mardi 28 octobre 2014

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lundi 27 octobre 2014

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dimanche 26 octobre 2014

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samedi 25 octobre 2014

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vendredi 24 octobre 2014

Billets-Croissance… encéphalogramme plat


Croissance… encéphalogramme plat

La croissance française est en panne. C’est, paraît-il, la cause de tous nos maux : le chômage, les déficits publics, la dette souveraine, le recul du pouvoir d’achat, « c’est la faute à pas de croissance ». Comme les médecins de Molière, nos gouvernants ne cessent de dénoncer la faible croissance, « la croissance, vous dis-je ! ». Sans doute, il y a du vrai, mais la croissance ne tombe pas du ciel et il ne suffit pas de l’appeler pour qu’elle arrive. L’absence de croissance est un vrai problème, mais qui s’explique, comme nos autres difficultés, par l’absence de vraies réformes. Car dans bien d’autres pays, la croissance est au rendez-vous. Pas en France.

0,4% de croissance cette année
L’INSEE ne sait plus quel vocabulaire inventer pour décrire l’état de la croissance, ou plutôt de la non-croissance, en France. Dans les phases « d’optimisme », on a droit à « reprise poussive » ou « timide éclaircie », démenties le trimestre suivant, et le plus souvent « toujours pas d’élan » ou « à l’arrêt ». Pour 2014, les résultats sont édifiants : 0% au premier comme au second trimestre ; les prévisions pour les 3° et 4° trimestres sont de 0,1% pour chacun d’eux. Compte tenu de « l’acquis » antérieur de croissance, cela devrait donner 0,4% pour l’ensemble de l’année 2014. Autant dire un encéphalogramme plat, car la croissance en était pratiquement au même point en 2012, comme en 2013. Personne ne croit à la prévision gouvernementale de 1% pour l’an prochain ; l’acquis de croissance étant nul, l’INSEE parle d’une « croissance sans filet ».

C’est « la faute à la crise » selon le gouvernement. Mais la crise est largement surmontée dans bien des pays et le FMI montre que partout, « la reprise continue », même si on est loin de certains niveaux antérieurs. Il prévoit 3,3% en 2014 au niveau mondial (3,8% en 2015). Les pays émergents s’en sortent mieux encore, avec 4,4% en 2014 et 5,0% en 2015. Mais il n’y a pas qu’eux : les États-Unis, pour lesquels le chômage est au plus bas, devraient connaître 3,1% de croissance en 2015. Bien sûr, il y a l’Europe, région la plus mal en point, mais même pour la seule zone euro, région la plus menacée en Europe, ce serait 0,8 et 1,3%. Même l’Allemagne, dont nos ministres ont souligné le recul de la croissance de 0,2% au second semestre, devrait retrouver 0,4% et 0,3% de croissance aux deux derniers trimestres 2014 et les prévisions sont de 1,4% en 2014 et 1,5% en 2015.

Nous ne sommes pas des inconditionnels des agrégats économiques, qui reposent sur des conventions discutables, et moins encore des prévisions, souvent remises en question. Mais tous les organismes montrent que la France, qui se situait au niveau moyen de la zone euro il y a deux ans, décroche depuis 2013. Même des pays comme l’Espagne font désormais bien mieux que nous, de même que les pays européens extérieurs à la zone euro comme le Royaume-Uni. Et ça ne va pas s’arranger. Le Monde, qui n’est pas réputé être anti-gouvernemental, titre : « Croissance : la France n’a pas encore touché le fond ». Notre pays devient « l’homme malade de l’Europe ».

Nous attendons la croissance, comme on attend Godot
Faut-il s’en étonner ? Nous attendons la croissance, comme on attend Godot. Comme Godot, elle ne viendra jamais si on se contente d’attendre. Le gouvernement attend d’abord que « les autres » agissent : la politique monétaire, du côté de la BCE, dont nous avons montré qu’elle ne changeait rien à la croissance réelle et que, même en inondant l’Europe de liquidités, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. La politique budgétaire, en particulier de l’Allemagne, qui a fait de gros efforts pour revenir à l’équilibre des finances publiques et qu’on supplie de relancer par les dépenses publiques, alors que sa meilleure santé prouve une nouvelle fois que jamais un déficit public n’a relancé l’économie ; sinon, l’Allemagne devrait être en dépression et nous en croissance rapide ! Personne ne croit plus à la relance par la demande.

Le gouvernement affirme qu’il joue sur l’offre ; François Hollande pratiquerait « une politique de l’offre », puisqu’avec les CICE, pactes de compétitivité, de responsabilité et autres, il vise à réduire les charges sur les entreprises et que notre premier ministre a déclaré son amour pour elles. D’ailleurs, l’extrême-gauche ne critique-t-elle pas « les cadeaux » faits aux patrons ? Il y a eu quelques mesurettes, mais, en fait de cadeau, après avoir augmenté fortement les charges sur les entreprises, on les a légèrement diminuées. Certaines mesures ne sont pas encore entrées en vigueur et les autres sont à dose homéopathique. Rien n’a réellement changé et on en reste aux discours et aux incantations.

Ce sont les entreprises qui créent la croissance
Quand le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, dit que « la France est malade », il a raison, mais il n’en tire pas les conséquences. Qui créé la croissance, les richesses, les emplois, le pouvoir d’achat ? Ce sont les entreprises et les entrepreneurs qui sont à leur tête. Or nos entreprises sont malades et elles sont malades de l’État. Le vrai moteur de la croissance, ce sont les investissements des entreprises. C’est ce moteur qui est en panne et qu’il faut remettre en route. Les investissements des entreprises ne cessent de reculer, et encore cette année : – 0,6% au premier trimestre et – 0,7% au second, alors qu’ils progressent chez nos voisins.

Comment les entreprises osent-elles ne pas investir, après tant de cadeaux fabuleux, s’interrogent certains ? Pour investir, il faut en avoir les moyens. Or le taux de marge des entreprises a encore reculé au second semestre de 0,5%, pour atteindre 29,3%, taux bien inférieur à celui de nos voisins. Si le taux de marge recule, c’est bien que les baisses de charges ont été inexistantes, ou presque, et ne compensent pas les hausses antérieures. On ne peut pas en même temps hurler contre les « superprofits » des entreprises, tellement « super » qu’ils sont les plus faibles d’Europe, en cherchant à les réduire encore, et demander aux entreprises d’investir plus avec moins d’argent.

