desserts Classiques-Mille-feuilles


Mille-feuilles

Préparation : 1 heure
Cuisson : 25 mn
Attente : 45 mn
Pour 6 personnes
400 g de pâte feuilletée pur beurre
45 cl de lait
5 cl de crème liquide
2 gousses de vanille
4 jaunes d’œufs
90 g de sucre cristal
75 g de beurre
25 g de Maïzena
25 g de farine
4 feuilles de gélatine
30 g de mascarpone
Sucre glace
1. Portez à ébullition le lait et la crème liquide avec les gousses de vanille fendues et grattées. Retirez du feu, couvrez et laissez infuser 20 minutes.
2. Dans une jatte, fouettez les jaunes d’œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Incorporez la Maïzena et la farine, puis délayez avec 10 cl de lait chaud. Réservez dans la casserole contenant le reste de lait vanillé. Faites bouillir 2 minutes sans cessez de fouetter. Hors du feu, ajoutez le beurre en morceaux et les feuilles de gélatine préalablement ramollies à l’eau froide et égouttées. Fouettez vivement puis mixez au mixeur plongeant pour obtenir une texture fine, fluide et onctueuse. Laissez refroidir, puis placez la crème 15 minutes au congélateur.
3. Mixez cette crème bien froide 5 minutes. Incorporez le mascarpone. Mettez-la dans une poche à douille. Placez au réfrigérateur jusqu’au dernier moment.
4. Étalez la pâte feuilletée sur une épaisseur de 5 mm. Avec un couteau bien affûté, découpez un rectangle de 25 x 35 cm. Déposez-le sur une plaque recouverte d’une feuilles de papier de cuisson. Réfrigérez 30 minutes.
5. Préchauffez le four à 170 °C (th. 5-6) en fonction chaleur tournante. Enfournez la pâte. Placez une grille dessus pour qu’elle ne lève pas trop. Faites cuire 20 minutes. Laissez tiédir la pâte à température ambiante. Saupoudrez de sucre glace. Faites caraméliser 2 à 3 minutes au four à 250 °C (th. 8-9).
6. Coupez la pâte encore chaude en trois longues bandes identiques. Parez le tour en éliminant les bords avec un couteau cranté.
7. Montez le mille-feuilles en intercalant les rectangles de feuilletage refroidis avec la crème déposées en boules. Terminez par un rectangle de feuilletage. Saupoudrez légèrement de sucre glace de façon à laisser la pâte caramélisée apparente.

Recettes Desserts Classiques-Baba au rhum


Baba au rhum

Préparation : 30 mn
Repos : 30 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 8 personnes
Pour la pâte :
100 g de beurre + 25 g pour les moules
1 citron pour le zeste
250 g de farine
25 g de miel d’acacia
25 g de levure de boulanger
8 g de fleur de sel
1 cuillerée à café de vanille en poudre
8 œufs entiers
Pour le sirop :
1/2 citron pour le zeste
1/2 orange pour le zeste
1 gousse de vanille
1 litre d’eau
500 g de sucre en poudre
50 g de purée d’ananas
10 cl de rhum
Pour le nappage :
100 g de nappage d’abricot
10 cl de rhum
1. Préchauffez le four à 200 °C (th. 6-7).
2. Coupez le beurre en petits morceaux et laissez-le à température ambiante. Râpez le zeste du citron.
3. Préparez la pâte : dans la cuve d'un robot pétrisseur équipé de la feuille, mettez la farine, le miel, la levure émiettée, la fleur de sel, la vanille, le zeste de citron et 3 œufs. Faites tourner l'appareil à vitesse moyenne jusqu'à ce que la pâte se détache de la paroi de la cuve. Ajoutez alors 3 œufs et travaillez de même. Lorsque la pâte se détache de nouveau de la paroi, ajoutez les 2 œufs restants et travaillez encore 10 minutes. Sans cesser de faire tourner l'appareil, ajoutez alors le beurre coupé en petits cubes. Quand la pâte est homogène ­ elle reste très liquide ­, versez-la dans un saladier et laissez-la lever pendant 30 minutes à température ambiante.
4. Faites cuire les babas 15 minutes.
5. Laissez-les refroidir, puis démoulez-les sur une grille. Laissez-les rassir un ou deux jours; ils s'imbiberont mieux du sirop.
6. Préparez le sirop : râpez les zestes de citron et d'orange, fendez et grattez la gousse de vanille. Faites bouillir ensemble l'eau, le sucre, les zestes, la vanille et la purée d'ananas. Après ébullition, ajoutez le rhum et arrêtez le feu. Laissez tiédir jusqu'à 60 °C.
7. Trempez un à un les babas dans le sirop. Pour vous assurer qu'ils sont bien imbibés, enfoncez-y la lame d'un couteau : elle ne doit rencontrer aucune résistance.
8. Préparez le nappage : faites bouillir dans une casserole le nappage abricot. Aspergez les babas de rhum puis, au pinceau, badigeonnez-les de nappage abricot bouillant.
9. Garnissez les babas de crème Chantilly nature ou parfumée à la cannelle ou au chocolat que vous piquerez, en saison, de fruits rouges entiers ou de fruits exotiques coupés en cubes.

