mardi 29 juillet 2014

Recettes Pays Basque-Piperade


Piperade

Préparation : 15 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 4 personnes
4 poivrons verts
2 piments doux
3 oignons
4 grosses tomates bien mûres
2 gousses d’ail
3 cuillerées à soupe d’huile d’olive
Thym et laurier
1 cuillerée à café de sucre en poudre
Piment rouge en poudre
Sel et poivre
1. Coupez en deux les poivrons et les piments, retirez les graines et taillez la pulpe en lanières. Pelez les oignons et émincez-les. Ébouillantez les tomates, égouttez-les, pelez-les, coupez-les en deux, retirez les graines et coupez la pulpe en morceaux. Pelez les gousses d’ail et hachez-les.
2. Faites chauffez 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive dans une cocotte. Ajoutez les oignons et faites-les revenir doucement pendant 5 minutes. Ajoutez ensuite les poivrons et les piments, mélangez et poursuivez la cuisson à couvert pendant 8 minutes en remuant.
3. Ajoutez enfin les tomates et l’ail, le reste de l’huile, 1 brin de thym, 1 feuille de laurier et 1 cuillerée à café de sucre. Mélangez, salez, poivrez et ajoutez 1 pincée de piment. Couvrez et laissez mijoter en remuant de temps en temps pendant 20 minutes.

Sans doute le plus célèbre des plats basques. Les œufs n’entrent dans sa préparation que comme un complément éventuel, sous forme d’œufs brouillés, d’omelettes ou d’œufs poêlés.

lundi 28 juillet 2014

Billets-Le projet de Google pour « euthanasier la mort »


Le projet de Google pour « euthanasier la mort »

Le célèbre moteur de recherche Google s'intéresse de très près aux questions de santé et de génétique. Son dernier projet en date: étudier des milliers génomes pour prévenir des maladies.

Google fait dans le mysticime. Après les lentilles intelligentes destinées à rendre la vie plus facile aux presbytes et aux diabétiques, le géant d'internet veut maintenant s'attaquer à l'immortalité. Le nouveau projet de la firme, dévoilé ce jeudi 24 juillet, s'intéresse au génome d’une centaine de personnes en parfaite santé. L'idée : récolter des données pour détecter si l'on est à risque de développer certaines maladies, avant l’apparition des premiers symptômes. A la tête de ce projet, baptisé Baseline, le biologiste Andrew Conrad. Il travaille depuis un an et demi dans les locaux de la société de biotechnologie Calico fondée en septembre 2013 par Google. Il y étudie les gènes de 175 patients qui ont accepté de se prêter à l’expérience. 

  • L'Eglise Google 
Pour le Dr Laurent Alexandre, chirurgien urologue et président de DNA Vision, une société d'analyse génétique, le projet de Google flirte avec le mystique. Dans l'émission d'Europe 1 Pourquoi Docteur, il explique d'ailleurs que « Google agit plus comme une Eglise que comme un business, poursuivant des objectifs quasi religieux. Ses dirigeants veulent créer une intelligence artificielle et euthanasier la mort. On est bien loin d’objectifs managériaux. » 

L’objectif du projet Baseline est avant tout de trouver des « biomarqueurs » de bonne santé, de la même manière que les scientifiques établissent des « biomarqueurs » pour les maladies. A long terme, ces éléments permettraient de prévenir certaines maladies ainsi que de trouver de nouveaux traitements. La technique n’a rien de révolutionnaire, comme l'a confié le Dr Conrad au Wall Street Journal :« Nous nous posons juste la question différemment : pour prévenir un problème, nous voulons d’abord savoir à quoi ressemble un élément réparé, qui fonctionne bien. » A terme, ce projet pourrait permettre de gagner 20 ans d'espérance de vie. 