« Laissez-faire, laissez-passer »
Pour investir, comme pour embaucher, il faut aussi le vouloir et ne pas en être empêché. Pour ne prendre qu’un exemple, le code du travail français comprend 10 628 articles contre 98 en Suisse ! Il fait 3604 pages et continue à grossir d’au moins une page par semaine depuis trois ans ; dépasser 50 salariés entraîne 35 obligations supplémentaires et les coûts correspondants. Qui va investir dans un environnement fiscal, réglementaire, social qui change sans cesse et qui est d’une complexité infinie ? Qui va investir, quand les charges dévorent tout le gain potentiel ?

Les entrepreneurs n’ont pas besoin de cadeaux, ni de politique de relance. Ils n’ont besoin que de liberté. Partout dans le monde, comme en témoignent les indices de liberté, c’est la liberté qui permet aux entreprises de créer des richesses et des emplois. C’est la liberté qui créera la croissance. Et la liberté ne viendra pas de politiques gouvernementales, mais d’un désengagement de l’État. Si la France est malade et si la croissance y est nulle, c’est parce que l’État occupe tout l’espace et empêche les entreprises de faire leur travail. « Laissez-faire, laissez-passer » est la meilleure politique de relance de la croissance.

Source libres.org

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jeudi 23 octobre 2014

Billets- The Mentalist


The Mentalist

« The Mentalist », autopsie d’une paranoïa américaine

Depuis bientôt sept saisons, la série policière américaine The Mentalist envahit la télévision française, où elle se trouve en général en tête des audiences. Elle fait partie de ces œuvres télévisuelles telles que Dr House, où le personnage principal a un comportement transgressif, ce qui constitue le principal attrait de la série.

En France, toutes les séries américaines sont diffusées en boucle, avec plusieurs épisodes programmés pendant une longue soirée. Seul un épisode est nouveau, tous les autres sont programmés dans le désordre, avec souvent des rediffusions (alors que les networks aux États-Unis, au moins pour la première diffusion, ne programment qu’un seul épisode par soir). Ainsi, on perd assez vite le fil de ce que scénaristes et producteurs ont voulu nous raconter. C’est particulièrement vrai pour The Mentalist, une série construite de façon méticuleuse, et où le véritable sens n’apparaît qu’après plusieurs saisons.

Sans coupures publicitaires
C’est aussi pour cette raison que la très récente introduction de Netflix en France a une certaine utilité (et oui !) : cette plateforme de films et de séries télé nous offre la possibilité de regarder – en toute légalité – les premières saisons du Mentalist dans l’ordre, d’un seul trait, sans coupures publicitaires. Au risque de ne plus pouvoir s’arrêter, d’ailleurs…

Héritages de genre
Au premier regard et malgré le personnage de Jane, la série est pourtant de facture plutôt classique : soigneusement réalisée, avec des intrigues conventionnelles, parfois peu crédibles, qui se répètent d’ailleurs assez souvent, The Mentalist ressemble à pas mal de productions du genre. Tourné dans le décor très contrasté de la Californie du sud (La série est censée se situer dans la région de Sacramento, dans la plaine centrale de la Californie, mais elle est en général tournée dans les environs de Los Angeles, plus au sud. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs : en dehors de quelques endroits clairement indentifiables – et jamais nommés – tous les lieux dans la série – en permanence nommés, eux – sont totalement fictifs.) où opulence et misère, richesse excessive et pauvreté extrême se côtoient et se confrontent, tous semblent avoir à cacher quelque chose. L’on puise ici allègrement dans tout ce que le bon vieux film noir nous a légué en terme de thèmes et de personnages : femmes fatales, flics véreux, riches hommes d’affaires et politiques corrompus, le tout avec une touche d’Agatha Christie : lorsque Patrick Jane rassemble tous les suspects dans une seule pièce, c’est du pur Hercule Poirot !

Ruse et insolence
Parlons d’Hercule Poirot. Jane, « consultant » du CBI, le bureau californien d’investigation, lui ressemble étrangement, sauf sur le plan physique : comme Poirot, il est vaniteux, doté d’un esprit d’observation extrêmement développé et il n’a que du mépris pour les méthodes habituelles de la police. Jane y ajoute de la ruse et de l’insolence. Aux proches du défunt en deuil, il pose la question qui dérange, il ment en permanence, manipule sans distinction victimes, coupables et ses propres collègues et il n’obéit que très rarement aux ordres de ses supérieurs. Tel un Philip Marlowe, autre personnage sans considération pour l’autorité, il avance par des hypothèses parfois surprenantes, sans avoir de preuves. L’essentiel pour lui est de faire tomber les masques de tous ces autres vaniteux qu’il rencontre. Trouver le coupable ne semble avoir qu’une importance secondaire.


Médium médiatique
C’est que Jane cherche autre chose. Derrière son comportement irrespectueux et en apparence jouissif, se cache un homme meurtri mais très déterminé. Dans une vie antérieure, il fut « médium » : il disait pouvoir communiquer avec les défunts et il exploitait ce « talent » sans scrupules, au point de devenir une personnalité médiatique. Mais son arrogance et autosuffisance l’ont fait trébucher lorsqu’il prétendit publiquement connaître l’identité d’un célèbre tueur en série, « Red John ». Ce dernier répondit du tac au tac à Jane en assassinant sauvagement sa femme et sa fille. Jane n’a désormais qu’un seul but : démasquer et tuer celui qui lui a enlevé le sens de sa vie.

« Blake Association »
Mais Red John n’est pas un assassin ordinaire. Certains l’ont comparé au célèbre tueur en série médiatisé « Zodiac » qui terrorisa la région de San Francisco à la fin des années 1960 et qui n’a jamais été officiellement identifié – David Fincher en a tiré un film glaçant en 2007. Red John a encore une autre dimension. Il a des disciples qui agissent en son nom, qui transmettent ses « bonnes paroles » et qui sont mêmes prêts à mourir pour lui. Leur code de reconnaissance est constitué par les premiers mots d’un poème de l’Anglais William Blake, « The Tyger ». Leur criminelle confrérie s’appelle d’ailleurs la « Blake Association. »

« Redoutable Symétrie »
John – son adjectif « red » est bien sûr choisi pour ajouter la note sanguinaire – a donc pour principal adversaire un homme qui lui ressemble quelque part et qui use en partie des mêmes techniques que lui. Jane et Red John seraient-ils ainsi comme deux frères jumeaux ? Le poème « The Tyger » semble le suggérer, en parlant d’une « fearful symmetry » ( William Blake écrit toute son œuvre poétique en forme de dialogue, un dialogue avec son frère, disparu très jeune.)
Red John tente même, à travers sa disciple Lorelei (!) de mettre Jane dans son camp et les suspicions de connivence entre les deux existent dès le départ, notamment au sein du FBI, organisation concurrente du CBI.