Conseil
Cette recette se fait en deux temps : l'idéal est de laisser s'écouler 48 heures entre les deux étapes de la préparation. Vous pouvez servir ce baba avec une crème anglaise à la vanille et quelques framboises.
Cette préparation est plus facile à faire en utilisant un robot, mais vous pouvez aussi bien utiliser un fouet manuel.

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vendredi 19 février 2016

mercredi 17 février 2016

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mardi 16 février 2016

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lundi 15 février 2016

Billets-Google… Une quête d'immortalité 2.0


Google… Une quête d'immortalité 2.0

Google veut devenir moteur dans la recherche sur le vieillissement.
Google crée Calico, une entreprise qui luttera contre le vieillissement. Dans sa quête d'immortalité, le géant américain a deux atouts : ses finances et sa capacité à traiter un nombre astronomique de données. 

Google, plus fort que la mort ? C'est l'ambition qui se dégage de la création de Calico, une entreprise lancée par le géant de l'Internet et qui a pour objectif de s'attaquer « à la santé, au bien-être et plus particulièrement au défi du vieillissement et des maladies associées ». 

Si Google est connu pour la recherche sur Internet, la cartographie, les emails et la publicité ciblée, qui sont son cœur de métier, la firme de Moutain View s'est également illustrée dernièrement par son désir d'innovations tous azimuts, du « wearable computing » (les vêtements intelligents) comme les Google Glasses, aux voitures qui se conduisent toutes seules. Mais cette fois-ci, Larry Page, le co-fondateur et PDG de Google, s'est fixé un objectif bien plus ambitieux : défier la mort. Interviewé par Time Magazine, qui fait sa Une sur le sujet, Larry Page explique que Calico est envisagé comme un investissement à long terme : « Je ne propose pas de dépenser tout notre argent sur des choses spéculatives, mais nous devrions dépenser l'équivalent de ce que les entreprises normales allouent en recherche et développement sur des projets à plus long terme et un peu plus ambitieux.»

"C'est d'abord une affaire d'informatique"       
Si l'on sait que Google est assis sur 54 milliards de dollars de trésorerie - ce qui permet tous les espoirs -, reste à savoir de quelle manière Google va pouvoir faire progresser la connaissance du vieillissement. Pour Laurent Alexandre, chirurgien urologue à l'origine de Doctissimo et fondateur de l'entreprise de décryptage de l'ADN DNA Vision, la réponse est une évidence : « La lutte contre la mort, c'est d'abord une affaire d'informatique. Dans les années qui viennent, la médecine va devenir de plus en plus le monopole des acteurs du big data, c'est à dire des entreprises capables de faire des corrélations entre des milliards de donnés. Et le plus en avance dans la techno-médecine, c'est Google.»