  • Vivre très longtemps
Mais comme le rappelle Laurent Alexandre, « nous ne sommes pas que le fruit de nos chromosomes, l’environnement joue aussi un rôle. » En d'autre termes, l'approche choisie par Google ne pourra pas répondre à tout, puisqu'elle ne prend pas totalement en compte les facteurs environnementaux.
Il n'en reste pas moins que sa place est de plus en plus importante dans le domaine de la génétique, de l'intelligence artificielle et des biotechnologies. Il s'agit de la seule firme de la Sillicon Valley qui se préocuppe de ces questions de maladies. Et grâce aux avancées permises par un tel projet, les enfants qui naissent aujourd'hui vont sans doute voir leur espérance de vie se rallonger considérablement. 

  • Google tout puissant
Mais pour Laurent Alexandre, les Etats devront agir rapidement pour encadrer les dérives dans « la lutte de Google contre la mort », car de nombreux problèmes éthiques peuvent être soulevés par ce projet. Les affaires de séquençage génétique posent notammennt la question de savoir si les gens sont prêts à savoir à quelles maladies ils sont prédestinés. Lui ne fait jamais de séquençage d'ADN pour des particuliers, mais exige qu’il y ait un intermédiaire médical, pour aider les patients à digérer des informations parfois difficiles à entendre.

Mais si Google arrivait au bout de son projet, modélisait un génome humain parfaitement sain, et permettait à chacun d'entre nous de découvrir nos prédispositions médicales, il est clair que la machine ne pourra jamais remplacer les explications et l'humanité d'un médecin. 


Source pourquoidocteur.fr

Recettes Marocaines-Chorba aux légumes


Chorba aux légumes

Préparation : 25 mn
Cuisson : 40 mn
Pour 6 personnes
2 gros oignons
4 blancs de poireau
2 pommes de terre
4 carottes
2 navets
4 tomates
2 branches de céleri
50 g de beurre
2 litres de bouillon de bœuf
1 cuillerée à café de curcuma
50 g de vermicelle
4 branches de persil
4 branches de coriandre
Sel
Poivre noir
1. Pelez les oignons et hachez-les. Nettoyez les poireaux, fendez-les en deux, détaillez-les en rondelles et lavez-les. Épluchez les pommes de terre, les carottes et les navets et coupez-les en dés. Plongez les tomates 10 secondes dans de l’eau bouillante, rafraîchissez-les aussitôt, pelez-les et concassez-les au couteau. Détaillez les branches de céleri en fines lamelles.
2. Faites fondre le beurre dans un faitout et, quand il est bien mousseux, faites-y revenir les oignons et les poireaux sans les laisser dorer. Ajoutez les pommes de terre, puis arrosez avec le bouillon et portez à ébullition.
3. Ajoutez alors les carottes, les navets, les tomates et le céleri dans le faitout. Salez légèrement, car le bouillon est déjà salé, poivrez largement. Ajoutez le curcuma, mélangez, couvrez. Dès la reprise de l’ébullition, comptez 20 minutes.
4. Versez le vermicelle en pluie dans la soupe et laissez cuire pendant encore 5 minutes.
5. Rincez, épongez soigneusement le persil et la coriandre, hachez-en les feuilles. Versez la soupe en soupière, parsemez de persil et de coriandre hachés et servez sans attendre.

vendredi 25 juillet 2014

Billets-Marijuana express


Marijuana express : le boom des livreurs d'herbe

Avec la vague de légalisation du cannabis aux Etats-Unis, les livreurs de drogue à domicile font fortune. Et l’herbe est devenue la nouvelle pizza.

Dans une autre vie, Evan Cox livrait des pizzas. Il y a dix-huit mois, il s’est retrouvé à court d’argent, mais pas d’idées. L’Etat de Washington était sur le point de légaliser la vente de cannabis et l’étudiant de Seattle a compris qu’il faudrait encore un certain temps avant que n’ouvrent les premières boutiques spécialisées dans la vente de marijuana.