« Cliffhangers »
C’est dans l’affrontement entre Jane et John que The Mentalist prend sa véritable ampleur. À partir de la fin de la saison 3, la série gagne en tension, en complexité et surtout en imprévisibilité. Le ton faussement léger du récit et le comportement jouissif de Jane passent progressivement au second plan. C’est particulièrement sensible dans la saison 6, actuellement diffusée par TF1 où l’on ne compte plus les développements inattendus, les suspens terminaux (« cliffhangers ») et autres renversements de situation. On est loin du réalisme d’une série policière américaine ordinaire : plutôt un univers tirant vers le fantastique à la David Lynch, où l’on n’est sûr de rien ou de personne, où l’allié du moment peut se révéler le lendemain comme l’ennemi mortel, où le coupable n’est pas celui que l’on croit et où la solution, après un court espoir, semble de nouveau s’éloigner. Bref, on est dans un cauchemar perpétuel.

Critique sociétale
The Mentalist n’est-il donc finalement que ce combat entre le mal (Red John) et le… moins mal (Jane), une pure fiction psycho-fantastique sans moralité ni rédemption, ni véritable lien avec la réalité ? C’est mal connaître le cinéma et la fiction télévisuelle américains qui, aussi formatés soient-ils, exigent ce lien avec la réalité ressentie par les Américains, un lien qui vire souvent à la critique sociétale. La série paraît refléter une guerre entre les différents services de sécurité américains, CBI, FBI et aussi le« Homeland Security » – créé par l’ancien Président Bush après les tragiques événements de « 9-11 » – mais le véritable sujet est une forme de paranoïa américaine.

« Unhappy people »
Paranoïa réciproque des deux personnages principaux. Paranoïa des organisations de sécurité qui voient le danger partout. Paranoïa aussi de l’Américain « ordinaire » craignant surtout pour sa sécurité. Le tout au nom de la sacrosainte liberté mais dont il ne reste finalement qu’un simulacre. « Just a lot of unhappy people » dit l’agent Cho, collègue de Patrick Jane ; on voit dans The Mentalist des gens mal dans leur peau qui n’agissent que par le mensonge, la violence et le crime et qui sont la manifestation d’une société malade et sans repères.

Un tableau évidemment excessif, mais qui met bien en lumière la puissance de la peur dans la société américaine. Et le talent de sa télévision pour la transformer en série à succès mondial.


Source trop-libre.fr

mercredi 22 octobre 2014

Billets-Cessez de dire que la France est morte…


Cessez de dire que la France est morte…

En France, chacun y va de sa prophétie dévastatrice ou de son livre décliniste, à l'instar d'Eric Zemmour. Attention, Marine Le Pen attend en embuscade de ramasser les fruits du dénigrement, prévient ce journaliste britannique.

Si vous voulez une indication de l'humeur qui règne en France en ce moment, sachez que le best-seller actuel s'intitule Le Suicide français. Ce sombre ouvrage du journaliste Eric Zemmour se vend comme des petits pains depuis quelques semaines. Pendant 530 pages, l'auteur fulmine contre la destruction du pays par un “vaste projet subversif” imposé par le féminisme, la mondialisation, l'immigration et la “monstrueuse bureaucratie de Bruxelles”.

Andy Street, directeur de la chaîne de magasins britannique John Lewis, s'était attiré les foudres du pays quand il avait déclaré récemment que la France était “finie”. Zemmour a trouvé des clients prêts à accepter sa conclusion : “La France se meurt. La France est morte.”

Succès préoccupant
Les ventes de son livre dépassent celles du dernier ouvrage de Patrick Modiano, fier vainqueur du prix Nobel de littérature cette année. Le Suicide français devrait atteindre selon certaines estimations plus de 300 000 exemplaires, soit plus de trois fois plus que les ouvrages de Modiano avant le prix Nobel. On est encore loin du véritable phénomène d'édition français de cette année – la gifle dévastatrice infligée à François Hollande par Valérie Trierweiler, son ancienne compagne et journaliste à Paris Match. Merci pour ce moment s'est déjà vendu à plus de 500 000 exemplaires et va être traduit pour plusieurs marchés, les Etats-Unis et le Royaume-Uni entre autres. Sa description impitoyable de la trahison du président – une compagne française a parlé d'exemple ultime de journalisme embarqué – a consolidé l'impopularité de celui-ci auprès des Français.

Le succès du livre de M. Zemmour a de quoi préoccuper M. Hollande, dont les perspectives de réélection en 2017 semblent pour le moins faibles, mais également de quoi inquiéter l'establishment français. Certes, il est depuis longtemps habitué aux ouvrages déclinistes qui déplorent l'état du pays et aux sondages qui démontrent que même les Irakiens envisagent leur avenir avec plus d'optimisme que les Français, mais le problème pour toutes les personnalités politiques républicaines, c'est le parallèle entre la réaction du public au Suicide français et la récente montée du Front national de Marine Le Pen. L'auteur ne fait pas directement partie du mouvement FN mais son ouvrage fait écho à une grande partie du discours de Le Pen.

Approbation explicite
Le récit chronologique commence avec les funérailles de Charles de Gaulle en novembre 1970, qui se déroulent sous une pluie battante – tout un symbole. Ainsi s'achèvent, écrit Zemmour, cent cinquante ans de dirigeants “glorieux”, à commencer par Napoléon Bonaparte. Zemmour inscrit les racines du déclin de la France dans la “révolution” de mai 1968, le soulèvement des étudiants de Paris, puis égrène une litanie d'événements dans lesquels la France est décrite comme ayant cédé sa souveraineté et son identité culturelle à l'Europe et aux forces de l'économie mondiale et du libéralisme social, parmi lesquelles l'immigration de masse.