Si Google ne s'est pas étendu sur le futur fonctionnement de Calico, ni sur son financement pour l'instant, le New York Times - qui a réussi à interviewer Arthur Levinson, l'ancien patron de Genentech, une des pionniers des biotechnologies, et qui sera à la tête de Calico - explique que dans les premiers temps, les recherches de Calico seront faites en finançant des chercheurs universitaires, même s'il est possible que Calico engage ses propres chercheurs à terme. 

S'attaquer non pas à une, mais à toutes les maladies
Reste à savoir à quelles maladies veut s'attaquer Google. Dans l'article de Time Magazine, Larry Page explique placidement que "résoudre" le cancer n'est pas forcément une ambition majeure du groupe : « Si on résout le cancer, on ajoute environ trois ans à l'espérance de vie moyenne. On pense que résoudre le cancer pourrait changer le monde, mais quand on prend un peu de distance, on voit qu'il y a énormément de cas tragiques de cancer, et c'est très triste, mais que globalement, ce ne serait pas une si grande avancée que ça.» 

Si la citation peut paraître radicale, il y a une explication. Google va aller « au-delà de la médecine traditionnelle. L’ingénierie cellulaire va dépasser la lutte contre les maladies individuelles », explique Laurent Alexandre. En clair, l'objectif de Google n'est pas de soigner une maladie en particulier, mais de les soigner toutes.

Des données de santé à la merci de Google
Rien de philanthropique néanmoins chez la firme de Mountain View. L'industrie de la lutte contre le vieillissement aurait rapporté 1,6 milliards de dollars en 2012 et pourrait même rapporter jusqu'à 20 milliards d'ici 2025. Il est donc probable que Google veuille sa part du gâteau.

Reste néanmoins un point négatif : les dernières révélations d'Edward Snowden dans le cadre de l'affaire PRISM et de l'espionnage de la NSA nous ont appris que les géants de l'informatique, dont Google, avaient livré aux services de renseignements américains les données de leurs utilisateurs. Il est donc légitime de craindre que Google puissent être contraint de faire de même concernant les données médicales. Pour Laurent Alexandre, le choix est simple : « Soit vous ferez confiance à Google et vous vivrez plus longtemps, quitte à ce que la CIA regarde vos données personnelles de santé, soit vous vivrez tout simplement moins longtemps.»

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dimanche 14 février 2016

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Billets-Nicolas Hulot


Nicolas Hulot

Pour Télérama.fr, il revient sur les personnalités politiques qu'il a croisées dans sa carrière.

Il fréquente les politiques depuis un bon quart de siècle. D'abord conseiller de l'ombre de Jacques Chirac, lobbyiste star de l'écologie au moment de la Charte écologique, du Pacte écologique ou du Grenelle de l'Environnement, le voilà désormais officiellement au côté de François Hollande, envoyé spécial pour la protection de la planète.

« Les hommes passent, les problèmes écologiques s'aggravent, dit Nicolas Hulot. Toute oreille qui veut se tendre vers moi, dès lors qu'elle ne compromet pas mon indépendance, je lui parle… Il y aura toujours les mêmes esprits chagrins qui considèrent que, quoi que je fasse, je mange à tous les râteliers. Ne comprenant pas que j'incarne, là, ma transversalité, parce que l'écologie est transversale et ne peut pas s'accomoder des divisions politiques… »

Quel regard porte-t-il sur ces femmes et hommes politiques côtoyés au fil des ans, et deux ans après sa candidature malheureuse aux primaires d'EELV ? La réponse en treize noms, de Chirac à Cohn Bendit…

  • Jacques Chirac



« Il faut replacer nos échanges et son action dans le contexte de l'époque et l'indifférence de son camp à ses sujets. Je me souviens que, après une discussion téléphonique, il s'est prononcé pour l'interdiction des farines animale. Mais surtout, suite à de longues discussions, il a modifié la Constitution pour y adosser la Charte écologique et le fameux principe de précaution contre l'avis de la plupart des leaders de sa majorité.