Il a donc monté Winterlife, un service de livraison à domicile. Livrer de la dope, c’est comme livrer des pizzas. Mais en plus facile. “On n’a pas besoin de garder le produit au chaud, donc il n’est pas nécessaire de retourner à la base aussi souvent, fait valoir Evan. Les clients étudient le menu et choisissent dans la sélection disponible quand on arrive.” Winterlife génère 1 million de dollars de revenus par mois [730 000 euros] et emploie cinquante personnes. D’après son site Internet, il s’agit d’une “entreprise avec une conscience”. Elle a pris fait et cause pour les écureuils orphelins…

Evan Cox opère pourtant à la limite de la légalité. Même si l’achat de cannabis est autorisé dans l’Etat de Washington, les personnes qui en livrent restent passibles de sanctions, ce qui n’empêche pas Winterlife d’attirer de plus en plus de concurrents. La société est enregistrée au niveau de la mairie et de l’Etat de Washington, mais ne peut ouvrir de compte en banque en raison de la législation fédérale. C’est donc en espèces que, en avril, Winterlife a versé 167 000 dollars [123 000 euros] de taxes sur les ventes à l’administration fiscale de l’Etat de Washington. Les services de livraison de drogue ont également du succès dans les Etats à la réglementation plus stricte.

A New York, la vente est interdite mais la possession a été dépénalisée, et il existe plus d’une dizaine de services illégaux qui desservent Manhattan et Brooklyn. Il suffit d’être recommandé par un client, d’appeler un numéro et d’attendre une heure pour voir un jeune homme propre sur lui arriver, la plupart du temps en vélo, avec un sac à dos rempli de diverses variétés. Les livreurs ne transportent que de l’herbe et toujours moins de 25 grammes, de façon à ne risquer qu’une amende en cas d’interpellation. La police est au courant de leurs activités mais choisit de laisser faire. Un paquet de 2,5 grammes coûte ainsi en général au moins 50 dollars [37 euros].

C’est bien plus cher que dans la rue mais les risques d’agression sont réduits au minimum. Les adeptes de la fumette qui en ont les moyens sont ravis de payer davantage pour la sécurité et le côté pratique. La livraison à domicile marche moins bien pour les drogues dures, assure toutefois Peter Reuter, un économiste de l’université du Maryland, car le marché est plus petit et les charges criminelles bien plus importantes. Même dans les Etats où les boutiques de cannabis sont autorisées, il existe des sociétés qui ne fonctionnent qu’avec le système de livraison. L’annuaire professionnel Wheresweed.com regroupe des dizaines de sociétés spécialisées dans la livraison en Californie, dans l’Oregon et le Colorado.

Plusieurs dispensaires de cannabis de San Diego, en Californie, se sont reconvertis en services de livraison quand le comté les a obligés à fermer leurs portes temporairement. Pour Mark Kleiman, de l’université de Californie à Los Angeles, les autorités devraient encourager les services de livraison de marijuana plutôt que l’ouverture de magasins spécialisés. Ces derniers ont un impact négatif sur le voisinage, attirent les braqueurs, ainsi que des mineurs qui demandent aux passants adultes d’acheter pour eux. De plus, comme les boutiques d’alcool, ils ont un effet incitatif et dissuadent les consommateurs excessifs d’arrêter.


Dessin de Claudio Munoz paru dans The Economist, Londres.
Source Courrier International


jeudi 24 juillet 2014

Billets-La France, en route vers la censure d'Internet


La France, en route vers la censure d'Internet

Le pays des Lumières, havre des libertés, met en place petit à petit un système de blocage administratif des sites web, sans intervention de la justice.

C'est le genre d'article qu'on espérait ne jamais devoir écrire... Les députés ont voté mardi soir en commission des Lois le blocage administratif de sites faisant l'apologie du terrorisme, et ce, sans intervention de la justice. L'Assemblée devra se prononcer en plénière mi-septembre sur l'ensemble du projet de loi de lutte contre le terrorisme. Si le but est évidemment louable, la mesure est largement critiquée, dans la droite ligne des blocages prévus pour lutter contre la pédopornographie.