Il se livre également à une apologie bizarre des agissements du régime de Vichy vis-à-vis des Juifs : s'il les a bien expédiés vers les camps de concentration nazis, il a cependant sacrifié les Juifs étrangers pour sauver les Juifs français. Cette proposition a été violemment réfutée par plusieurs historiens mais a recueilli l'approbation explicite de Jean-Marie Le Pen, fondateur du FN et père de Marine.

Adversaire de taille
Avec les récentes victoires électorales du FN et la montée de Marine Le Pen dans les sondages, le succès du livre de Zemmour souligne les profondes secousses politiques provoquées par ces dernières années de crise économique. Nicolas Sarkozy, l'ancien président maintenant en piste pour son retour politique, et ses concurrents pour la tête de l'UMP se délectent des tourments de M. Hollande et du gouvernement socialiste. Ils feraient toutefois bien de se montrer prudents : sans la reprise économique, que M. Hollande s'efforce désespérément de mettre en œuvre, les deux partis républicains auront en la personne de Mme Le Pen un adversaire de taille. La présidente du FN a senti leur faiblesse et veut le pouvoir.

Dessin de Glez, paru dans Le Jeudi, Ouagadougou
Source courrierinternational.com

mardi 21 octobre 2014

Billets-Loi anti-dissimulation du visage


Loi anti-dissimulation du visage : les Français veulent de la cohérence
Deux incidents en moins de deux semaines sont venus rappeler aux politiciens leur inconséquence face à leur volonté de légiférer sur tout, d’une part, et les contradictions de ceux qui s’appellent les progressistes, d’autre part.

En effet, les affaires « Morano vs police de la Gare de l’Est », puis « la femme voilée expulsée de l’opéra Garnier » mettent un coup de projecteur sur les problèmes liés à la loi de 2011 interdisant de se dissimuler le visage dans l’espace public.

Le 15 octobre dernier, l’eurodéputée Nadine Morano croise une personne Gare de l’Est vêtue d’un voile intégral. Comme la loi française prévoit qu’il est interdit d’être accoutré de la sorte, et aussi peut être parce qu’à titre personnel, Nadine Morano n’aime pas les personnes voilées, la députée cherche un représentant des forces de police afin de lui faire constater l’infraction à la loi. Le policier trouvé ne semble pas s’exécuter, et Morano s’indigne du fait qu’il procède alors à son contrôle d’identité, comme le prévoit aussi la loi. Les médias et les commentateurs s’indignent, non pas de l’infraction, le port du voile intégral, mais de l’extrémisme islamophobe supposé de Nadine Morano.
Ce weekend, deuxième fait divers. On apprend qu’une spectatrice voilée, une touriste du Golfe, a dû quitter la Traviata en pleine représentation. L’incident a eu lieu début octobre à l’Opéra Bastille. Il a poussé le ministère de la culture à faire une note sur le sujet.

Que peut-on conclure ? D’une part, étant donné que l’Opéra Bastille et la Gare de l’Est de Nadine Morano étant deux univers différents, on peut déduire des conclusions de portée générale, à savoir que deux mondes culturellement différents mais tous deux représentatifs des élites françaises veulent que la loi contre la dissimulation du visage soit appliquée. L’incident Morano prend un autre sens, il ne peut pas seulement être relié à l’islamophobie réelle ou supposée de cette membre de l’UMP. Il est bien lié à une volonté généralisée de ne pas voir certains symboles de l’islam bafouer la vision française de la laïcité.

D’autre part, on voit bien que l’application de la loi ne dépend pas de la quantité de forces de police sur le terrain, mais de la volonté de citoyens, députés ou vigiles, de la voir appliquée, et du consensus au sein de la population. C’est aussi l’analyse de Bruno Le Maire.

Et sur le sujet du voile comme sur d’autres, l’opinion des médias ou celles de groupes de pression peut ne pas refléter l’opinion générale des Français.

En 2013, un sondage montrait que 84%, soit une énorme majorité des Français, étaient opposés au port du voile ou du foulard islamique par des femmes travaillant dans des lieux privés accueillant du public.

Or, des Musulmans estiment, trois ans après son adoption que cette loi est islamophobe et qu’elle stigmatise des personnes dont la pratique n’enlève rien à personne. Cela ne vous rappelle rien ? Pendant le débat du mariage pour tous, non seulement les militants LGBT notaient qu’autoriser deux personnes homosexuelles à se marier n’enlevait rien à personne, mais que, de plus, s’opposer à ce point de vue était homophobe.

Or, force est de constater que les Musulmans ont raison dans le sens où il apparaît que, dans la plupart des cas, les femmes voilées le font librement, de leur propre initiative.

La police avait prévenu : la loi contre le port du voile ne serait pas sa priorité, la jugeant inapplicable.

Dès lors, le gouvernement actuel n’a que deux options.
La première consiste à rappeler à la police qu’elle est là pour faire appliquer toutes les lois, même celles qu’elle juge idiote. Après tout, la police poursuit bien sa guerre contre la drogue alors qu’elle sait qu’elle est inutile. Alors, pourquoi ne pas donner raison à Nadine Morano quand elle dénonce l’inaction de la police ?

La deuxième consiste à abroger la loi. En effet, puisque le voile islamique n’est pas forcément l’expression d’une soumission dans un cadre machiste, mais parfois l’illustration d’une recherche spirituelle (bien éloignée des préoccupations du gouvernement Valls, majoritairement athée et christianophobe), alors pourquoi ne pas accorder cette liberté aux principales intéressées, liberté qui doit évidemment être accompagnée de la liberté de pouvoir les critiquer. Autrement dit, pourquoi ne pas abroger la loi sur le voile et, en même temps, abroger les lois Pleven-Gayssot qui criminalisent les propos racistes (au sens large) ?

La loi ne peut pas tout. Les comportements individuels peuvent certes être contraints par la loi, mais le vivre ensemble ne doit-il pas partir de chacun d’entre nous et de l’intériorisation de valeurs communes ? Plusieurs années de loi anti-voile ont montré que les principales concernées avaient décidé de poursuivre leur démarche à rebours de siècles d’évolution en France (où les hommes et les femmes cohabitent), il n’y a donc que deux attitudes possibles :

Version conservatrice : partant du principe que malgré la présence d’une importante communauté musulmane, la France reste une terre avant tout laïque et de culture chrétienne, alors il convient de faire appliquer la loi anti-voile, par la force s’il le faut, par la police, tout comme cette même police n’hésite pas à user de la force en d’autres situations. Après tout, il est interdit d’être juif en Arabie Saoudite, et les Chrétiens auront du mal à trouver une église dans ce même pays.