Je lui suis gré d'avoir gardé mes mots au célèbre discours de Johannesburg au sommet de la terre. Au fil des ans, je lui ai apporté mes fiches et ma littérature écologiste, des piles de livres que je lui laissais après chaque entretien. Il a questionné, noté, appris. Notre dialogue ne s'est jamais interrompu, il s'est fait sans concession, et dans une estime réciproque. »

  • Chantal Jouanno



« Elle a longtemps été mon interface quand je ne discutais pas directement avec Nicolas Sarkozy. Elle fait partie de ces quelques politiques qui ont bien conscience que les enjeux environnementaux sont cruciaux mais qui restent, pour l'heure, trop isolés. Il y a une vraie sincérité chez elle. Et surtout c'est une battante courageuse. »

  • Michel Barnier



« Comme avec Michel Rocard ou Hubert Védrine, avec Michel Barnier nous avons eu de longs et réguliers échanges. C'est un travailleur, pas dogmatique. Il sait dépasser le carcan de son parti, sans jamais brader ses valeurs. C'est devenu un ami. Il fut un très bon ministre de l'Ecologie (la Loire lui doit beaucoup) et aussi de l'Agriculture. Comme Commissaire européen, il fait à Bruxelles un travail très précieux et opiniâtre sur la régulation de la finance. »

  • Nathalie Kosciusko-Morizet



« C'est une personnalité brillante, elle a été l'une premières “vertes” à droite. Extremement compétente sur tous les sujets environnementaux. Son ambition politique lui fait parfois manquer d'objectivité. »

  • Daniel Cohn-Bendit



« Je dis souvent que pour comprendre Dany Cohn Bendit, il faut avoir fait “psy + 25”. Sauf que je ne suis pas entré en politique pour ça. Dany est un vrai subversif qui s'amuse depuis quarante-cinq ans à faire dérailler le système chaque fois qu'il le peut.

Il a insisté comme nul autre pour que je me présente aux primaires d'EELV, en me disant que je pourrais compter sur lui. Sauf que durant toute la campagne, je n'ai reçu de sa part que des mots blessants et des attaques. Je n'exclus pas complètement l'hypothèse selon laquelle lui et d'autres m'ont encouragé à les rejoindre pour m'empêcher de me présenter, seul, contre eux, sur le créneau de l'écologie. Et mieux m'éliminer ensuite. »

  • Nicolas Sarkozy



« On m'a souvent demandé si Sarkozy était vraiment sincère et concerné par les problèmes environnementaux. Sans doute, au départ, a-t-il été pris dans un processus et y a-t-il eu de sa part un peu d'opportunisme. Ensuite, il a travaillé sur le sujet, et il y avait une part de conviction.

Il n'y a rien que lui et moi ayons acté ensemble qu'il n'ait pas tenu. Il a fait voter la taxe carbone retoquée ensuite par le conseil constitutionnel, il a nommé un ministre d'Etat du développement durable aux compétences élargies et, surtout, il a lancé et soutenu le Grenelle de l Environnement. A Copenhague il a été très offensif. Puis, par la suite, le sujet semblait l'agacer. »

  • François Mitterrand



« A sa demande, il m'a reçu à l'Elysée. Ce fut un grand moment de solitude. Je crois qu'en fait il ne savait pas qui j'étais et qu'en réalité un conseiller avait décidé pour lui de ma venue. Il ne m'a quasiment pas adressé la parole, je crois même que nos regards ne se sont pas croisés une seule fois. Visiblement, le sujet ne l'intéressait pas. A sa décharge, quand il m'a reçu, il était déjà très affaibli par la maladie et avait sans doute d'autres soucis en tête que les préoccupations environnementales de Nicolas Hulot… »

  • François Hollande



« J'ai une relation franche, sincère et respectueuse avec le Président. Il considère que notre dialogue et ma mission sont compatibles avec ma liberté de parole. Il a accepté que la France accueille la conférence climat en 2015, c'est d'une grande audace. Pour le reste, tout reste à faire. »