Quelques heures avant le vote, une commission spécialisée avait durement contesté le projet du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Dans sa recommandation, cette commission de réflexion sur le droit et les libertés à l'âge du numérique, créée en février pour éclairer les parlementaires sur ces questions, rappelle que "le préalable d'une décision judiciaire apparaît comme un principe essentiel, de nature à respecter l'ensemble des intérêts en présence, lorsque est envisagé le blocage de l'accès à des contenus illicites sur des réseaux numériques".

Coprésidée par le député socialiste Christian Paul et l'avocate Christiane Féral-Schuhl, la commission explique notamment que le blocage des sites est très difficile à mettre en oeuvre. Mais le projet est bien parti pour être validé en septembre, d'autant qu'il est très cher au Premier ministre Manuel Valls, qui avait déjà fait un pas dans cette direction lorsqu'il était Place Beauvau. Aujourd'hui, comme pour tous les projets de loi concernant les libertés sur Internet (Hadopi, Loppsi 2, Loi de programmation militaire, etc.), quelques députés de tous bords qui ont compris le fonctionnement d'Internet semblent s'opposer, en vain, à l'éternel fantasme de contrôle d'Internet, que l'on retrouve autant à droite qu'à gauche.


  • Contournable en un clic
Comme c'est le cas dans les pays pratiquant déjà la censure d'Internet, la commission craint un contournement facile du blocage. Et c'est une crainte plus que fondée ! L'utilisation par les internautes de réseaux privés virtuels (VPN), par exemple, leur permet - en quelque sorte - de se connecter de façon chiffrée via le réseau d'un autre pays et donc d'échapper aux blocages décidés par un État ou par un autre. Ces services, qui coûtent quelques euros par mois et rapportent gros à leurs créateurs, sont souvent étrangers, et parfois fournis par des réseaux mafieux. Leur utilisation a explosé en France depuis la mise en place du gendarme du piratage, la Hadopi.

Les outils destinés aux cyberdissidents, comme l'excellent Tor, permettent aussi d'échapper à la censure, gratuitement et en un clic. L'utilisation de Tor explose dans les grandes démocraties, de plus en plus adeptes de la cybercensure. Résultat : il est encore plus difficile de repérer les activités illégales. Lors d'un précédent projet de censure des sites terroristes en 2013 (celui de Manuel Valls), le juge antiterroriste Marc Trévidic avait expliqué que c'est justement grâce aux imprudences des terroristes sur Internet que la police peut les repérer et les arrêter…

  • Des mesures "disproportionnées" et "inefficaces"
La commission craint par ailleurs les blocages de contenus par erreur, c'est-à-dire l'inscription sur la liste noire de sites n'ayant rien à voir avec le terrorisme ou la pédopornographie, comme cela a été prouvé, par exemple en Australie. Le "retrait du contenu auprès des hébergeurs doit être privilégié sur le blocage lorsque ces derniers sont coopératifs", estime la commission. Plusieurs autres voix se sont élevées contre le projet de loi socialiste. Reporters sans frontières (RSF), qui n'a pas pour habitude de critiquer la France, n'y va pas de main morte. Selon son communiqué, le texte "pourrait engendrer un recul de la liberté d'information puisqu'il (...) prévoit le blocage administratif de sites internet et augmente les mesures de surveillance".

"C'est un test majeur pour la défense des droits et libertés contre l'instauration de mesures très graves de police préventive de l'intention, contournant le judiciaire au nom de la lutte contre le terrorisme", dénonce pour sa part le collectif citoyen La Quadrature du Net. "L'ensemble de ce projet de loi instaure un état d'exception permanent d'Internet, contournant largement le juge pour s'orienter vers des solutions policières et administratives, non contradictoires, disproportionnées et pour la plupart inefficaces", poursuit l'association. "L'adoption de ce projet de loi par une majorité qui avait autrefois combattu ces dispositions inspirées du programme de Nicolas Sarkozy illustre l'acceptation générale par la classe politique d'un abandon du pouvoir judiciaire au profit de la police et de la généralisation des mesures d'exception. Citoyens et organisations de la société civile doivent se mobiliser pour lutter contre la banalisation des atteintes aux libertés fondamentales !" explique Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.