Version libérale : partant du fait que la France que l’on veut, c’est la France que les gens construisent au quotidien par leur comportement, légiférer dans ce domaine ne sert à rien si les valeurs ne sont pas intériorisées. On peut aussi penser que les femmes voilées n’enlèvent rien à personne si ce n’est éventuellement à elles-mêmes. Après tout, quand on va à Londres, on voit bien que des femmes voilées côtoient avec plus ou moins d’indifférence d’autres personnes au look plus occidentalisé. En contrepartie, il faut accepter l’idée que nous nous dirigions vers un pays de communautés intentionnelles, ce qui est de toute façon déjà un peu le cas. Les musulmanes qui se sentent rejetées n’auraient dans ce cas qu’à s’en prendre à elles-mêmes.

La troisième version, socialiste, n’est évidemment pas tenable. Elle consiste à avoir des lois en totale opposition avec la pratique, tout en fermant les yeux sur des situations de ghettoïsation de fait et à hurler au loup fasciste dès que quelqu’un demande à ce que la loi soit appliquée. Évidemment, le fait que des touristes du golfe bravent impunément les lois de France, à l’Opéra Bastille ou sur les Champs-Élysées, va pousser les élites bunkerisées à se poser des questions qui ne leur venaient pas à l’esprit tant que le voile islamique ne concernait que Trappes ou Mantes la Jolie !

Alors, qu’est ce que le Parti Socialiste au pouvoir va choisir ? Le respect de la loi (validée par la CEDH) et par la-même la reconnaissance que Nadine Morano avait raison ? Ou l’abrogation de la loi, en vertu de ce que demandent des associations anti-islamophobie, et partant du principe que « porter un hijab ou un niqab n’enlève rien à personne » ?

Source contrepoints.org

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lundi 20 octobre 2014

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Billets-Jean Tirole


Jean Tirole et le « contrat de travail unique »

Lors d’une conférence de presse à Toulouse, le nouveau prix Nobel d’économie a exposé ses idées pour lutter contre le chômage : un « contrat de travail unique » et une « taxe sur les licenciements ».

Le gouvernement français s’est félicité du Nobel de Tirole comme s’il s’agissait d’une victoire nationale du type équipe de football ; mais Hollande et Valls connaissent-ils l’œuvre de Tirole ? On en doute tant celle-ci est en contradiction frontale avec la politique économique de la France.

Tout d’abord, s’il est vrai que Tirole dirige un Institut universitaire à Toulouse, celui-ci est un oasis qui échappe au contrôle de l’Éducation nationale, parce qu’il est financé par des entreprises privées de la région ; ce qui permet à Tirole de suivre le modèle américain, de recruter qui il veut au prix du marché mondial. Son école s’appelle Toulouse School of Economics (TSE), ce n’est pas par hasard. Par ailleurs, Tirole est de formation américaine autant que française, au MIT de Boston où il passe toujours la moitié de l’année. La science économique n’est pas une science nationale, ce que démontre brillamment Tirole.

Outre ses travaux mathématiques sur les relations inter-industrielles qui lui ont valu le Prix attendu depuis des années, un chef-d’œuvre scientifique, Tirole est également un pionnier dans la réflexion contre le chômage : il est l’auteur (avec Olivier Blanchard du MIT) d’une remarquable proposition appelée Contrat de travail unique.
Tirole constate que la quasi-impossibilité de licencier en France fait que l’on licencie peu, tant les tribunaux sanctionnent les patrons et qu’en conséquence, on recrute encore moins : les entreprises sont donc moins productives et le chômage des jeunes augmente. Pour en sortir, Tirole propose de restaurer le droit de licencier librement (sauf cas de harcèlement notoire ou pour grossesse par exemple) ; ce droit de licencier restaurerait le désir de recruter.

Mais Tirole reconnaît que le licenciement pèse sur la société : il faut bien financer l’assurance chômage. Il suggère donc un impôt sur le licenciement proportionnel au temps nécessaire au licencié pour retrouver un emploi. Ceci inciterait les patrons à aider les licenciés à se recaser vite. Pour éviter les abus, l’impôt sur le licenciement serait plafonné à six mois de salaire, une formule qui existe dans certains États américains. Les tribunaux n’auraient plus à intervenir dans les licenciements, les patrons connaîtraient par avance le coût d’un licenciement, alors qu’il est aujourd’hui aléatoire.

Le projet Tirole combine donc la liberté d’entreprendre avec l’équité sociale. Mais aucun parti, aucun gouvernement, n’a jamais examiné le projet Tirole. Ce serait une vraie réforme avec de vrais résultats, le contraire des discours incantatoires. Craignons que le Nobel ne suffira pas à faire entendre Tirole.


dimanche 19 octobre 2014

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Billets-Vive la "twittérature" !


Vive la "twittérature" !

Lors de la dernière Foire du livre de Francfort, la "Twitter fiction" a fait une entrée remarquée. Avec cette révélation : en matière de chef-d'œuvre, ce n'est pas la taille qui compte.
  
Il n'est pas le bienvenu à la Foire du livre de Francfort. "Repoussé contre une barrière. Dégagé par un gardien. Lui ai proposé 4,6 % des gains nets sur mon manuscrit. Rien voulu entendre." Voilà ce qu'écrit @bastseller depuis la Foire du livre de Francfort. Il réessaie plus tard en se faisant passer pour un Finlandais – "Ils n'oseraient pas refuser un auteur du pays invité d'honneur" –, mais toutes ses tentatives pour glisser son manuscrit entre les mains d'un éditeur se soldent par un échec.

Hans Bastseller nous fait le récit de ses mésaventures sur le réseau de microblogging Twitter. Sauf que Hans Bastseller n'existe pas. Il s'agit d'un personnage de fiction, inventé à l'occasion du premier festival de "twittérature" allemand. En coopération avec Twitter, les organisateurs de la Foire du livre de Francfort [du 8 au 12 octobre] avaient en effet décidé cette année de permettre à des auteurs de publier des "romans courts" sur le réseau avec le hashtag #Twitteratur. Derrière le nom de Hans Bastseller se cache en réalité l'écrivain Falko Löffler.