  • Eva Joly



« Nous avions un pacte, elle l'a rompu. C'est une affaire classée mais l'enjeu écologique a beaucoup souffert d'une campagne à l'ambiance calamiteuse. »

  • Cécile Duflot



« Au contraire du double langage de Cohn-Bendit et de Noël Mamère, je pense que Cécile Duflot a été sincère avec moi. Ses conseils ont été bienveillants et pertinents. En revanche, je regrette qu'elle n'ait pas “tenu” la primaire comme elle aurait dû le faire en tant que patronne : nous nous sommes retrouvés dans un barnum monstrueux au ras des pâquerettes, pas digne de nos enjeux.

Cela a clairement été préjudiciable au mouvement et, plus grave, à l'écologie. La campagne a été indigente, et EELV n'a pas réussi à contraindre les autres candidats à s'emparer de ses thèmes. Je compte sur les doigts d'une main les candidats des grandes formations politiques qui ont prononcé les mots “écologie”, “énergie” ou “changement climatique”… »

  • Ségolène Royal



« C'est une femme de courage et de détermination, mais j'avoue avoir été dépité lors de mes rares rencontres avec elle car curieusement la presse était toujours convoquée officieusement… Plus triste, nous avions convenu, au moment du Pacte écologique, de la nécessité d'une taxe carbone dès lors que l'on garantirait son équité sociale.

Pour des raisons strictement politiciennes et parce que Nicolas Sarkozy en a été l'initiateur, elle l'a torpillée et a anéanti des mois de travail, notamment le travail fait par la commission Rocard justement sur la neutralité de la taxe pour les plus démunis. Je regrette qu'elle ne soit pas suffisamment dans la proposition surtout à la hauteur de ces enjeux. »

  • Jean-Luc Mélenchon



« Oui j'ai fini par voter pour lui. Dans la campagne 2012, il etait le seul à avoir parlé de “règle verte”, de planification écologique et de la nécessité de remettre la finance au pas. Et il a été sur ce sujet bien meilleur pédagogue et orateur que d'autres. On ne s'est jamais rencontrés. »

  • Jean-Louis Borloo



« J'ai une grande estime pour Jean-Louis Borloo, qui a porté le Grenelle à bout de bras. On s'est parfois engueulé, jamais fâché. »

Nicolas Hulo. © Julien Mignot pour Télérama
Source telerama.fr Propos recueillis par Weronika Zarachowicz

Billets-Thomas Piketty… Combattre les inégalités


Thomas Piketty… Combattre les inégalités

Depuis trente ans, les inégalités explosent. Comme au XIXe siècle, mieux vaut hériter que travailler. La solution de Thomas Piketty : taxer le capital.
C'est l'essai de la rentrée. Le Capital au XXIe siècle, de Thomas Piketty, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, n'est pas seulement le grand œuvre d'un jeune chercheur (41 ans) : cette somme bouleverse la réflexion sur les inégalités. Piketty décrit, dans une langue accessible, les lois mécaniques et les causes conjoncturelles de la répartition inégale des richesses entre personnes, sur trois siècles et à l'échelle mondiale ! Oui, les inégalités recommencent à se creuser, conclut le chercheur. Pourtant, les politiques disposent de leviers pour réduire la tension, éviter l'explosion qui gronde. Explications.

  • Vous citez dans votre livre le discours de Vautrin à Rastignac dans Le Père Goriot, de Balzac. Vautrin étale devant le jeune homme le cynisme d'une société corrompue par l'argent. Que nous dit ce discours sur les inégalités au début du XIXe siècle ?
La violence de son diagnostic sur la structure des revenus et des richesses me fascine : au début du XIXe siècle, la seule façon d'atteindre la véritable aisance, c'est de mettre la main sur un patrimoine. Le travail, les études et le mérite ne ­mènent à rien. Avec une puissance évocatrice inouïe, Balzac passe en revue les fortunes potentielles de Rastignac. Peu importe que ce dernier devienne procureur du roi à 30 ans ou avocat de renom à 50 : les revenus de son travail seront de toutes les façons insignifiants, comparés au niveau de vie que lui assurerait un mariage avec Mlle Victorine. Pour emporter le magot, il faudrait d'abord assassiner le frère légitime de celle-ci, c'est vrai ! Mais Vautrin est disposé à l'aider...