  • Des concessions inutiles
Tenant compte en partie des critiques, le rapporteur du texte, Sébastien Pietrasanta (PS), a fait adopter un amendement prévoyant que "la demande de blocage d'un site devra obligatoirement être précédée par une demande adressée à l'éditeur du site ou, à défaut, à son hébergeur de retirer le contenu illicite". "Ce n'est qu'en l'absence de retrait dans un délai de vingt-quatre heures que l'autorité administrative pourra faire procéder au blocage du site par les FAI", précise-t-il.
Via un autre amendement, Sébastien Pietrasanta a aussi promis de confier à une personnalité qualifiée, désignée par la Cnil, "la mission de vérifier que les contenus dont l'autorité administrative demande le retrait ou que les sites dont elle ordonne le blocage sont bien contraires aux dispositions du Code pénal sanctionnant la provocation au terrorisme, l'apologie du terrorisme ou la diffusion d'images pédopornographiques". Cette personnalité pourrait, si l'autorité administrative ne suit pas sa recommandation, saisir la juridiction administrative.

  • L'État, bientôt promoteur des sites terroristes
Mais ce contrôle des sites bloqués impliquerait la publication de la liste noire, ou du moins sa circulation dans des cercles qui, s'ils sont restreints, ne resteront pas muets. L'État offrira alors une publicité inespérée aux sites qu'il souhaite bloquer, car à l'ère des WikiLeaks et autres Edward Snowden, la diffusion de la liste ne sera qu'une question de temps. C'est ce qu'on appelle sur Internet l'effet Streisand : quand on veut à tout prix étouffer quelque chose, on finit par le promouvoir. Dans ce cas, l'État aura gentiment constitué les marque-pages du parfait petit terroriste.

Espérons que les députés retrouveront la raison d'ici l'examen en hémicycle mi-septembre, et qu'ils verront enfin Internet comme un espace sur lequel il faut appliquer les lois existantes, non en créer d'autres plus strictes...


Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, met en œuvre le projet de censure d'Internet du Premier ministre Manuel Valls. © LCHAM/SIPA


Source lepoint.fr

lundi 21 juillet 2014

Billets-La quatrième saison de la série Homeland


La quatrième saison de la série Homeland

La quatrième saison de la série américaine, qui sera diffusée à la rentrée, se déroulera autour des activités de la CIA au Pakistan. Une nouvelle qui intrigue les journalistes pakistanais.

La série américaine Homeland, consacrée aux aventure de Brody, un soldat américain fait prisonnier en Afghanistan et de retour aux Etats-Unis, et de Carrie Mathison, agent de la CIA, revient sur les écrans pour une quatrième saison, diffusée à partir du 5 octobre prochain. Et cette fois, l'action se déroulera au Pakistan, explique le quotidien pakistanais Dawn.

Le journal, basé à Karachi, annonce que "les fans pakistanais vont être gâtés, puisque le personnage central de Carrie Mathison sera en mission au Pakistan. La série n'est peut-être pas tournée au Pakistan, mais la façon dont le pays sera dépeint sera intéressante à observer." Sur Twitter, cette information a été accueillie avec un certain amusement par les journalistes pakistanais. La journaliste radio Mahvesh Murad, par exemple, ironise : "Oh, maintenant Cape Town [en Afrique du Sud, où le tournage a eu lieu], c'est le Pakistan, pour Homeland !". Petite ironie du sort, la série Homeland n'est même pas diffusée sur les chaînes de télévision pakistanaises...

L'affiche de la saison 4. Source : IMDb.
Source Courrier International


dimanche 20 juillet 2014

Billets-Fallait-il interdire les manifestations pro Palestiniennes ?


Fallait-il interdire les manifestations pro Palestiniennes ?