Zoë Beck et Anne Wizorek, elles, capturent des choses vues et entendues qui racontent de petites histoires. "Viens avec moi petite souris, on parle de livre électronique et tout ça. Tu m'écoutes ?" Il y a aussi Psaiko.Dino, le DJ du rappeur Cro (sur qui il a écrit un livre), qui nous donne son point de vue de musicien sur le salon : "parler.parler.parler".

Du grand art
L'idée que Twitter représente un nouveau potentiel littéraire n'est pas nouvelle. Reste encore à déterminer en quoi il consiste. Il est largement admis aujourd'hui que la contrainte des 140 caractères peut faire naître de superbes fulgurances linguistiques, et que Twitter est le royaume des aphorismes.

Force est pourtant de constater que les auteurs de tweets de la Foire du livre se contentent essentiellement de gentils petits messages. Le caractère novateur de la twittérature ne tient pas à la brièveté du format (qui caractérisent également le haïku [court poème japonais], l'épigramme ou l'aphorisme) mais aux fonctionnalités du réseau qui regroupe presque toutes les possibilités offertes par l'écriture en ligne.

On parle ici de récit en temps réel, des hyperliens, de la coécriture, de l'insertion d'images et de vidéos, de l'utilisation des caractères "@" et "#", du "RT" (re-tweet) et des histoires non linéaires.

Les personnages fictifs se rapprochent de la performance artistique lorsqu'ils interagissent à travers leurs propres comptes et font oublier la présence de l'auteur. Les lecteurs entrent en contact avec ces personnages et mettent un pied dans le récit lui-même. Le réseau ne fait pas de différence et crée une fiction qui entretient un rapport différent avec la réalité. Le site Internet du #TwitterFiction Festival met en avant une série d'exemples les plus réussis. On en retient une expérience de narration nouvelle et profondément immersive qui interpelle moins par son contenu que par sa remise en question de notre idée de l'art. Domaine de l'aphorisme poétique en temps réel, la twittérature peut aussi être du grand art.

Dessin de Cost, Belgique. 

samedi 18 octobre 2014

Billets-Discours politique : le sens des mots ‎


Discours politique : le sens des mots
S’il y a un discours essentiel et décisif, c’est bien le discours politique. Or dans tout discours, il y a des signifiants et des signifiés, et les relations entre les deux sont déterminantes. Si le discours politique n’est pas exact ou complet dans le choix de ces relations entre les mots et les concepts qu’ils véhiculent, il y a alors un risque pour la société, celui de lui cacher la vérité et de l’induire en erreur. Le discours politique d’aujourd’hui utilise de nombreux termes qui pourtant ne sont pas ou plus judicieusement connotés. Certains mots ne sont même plus perçus que péjorativement. Leur signifié initial et légitime se trouve biaisé, presque ostracisé. Les linguistes parlent dans ces cas-là de glissements sémantiques et de connotations.

Plusieurs termes actuels se retrouvent au centre du débat, et charrient des thèmes qui sont devenus de véritables boules puantes. Il est donc bénéfique de rappeler l’origine de ces termes, leur champ sémantique originel. Car les décalages dont souffrent ces termes ne sont jamais neutres. Ils font partie du discours politique dominant. Ils en trahissent les velléités. Les révéler permet d’en savoir un peu plus sur les valeurs de notre société. Tel est l’objectif de cette courte analyse.

Conservateur versus progressiste
Ce mot de conservateur n’a pratiquement plus, chez nous en France, la moindre connotation positive. Un conservateur, c’est quelqu’un qui est contre le progrès. C’est un notable la plupart du temps de droite qui ne veut rien changer et qui s’oppose aux réformes dont il a finalement tout à perdre. Le contraire de conservateur est progressiste. Pour prendre une comparaison dans l’univers de la religion catholique, et en simplifiant bien sûr, on pourrait avancer que les progressistes sont favorables à ce que les femmes puissent dire la messe. Tandis que les conservateurs ne le sont pas.
Il est évident que cette répartition manichéenne entre conservateur et progressiste atteint vite ses limites : les sociétés n’ont pas toujours évolué dans la bonne direction. Lorsque des évolutions proposées par les progressistes sont dangereuses, c’est le terme de conservateur qui devrait être positivement connoté. Imaginons que notre pays fasse actuellement fausse route sur bien des sujets de société. Combien d’années faudra-t-il au mot conservateur pour qu’il retrouve de son éclat ? Ce sera probablement trop tard…

En fait, la supériorité apparente du terme progressiste trahit un parti pris solidement ancré dans notre société, et qui sera difficile à changer. Ce parti pris se résume en cette très simple équation :
  • Ne pas changer est dangereux,
  • C’était toujours moins bien avant,
  • Il suffit de changer pour que ce soit mieux.
Tout compte fait, le statut sémantique des mots progressiste et conservateur ne prouverait-il pas un certain angélisme de notre société ?

Libéral versus socialiste
Cette opposition libéral/socialiste est certainement la plus grosse imposture sémantique actuelle. Sans détour, on peut dire que chez la plupart des Français, libéral signifie sans pitié, prêt à paupériser les faibles et les fragiles, prêt à s’enrichir sur leur dos. Tandis que socialiste, bénéficiant de surcroît de la racine social, signifie à peu près l’inverse : solidarité, entraide, oblativité…

Au-delà du fait que cette antinomie semble inoxydable, puisqu’elle s’est créée à l’abri de l’épreuve des faits (il est en effet difficile de trouver des justifications historiques à cette préférence pour le socialisme tel qu’il est connoté en France aujourd’hui), il est amusant de se rappeler l’origine sociale (pour ne pas dire socialiste) du libéralisme. Ce courant a suffisamment été porté par certains de nos plus grands auteurs (Sand : Le compagnon du tour de France, Stendhal : Le rouge et le noir, etc.) pour que l’on puisse affirmer qu’il partait du souhait de rétablir l’égalité entre les dominants et les dominés, entre la noblesse et le peuple, entre les riches et les pauvres. Inversement, rétrospectivement, le socialisme se trouve associé à des événements de l’histoire qui ne sont pas particulièrement reluisants (la lecture de La route de la servitude de Hayek est édifiante à ce sujet) mais son contenu sémantique ne semble toujours pas en souffrir.