  • Le monde a-t-il changé ?
On ne conseillerait pas aujourd'hui à un jeune Rastignac de tout miser sur le mariage, n'est-ce pas ? La société semble plus méritocratique qu'au XIXe... Mais jusqu'à quel point ? C'est une des questions auxquelles j'essaie de répondre. Aujourd'hui, avec un capital de 10 millions d'euros et un rendement de 5 % (c'est-à-dire 500 000 euros de rente par an), vous êtes tranquille. La fortune du père Goriot, transposée de nos jours, c'est 30 millions d'euros ! Pareils héritages existent, mais ils sont moins nombreux qu'au XIXe siècle. En revanche, on trouve plus de « moyens rentiers » : 10 % des Français héritent de plus ou moins 1 million. Une forme d'inégalité apparemment moins violente qu'au temps de Balzac, mais tout de même brutale. Ces 10 % de la population reçoivent en effet davantage, en héritage, que ce que 50 % des Français, payés au smic, gagneront tout au long d'une vie de labeur, à savoir 700 000 euros.

  • Entre Balzac et nous, que s'est-il passé ?
D'abord, une grande partie du patrimoine privé a été détruite par les guerres, 1914-1918 et 1939-1945, et par la crise de 1929. C'est ce que j'appelle le « suicide » des sociétés patrimoniales. Ces chocs ont mis très longtemps à se résorber. En comparaison, les conflits du xixe siècle, et même la Révolution française, n'ont eu qu'un impact économique léger. Ainsi, entre le xviiie siècle et la Belle Epoque, la valeur totale des capitaux privés en France équivaut, bon an mal an, à six ou sept fois le revenu national, c'est-à-dire la richesse produite en une année par l'ensemble du pays. En 1950, le total des capitaux privés est tombé à deux ou trois années de revenu national ! Il a donc été divisé par deux ou trois. Mais les destructions matérielles ne représentent qu'un quart de cette fonte du capital. Entre 1914 et 1945, les rentiers n'ont pas réduit suffisamment vite leur train de vie et, dans le même temps, ont très peu épargné. Or, il faut du temps pour accumuler un capital. Après guerre, il n'y a donc plus grand-chose à hériter.

  • On passe alors d'une « société de rentiers » à une « société de cadres »...
Appliqué aux années 1950 à 1980, le discours de Vautrin est en effet inopérant. Pour la première fois peut-être de l'histoire, le niveau de vie des 10 % des salariés les mieux payés est plus élevé que celui des 10 % des héritiers les mieux lotis : les meilleurs salaires rapportent plus que les meilleurs rendements du capital. Attention toutefois aux illusions. Pendant ces Trente Glorieuses, on s'est raconté de belles histoires sur la domination du « capital humain » sur le « capital financier ». Dans une période marquée par de rapides progrès technologiques, rabâchait-on, le cadre méritant remplace « naturellement » l'actionnaire bedonnant, parce que la technologie a plus besoin des compétences du premier que de l'argent du second. Et la marche en avant des sciences, ajoutait-on, entraîne « naturellement » le progrès démocratique et social. L'histoire est belle, mais fausse.

  • Pourquoi ?
Parce que ce ne sont pas les cadres qui sont passés au-dessus des rentiers, mais les rentiers qui sont passés en dessous des cadres, à cause de la chute des hauts revenus du capital. Les politiques publiques menées après 1945 expliquent en grande partie ce retournement. Blocage des loyers, nationalisations, forte augmentation des impôts successoraux : l'Etat s'est employé à réduire l'emprise du capital privé sur la société. Partout en Europe, on retrouve la même défiance vis-à-vis du capital privé et des marchés boursiers – autrement dit, du capitalisme et du laisser-faire du XIXe siècle.