L’ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Paris le 19 juillet 2014 confirme la décision du préfet de police de Paris interdisant de manifester en soutien des victimes civiles palestiniennes de l’intervention israélienne à Gaza. Plusieurs groupements, parmi lesquels le Nouveau parti anticapitaliste, le parti des Indigènes de la République et l’Union française juive pour la paix avaient en effet saisi le juge d’une demande de référé-liberté (art. 521-2 cja). Ils demandaient la suspension de cette décision considérée comme une atteinte à une liberté fondamentale, la liberté de manifester.

  • Une liberté fondamentale
Le juge ne peut pas refuser de considérer la liberté de manifester comme une liberté fondamentale, au sens de l’article 521-1 cja. Pour le Conseil constitutionnel, la liberté de manifester se rattache au « droit d’expression collective des idées et des opinions » (décision du 18 janvier 1995). Pour la Cour européenne, elle est plutôt liée à la « liberté de réunion pacifique » garantie par l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme. La liberté de manifester est donc rattachée, tantôt à la liberté d’expression, tantôt à la liberté de réunion, deux libertés aussi « fondamentales » l’une que l’autre.

Le régime juridique des manifestations relève du décret-loi du 23 octobre 1935. Il prévoit une déclaration auprès du préfet de police par les organisateurs entre trois et quinze jours avant la date prévue. Elle doit mentionner l’objet, le lieu et l’itinéraire de la manifestation. Ce régime de déclaration préalable a pour objet de permettre l’exercice de la liberté de manifester et de garantir qu’elle s’exercera dans le respect de l’ordre public. En effet, les informations données au préfet de police permettent l’ouverture d’une négociation très concrète sur la date, et le lieu du rassemblement, l’itinéraire du cortège etc. Nul n’a oublié par exemple que des divergences avaient opposé les responsables de la Manif pour tous au préfet de police de Paris. Les premiers voulaient manifester aux Champs-Élysées, le second estimait qu’il était impossible de maintenir l’ordre public sur cette avenue très commerçante et remplie de touristes. À l’époque, la négociation avait permis de maintenir la manifestation, en interdisant seulement l’accès aux Champs-Élysées.

En l’espèce, les groupements requérants affirment qu’aucune négociation n’a été engagée. Le préfet de police ne le nie d’ailleurs pas, reconnaissant qu’il « s’est résolu à interdire » la manifestation, après qu’un premier rassemblement, le 13 juillet, ait suscité des violences, notamment autour de lieux de cultes. C’était il y a cinq jours, et la préfecture affirmait alors que ces heurts étaient dus à de petits groupes de jeunes gens « facilement contenus ». Autrement dit, il avait alors été parfaitement possible de rétablir l’ordre public.


  • Une nouvelle atteinte à la jurisprudence Benjamin
La question posée au juge est donc celle de la proportionnalité de la mesure d’interdiction. L’ordonnance se réfère expressément à la célèbre jurisprudence Benjamin de 1933, celle-là même qui était en cause dans l’affaire Dieudonné. Rappelons qu’elle prévoit un contrôle maximum sur les mesures administratives portant atteinte à une liberté publique. L’interdiction générale et absolue d’exercer une liberté ne peut être prononcée que s’il n’existe aucun autre moyen de garantir l’ordre public.

Est-ce le cas en l’espèce ? C’est ce qu’affirme le juge, se référant au « climat actuel de vive tension entre les partisans des deux causes ». Il reprend purement et simplement l’argument du préfet de police estimant que le précédent des incidents suffit à justifier l’interdiction générale et absolue. La situation est donc identique à celle qui existait dans la décision Dieudonné : l’interdiction est justifiée par l’existence de troubles hypothétiques.

Si le juge avait réellement appliqué la jurisprudence Benjamin, il aurait dû s’interroger sur l’adéquation entre les moyens et les résultats, et poser la question suivante : la préfecture de police parvient-elle à prouver qu’elle n’a pas d’autres moyens d’assurer l’ordre public que d’interdire une manifestation ? N’est-elle pas en mesure de lutter contre ces « petits groupes de jeunes gens facilement contenus » auxquels elle faisait allusion au soir du 13 juillet ?