Cette méprise, que l’on pourrait qualifier de diachronique, est double : toujours valoriser le courant socialiste, quel que soit le contexte du moment, est une erreur grave. Ainsi, dans un pays asphyxié par l’omniprésence et l’obésité de son État, militer pour accroitre le socialisme est aussi stupide que de militer pour accroître le libéralisme dans un pays qui n’a pas assez d’État. Tout est une question de réglage, et d’opportunité. Le contexte évolue. La pertinence de telle ou telle politique n’est jamais figée dans le temps…
Alors, pourquoi le mot libéral est-il si mal connoté en dépit de son origine historique et d’un contexte français actuel qui devrait au contraire le rendre attirant ? Un tel dérapage sémantique ne démontrerait-il pas un certain aveuglement idéologique ?

Politique de relance
En France, par expérience, que ce soit chez nos hommes politiques ou chez la grande majorité des journalistes, le syntagme (figé) politique de relance est systématiquement associé aux mesures d’État, c’est-à-dire aux mesures prises en accompagnement de l’économie réelle afin de pousser la demande en biens et en services. Cette politique d’accroissement de la demande est soit basée sur l’aide directe aux ménages (baisses d’impôts, primes, baisses de charges, aides à l’achat), soit sur l’aide aux entreprises pour qu’elles recrutent (baisses des charges, incitations, emplois « aidés », postes dans la fonction publique).

Cela fait d’ailleurs depuis plus de 30 ans que nos gouvernements successifs déclinent jusqu’à plus soif l’acception du terme de relance de la demande, avec les résultats que l’on sait : lorsque l’aide s’interrompt, le soufflé retombe exactement comme avant. Ce n’est que du court terme. Pire, ce n’est que de la cosmétique puisque cela ne masque les symptômes que le temps de la cure…


Malgré le peu d’efficacité de ces mesures, pourquoi donc politique de relance ne signifie jamais relance de l’offre ? D’où peut provenir un tel parti pris sémantique ? Sans prendre trop de risques, il est possible d’avancer une explication toute simple : relancer la demande est facile, c’est une mesure conservatrice qui ne touche à rien dans l’économie d’un pays, il ne s’agit que de redistribuer (keynésianisme) de l’argent, par des saupoudrages plus ou moins ciblés avec bonheur. Tandis qu’une politique de l’offre implique une remise en question des blocages et des limites de l’économie du pays, elle impose des réformes douloureuses, elle nécessite à la fois du courage chez les politiciens et de l’abnégation du côté des agents économiques. Car ses résultats n’apparaissent qu’au bout d’un certain nombre d’efforts, et c’est certainement là le nœud du problème…


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vendredi 17 octobre 2014

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jeudi 16 octobre 2014

Billets-Belgique déboires du nouveau gouvernement


Belgique déboires du nouveau gouvernement

Casseroles, gaffes, opposition déchaînée : à peine formé, le gouvernement belge est déjà bien mal en point.

Un gouvernement en moins de cinq mois, c'était décidément trop beau pour être vrai. La nouvelle équipe a tout juste eu le temps de prêter serment devant le Parlement belge samedi 11 octobre, et le libéral francophone Charles Michel à à peine eu le temps d'enfiler son costume de Premier ministre, que les casseroles et les ennuis s'enchaînent.

C'est que ce gouvernement – s'il a le mérite d'exister, dans un pays où l'exercice est complexe – est le fruit d'une coalition périlleuse. Comme le veut la Constitution, ses ministres sont moitié francophones, moitié néerlandophones. Or, le seul parti francophone représenté est le MR (centre-droite), alors que les Wallons votent majoritairement à gauche. Parmi les Flamands figurent les chrétiens démocrates, les libéraux... et les nationalistes de la N-VA, notamment titulaires des portefeuilles de l'Intérieur, des Finances ainsi que de l'Asile et la migration, qui n'ont pas tardé à se faire remarquer.

Passé trouble
Lundi, Jan Jambon, chargé de l'Intérieur, ouvrait le bal en déclarant dans une interview à La Libre Belgique que ceux qui avaient collaboré avec l'occupant allemand pendant la Seconde guerre mondiale "avaient leurs raisons", déclenchant aussitôt une polémique, notamment parmi les partis francophones, nouveaux venus dans l'opposition. Par ces propos, Jambon réveillait un vieux démon belge, puisqu'une partie du mouvement nationaliste flamand est historiquement liée à la collaboration – l'occupant allemand s'étant montré mieux disposé que l'élite francophone à l'égard de leurs revendications.

Cela s'est d'ailleurs confirmé sans plus attendre. Le lendemain, relate La Libre, on apprenait que Théo Francken, nouveau secrétaire d'Etat à l'Asile et à la migration, avait assisté le week-end dernier aux 90 ans d'un vétéran du VMO, une milice d'extrême droite fondée après la Seconde guerre mondiale. La presse s'est penchée sur son cas, et a retrouvé une déclaration du même Francken dans laquelle il déclarait avoir "honte de sa nationalité belge", ainsi qu'un post Facebook de 2011, dans lequel il doutait de la "valeur ajoutée" de "l'immigration marocaine, congolaise et algérienne". "Et la valeur ajoutée de Théo Francken, qui la voit ?" fulmine, en titre, l'édito du Soir, qui se demande si cette opinion est "compatible avec le fait d’être secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration ? Compatible avec le fait d’exercer une fonction au sein d’un Etat démocratique ? "

Pugilat au Parlement
C'est dans ce contexte chahuté que le Premier ministre s'est rendu au Parlement mardi 14 pour sa déclaration de politique générale. L'opposition, qui multipliait depuis la veille les appels à la démission, en a profité pour attaquer de front et la séance a viré au fiasco. Huées, invectives, cris : "Le spectacle était, il est vrai, hallucinant, relate Le Vif-L'Express. Soudain, la Chambre s'est transformée en une enceinte parlementaire à la britannique, avec des coups d'éclat et des coups de semonce". En une, le Standaard relatait la séquence le lendemain : "L'opposition libère ses diables".

Notons encore la gaffe de la ministre de l'Energie qui, passant le relai à sa successeure, lui a remis une lampe de poche à dynamo – qui fonctionne "à l'huile de bras". Un trait d'humour mal venu, puisque sa collègue n'a... qu'un bras.

Pas de répit pour le Premier ministre qui, en plus des attaques de l'opposition et des casseroles et bévues de son équipe, ouvre son mandat avec
un appel des syndicats à une grève générale le 15 décembre, pour protester contre les mesures économiques annoncées par ce gouvernement de droite. Vivement le prochain épisode !