Thomas Piketty, 41 ans, est chercheur en économie politique et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. © Emmanuelle Marchadour

  • Depuis les années 1980, les inégalités se creusent à nouveau...
La concentration du capital semble effectivement repartie à la hausse. Mais soyons précis. D'une part, les inégalités de patrimoine restent nettement en dessous de ce qu'elles étaient il y a un siècle. D'autre part, ce creusement des inégalités est en partie mécanique : dans les sociétés qui connaissent une croissance lente – entre 1 % et 2 %, comme chez nous –, le capital accumulé dans le passé prend rapidement une importance démesurée. On peut dire que « le passé dévore l'avenir », car le patrimoine fait des petits plus vite que le travail. Celui qui n'a que son salaire pour s'enrichir se retrouve dans une situation très défavorable par rapport à celui qui hérite. Cette inégalité fondamentale, qui fut celle de toutes les sociétés du passé jusqu'à la Grande Guerre, est de retour.

  • Elles semblent loin, les Trente Glorieuses...
Elles sont finies depuis trente ans, il faudrait commencer à s'y habituer ! C'est sûr, quand votre salaire croît de 5 % par an, vous vous moquez de l'héritage de vos grands-parents, car sa valeur sera faible par rapport à ce que vous pouvez accumuler en travaillant. La croissance contient donc en elle-même un mécanisme égalisateur. Malheureusement, il n'existe aucun exemple, dans l'histoire, d'une croissance économique à 5 % pendant une très longue période. Les Trente Glorieuses furent une exception ; la normalité, c'est 1 % de croissance !

  • Deux chiffres disent bien l'inégalité en France : 10 % des Français détiennent entre 60 % et 65 % du patrimoine hexagonal. Et 50 % ne possèdent strictement aucun capital...
Effectivement. Cela ne concerne pas que les Français, d'ailleurs. Aucun pays, même la Suède, dont on loue souvent les principes égalitaires, n'a réussi à faire en sorte que la moitié la plus pauvre de sa population parvienne à se constituer un patrimoine, aussi modeste soit-il. Que l'on parle de la France d'aujourd'hui ou d'il y a deux siècles, le diagnostic est le même : 50 % des citoyens ne possèdent même pas 5 % du capital privé national. Aux Etats-Unis, c'est... 2 % ! Ce qui a changé au XXe siècle, c'est qu'entre les 10 % les plus riches et ces 50 % sans patrimoine, les 40 % du milieu possèdent quelque chose. Du temps de Balzac, ils gonflaient les rangs des plus pauvres.

  • Les revenus du travail ne compensent pas ce décrochage ?
Non, car on observe un nouveau phénomène : le décollage des plus hautes rémunérations – les cadres dirigeants et supérieurs des grosses entreprises –, alors que le salaire des cadres moyens, lui, stagne depuis trente ans. Savez-vous qu'entre 1980 et 2013 les deux tiers de la croissance américaine en matière de revenus et de salaires ont été happés par les fameux « 1 % » les plus riches de la population dénoncés par Occupy Wall Street ? Ajoutez à cela la hausse vertigineuse des droits d'inscription dans les universités les plus cotées – aux Etats-Unis, bien sûr, mais aussi en France, comme on le voit avec Sciences-Po –, et vous construisez une société dans laquelle les inégalités se reproduisent d'une génération sur l'autre. A Harvard, le revenu moyen des parents d'élèves correspond exactement à celui des 2 % des Américains les plus riches ! A Sciences-Po, c'est celui des 10 % des familles françaises les plus aisées.