  • Du contrôle maximum au contrôle minimum
À dire vrai, le juge refuse de poser la question. Après l’affaire Dieudonné, c’est donc la seconde remise en cause de la jurisprudence Benjamin. On passe insensiblement du contrôle maximum au contrôle minimum. Dans ce type de contrôle qui n’existe plus guère que dans le cadre de décisions relevant du pouvoir discrétionnaire le plus absolu, le juge s’assure seulement que la décision administrative n’est pas manifestement disproportionnée par rapport aux buts poursuivis. En l’espèce, le juge des référés se borne à énoncer que « le préfet de police n’a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de manifester. L’emploi de l’adverbe « manifestement » sonne comme un acte manqué. Nous sommes dans un contrôle qui se proclame maximum et qui se révèle minimum.

Le juge s’interdit de pénétrer profondément les motifs de la décision administrative, laissant finalement au préfet de police toute latitude pour interdire l’exercice des libertés. Dans ces conditions, peut-on être certain qu’il s’agit effectivement de protéger l’ordre public ? À moins qu’il ne s’agisse de protéger un certain ordre moral ?

Quoi qu’il en soit, si l’on considère que toute l’histoire du contrôle des actes de l’administration est d’abord l’histoire de l’approfondissement du contrôle des motifs, on mesure la régression que représente ce retour à un contrôle minimum.

  • Le juge administratif, ou le pompier pyromane
Reste à s’interroger sur les conséquences de la décision. Dans les villes où les manifestations ont été autorisées, elles se sont passées dans le calme, comme à Lille, à Bordeaux ou à Marseille. En revanche, la décision du tribunal administratif a finalement conduit à des violences entre manifestants bravant l’interdiction et forces de police ayant mission de la faire respecter. On se souvient que, tout récemment, dans son intervention du 14 juillet 2014, le Président de la République a affirmé sa volonté de ne pas importer le conflit israélien-palestinien sur notre territoire. Un vrai succès.

Billets-Trottoirs : une nouvelle norme est née


Trottoirs : une nouvelle norme est née

Bonne nouvelle pour ceux qui désespéraient de la technocratie française : une nouvelle norme est née. Si notre démographie est chancelante, notre production normative se porte bien. Nous avons enfin une petite sœur à rajouter à la fratrie pullulante des normes françaises.

Celle-ci concerne l’aménagement des trottoirs. Désormais, les mairies ont l’obligation, à chaque intervention, d’effectuer des prélèvements des revêtements et des enrobés et de les soumettre à une analyse d’amiante. Qu’il s’agisse de rénover quelques mètres carrés de trottoir, pour mettre un peu d’enrobé dans un trou en formation, ou de refaire toute une rue, le prélèvement et l’analyse sont obligatoires.

Pourquoi ? Parce que le bureau de fabrication des normes vient de découvrir que, dans les années 1990, les entreprises qui produisaient les enrobés avaient un produit à base d’amiante. Tous les trottoirs et chaussées n’ont pas été faits avec cet enrobé, mais un certain nombre. Tout un chacun a pu constater que l’on rencontre souvent des personnes qui s’effondrent dans les rues, raides mortes, parce qu’elles ont inhalé des poussières d’amiante se dégageant des trottoirs. Il était donc urgent d’agir et d’imposer cette nouvelle norme. Le coût du prélèvement est estimé à 500€. Imaginez qu’une commune doive réaliser une centaine d’opérations dans l’année, et vous atteindrez un surcoût assez considérable.