Dessin de Sondron (Belgique)
Source courrierinternational.com

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Billets-Amazon va ouvrir une librairie, à l'ancienne


Amazon va ouvrir une librairie, à l'ancienne

Amazon s'apprêterait à ouvrir son premier magasin "physique" et non plus virtuel, à New York, en face de l'Empire State Building. Quelle ironie ! s'exclame le Daily Telegraph. "Voilà que le géant de la vente en ligne, considéré comme la terreur des rues commerçantes, décide de rejoindre les magasins qu'il a décimés."

Le journal revient sur le long parcours d'Amazon. Lancé en 1995, à une époque où "la plupart des consommateurs étaient convaincus que jamais ils ne pourraient acheter un livre sans le feuilleter et humer son parfum tout droit sorti de l'imprimerie", l'entreprise a longtemps été considérée comme vouée à l'échec. Les choses ont bien changé. Si l'entreprise est toujours déficitaire, poursuit le Daily Telegraph, elle est aujourd'hui perçue comme un ennemi de taille par les libraires, et elle a bouleversé les conceptions des consommateurs.

Le magasin, qui devrait bien entendu être opérationnel avant les fêtes de fin d'année, "est vu à la fois comme un test et un outil de marketing. Si l'expérience est concluante, Amazon pourrait ouvrir des points de vente dans d'autres villes des Etats-Unis". Les concurrents regarderont cette ouverture "d'un œil à la fois curieux et inquiet", conclut le quotidien britannique, mais Amazon devrait lui aussi s'inquiéter car, en cas de flop, "les entreprises que le géant de la vente en ligne a coulées seront comme une nuée de corbeaux jacassant sur cet échec".

Dessin de Mix & Remix

Source courrierinternational.com

mercredi 15 octobre 2014

Billets-Irak : pour les Etats-Unis, rien ne se passe comme prévu


Irak : pour les Etats-Unis, rien ne se passe comme prévu

Au Moyen-Orient, "le principe selon lequel 'les ennemis de mes ennemis sont mes amis' ne fonctionne pas, affirme le ministre britannique des Affaires étrangères au Christian Science Monitor. Les ennemis de mes ennemis sont des gens dont je m'occuperai une fois que j'en aurai terminé avec mes ennemis." Philip Hammond résumait par cette formule l'objectif de la coalition internationale : démettre Bachar El-Assad une fois l'Etat islamique suffisamment affaibli.

Le problème, fait observer le magazine américain, ou plutôt les problèmes, c'est que, en attendant, les frappes américaines font plutôt l'affaire de Damas, allégeant la menace représentée par l'Etat islamique, l'un de ses adversaires les mieux organisés. Ajoutons que le Royaume-Uni n'a obtenu de mandat de la part de son Parlement que pour frapper l'Irak, pas la Syrie, et que la Turquie, furieuse qu'Assad ne soit pas la cible prioritaire, s'est montrée beaucoup moins coopérative qu'escompté. Enfin, ajoute le CS Monitor, le plan américain prévoyait de former les rebelles syriens "modérés" – mais ce terme reste à définir – et de mettre en place "un gouvernement inclusif et non sectaire à Bagdad" afin de stabiliser l'Irak. Sauf que les leaders chiites ne se montrent pas disposés à "faire des concessions aux Arabes sunnites, qu'en ce moment ils voient généralement comme des traîtres".

Bref, "les Etats-Unis, et leurs partenaires tels que le Royaume-Uni, sont en train de s'embourber dans une situation où aucun des acteurs locaux ne partage leurs priorités".


Dessin de Stavro
Source courrierinternational.com

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mardi 14 octobre 2014

Recettes Tartes-Tarte aux framboises


Tarte aux framboises

Préparation : 40 mn
Cuisson : 30 mn
Pour 6 personnes
500 g de framboises
Pour la pâte 
150 g de beurre
1 œuf
250 g de farine
100 g de sucre
1 pincée de sel
Pour la garniture 
2 jaunes d’œufs
20 cl de lait entier
60 g de sucre glace
1 cuillerée à café d’extrait de vanille
1 cuillerée à soupe de crème fraîche épaisse
25 g de maïzena
1. Mélangez la farine avec le sucre, ajoutez le sel et le beurre coupé en morceau, mixez ou travaillez avec les mains. Quand la pâte est bien mélangée, ajoutez l’œuf entier, mélangez à nouveau. Laissez reposer 1 heure au frais.
2. Étalez la pâte dans un moule à tarte beurré de 26 cm. Piquez le fond avec une fourchette. Recouvrez la pâte d’un papier de cuisson. Faites cuire au four préchauffé à 180 °C '(th. 6), pendant 25 à 30 minutes. Laissez refroidir.
3. Pendant ce temps, préparez la crème pâtissière : faites chauffer le lait. Fouettez les jaunes avec le sucre, l’extrait de vanille et la maïzena, versez le lait chaud, mélangez, replacez sur le feu et sans cesser de remuer laissez épaissir et cuire 2 minutes. Hors du feu ajoutez la crème, mélangez et laissez refroidir.
4. Étalez le mélange sur la pâte de la tarte, disposez les framboises. Saupoudrez de sucre glace et servez sans plus tarder pour éviter à la pâte de se détremper.

Vous pouvez parfumer la crème avec 2 cuillerées à soupe d’eau de fleur d’oranger ou recouvrir les framboises, comme chez le pâtissier, d’une couche de gelée de groseilles fondues.



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lundi 13 octobre 2014

Recettes Fruits-Poêlée de chasselas


Poêlée de chasselas

Préparation : 15 mn
Cuisson : 10 mn
Pour 4 personnes
4 grappes de chasselas de Moissac
2 pommes
25 g de beurre
3 cuillerées à soupe de miel
20 g de gingembre frais
1 branche de romarin
1. Coupez les pommes en quatre, ôtez le cœur. Coupez-les en lamelles.
2. Égrainez le chasselas. Rincez les grains et séchez-les bien.
3. Chauffez le beurre dans une poêle. Faites-y dorer les lamelles de pommes 5 minutes.
4. Ajoutez le romarin et le raisin. Arrosez de miel. Faites cuire 3 minutes en remuant délicatement.
5. Ôtez le romarin. Servez chaud en accompagnement d’une volaille… ou d’une glace à la vanille.