  • Que nous réserve l'avenir ?
On ne peut rien prédire avec certitude. Mais si l'on prolonge la tendance actuelle, les plus hauts patrimoines devraient continuer à croître plus fortement que le patrimoine moyen, comme le montrent les classements de fortunes publiés par les magazines Forbes ou Challenges. Dans cette économie-monde, les patrimoines supérieurs à 100 millions, 500 millions ou un milliard d'euros enregistrent en effet une croissance annuelle de 6 à 8 % par an, alors que le revenu moyen mondial, lui, n'a progressé que de 1,4 % par an depuis 1987 ! En France, le nombre et la fortune des rentiers pourraient dépasser, rapportés à la population, ceux qu'on enregistrait du temps de Vautrin. Le pire des mondes conjuguerait d'ailleurs, à mes yeux, le cynisme de Vautrin et la bonne conscience des discours « hyperméritocratiques » dont on nous rebat les oreilles pour justifier les très hautes rémunérations – au détriment, bien sûr, de ceux qui ne sont ni héritiers ni supercadres, c'est-à-dire l'immense majorité de la population.

  • Un retour au XIXe siècle, en somme ?
La société patrimoniale de l'Ancien Régime ainsi que du XIXe siècle, au moins, ne prétendait pas que les gagnants étaient plus méritants que les perdants...

  • Comment réparer le système ?
En prenant conscience qu'il est malade : si vous prolongez la tendance actuelle jusqu'aux années 2040 ou 2050, les inégalités deviennent insoutenables. Même les plus fidèles défenseurs du marché devraient s'en inquiéter. Aussi concurrentiel soit-il, ce marché n'empêchera pas, dans les décennies à venir, le rendement du capital d'être supérieur au taux de croissance, et donc les inégalités de se creuser, mécaniquement. Avec le risque qu'un repli national brutal – nationalisme politique ou protectionnisme exacerbé – finisse par servir de soupape de sécurité aux tensions sociales. J'espère que nous aurons retenu les leçons du XXe siècle.

  • Que peut-on faire, concrètement ?
Permettre à ceux qui n'ont rien d'accéder à un patrimoine. Et dépasser ainsi, sous une forme pacifique, les contradictions liées à l'emprise de l'héritage et des très hauts patrimoines sur la société. Sinon cette contradiction se résoudra par la violence. Je propose une idée simple : l'instauration d'un impôt progressif sur le capital, complémentaire de l'impôt progressif sur le revenu. Il ressemblerait à l'ISF (impôt sur la fortune) : on paye par tranches en fonction de son patrimoine. Mais il serait beaucoup plus systématique et progressif. Entre 1 et 2 millions, vous payez 1 % ; entre 2 et 10 millions, vous payez 2 %... et jusqu'à 5 % ou 10 % sur les patrimoines de plusieurs milliards. Taxer le capital, donc, non pas pour se venger des plus riches, comme le craignent certains, mais pour éviter que les plus hauts patrimoines ne progressent, structurellement, trois ou quatre fois plus vite que l'économie. Et pour garder le contrôle d'une dynamique mondiale explosive.

  • A quelle échelle faudrait-il appliquer cette taxe ?
Pour être parfaitement efficace, ce principe devrait être étendu à l'ensemble de la planète. Une vision plus réaliste serait de l'appliquer au niveau régional – les Etats-Unis, l'Union européenne, la Chine, etc. –, tout en consolidant la coopération entre ces blocs. Cette dernière est d'ailleurs dans les tuyaux, avec l'échange automatique d'informations bancaires – trop lent et trop timide, sans doute, mais c'est toujours mieux que rien. Je reste optimiste : les Européens ne sont pas prêts à tout accepter. Chez eux, l'espoir de fonder la richesse sur le seul mérite reste fort. Ils se rendent compte tous les jours du décalage manifeste entre ceux qui possèdent un capital et les autres. Or, en démocratie, donner un sens aux inégalités, c'est vital : elles ne sont acceptables que si elles sont justifiées, comme il est dit d'ailleurs dans l'article 1 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 : « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. » « Utilité commune » signifie, tout simplement, qu'il n'y a pas plus d'inégalités que ce qui est strictement nécessaire à l'intérêt de tous. Pour atteindre cet idéal, chacun doit se réapproprier l'économie : nous sommes tous concernés.


Illustration : Jochen Gerner
Source Olivier Pascal-Moussellard Télérama