Le pire est pour le cas où de l’amiante serait découvert. Il faut alors désamianter, et les riverains verront débarquer une nuée de cosmonautes descendus de la station Mir pour sécuriser le trottoir nocif et dangereux. Cela fait bientôt vingt ans que des milliers de Français vivent un danger mortel en foulant au pied un trottoir enrobé d’amiante, ou en roulant sur une chaussée qui renferme les terribles particules. Nous ne voulons provoquer aucune panique collective, mais voilà des centaines de milliers de personnes qui risquent leur vie en marchant sur les trottoirs. Nous ne leur conseillerons pas pour autant de marcher sur la chaussée, elles risqueraient de se faire renverser. Jusqu’à la prochaine norme, qui interdira aux voitures de renverser des piétons.

Dormez tranquille, cette norme maternelle va veiller d’une main protectrice sur la sécurité des riverains. Aux communes d’accroître les impôts pour subvenir à cette nouvelle dépense.

samedi 19 juillet 2014

Infos santé-Médicaments... inégalités hommes femmes


Médicaments... inégalités hommes femmes

Les inégalités se retrouvent aussi dans le domaine de la santé, affirme Science et Vie. Les effets indésirables des médicaments et vaccins concernent deux fois plus les femmes que les hommes.

Hommes et femmes, inégaux jusque dans les pharmacies. Dans son édition d’août, le magazine Science et Vie lance l’alerte : le sexe féminin est deux fois plus concerné par les effets secondaires des médicaments. C'est ce que conclut un article consulté en exclusivité par Le Parisien.

  • Vaccins, médicaments font plus d’effet
« Médicaments : ils soignent mieux les hommes que les femmes », titre Science et Vie. Un constat alarmant mais bien réel. A molécule identique, les effets varient du tout au tout, nous apprend cet article, exemple à la clé. Huit heures après avoir pris du Zolpidem (Stilnox), les femmes sont trois fois plus nombreuses à somnoler. Il est assimilé plus lentement car les enzymes du foie, chargées de métaboliser les médicaments, ne travaillent pas de la même manière selon le sexe. Même observation côté vaccins : une dose « normale » induit plus d’effets secondaires chez la femme. Son système immunitaire étant plus réactif, une demi-dose lui suffirait, expliquent les journalistes de Science et Vie. Une étude menée sur 25 000 Allemandes confirme cela : le sexe féminin est deux fois plus sujet aux effets secondaires indésirables.

  • Des études menées sur des rats mâles
La raison de ces écarts est très simple. Les discriminations émergent dès la conception des médicaments : les tests sur un modèle animal sont menés sur des mâles. Interrogée par Le Parisien, la généticienne Claudine Junien l’explique de manière tout à fait rationnelle : il s’agit d’ « éviter que les hormones ne perturbent les résultats. » Mais administrées à des femmes, les molécules ont nécessairement des effets différents puisque les hormones entrent cette fois en compte. Lors des essais cliniques, le problème se reproduit : les femmes sont statistiquement sous-représentées. Seules les molécules destinées à traiter des problèmes uniquement féminins (ovaires, grossesse, ménopause).

  • L’aspirine agit sur des facteurs différents
Les disparités sont encore plus criantes lorsqu’on observe les effets de l’aspirine. On conseille aux personnes à risque d’AVC ou d’infarctus d’en prendre un comprimé par jour en prévention secondaire. Chez les hommes, le risque de crise cardiaque est réduit de 32 %. En revanche, chez les femmes, c’est le risque d’AVC qui chute.

Il faudrait donc traiter les femmes différemment des hommes sur le plan de la santé, puisque leur métabolisme agit différemment sur les molécules administrées. Une évidence aux yeux des biologistes… mais pas forcément des médecins. Au quotidien, ils n’en tiennent pas assez compte. Et les autorités ne font rien pour changer cela. Seul l’Institut National de Santé américain (NIH) impose clairement l’égalité : si les résultats ne sont pas analysés selon le sexe, les chercheurs peuvent dire adieu à leurs subventions.


Source pourquoidocteur.fr

Billets-M6 le malaise explose


M6 le malaise explose

Les audiences et les rentrées publicitaires ne sont pas les seules à faire la gueule chez M6. Depuis deux ans, le climat social n'a cessé de se dégrader. Dangereusement.

Elles sont passées inaperçues dans les médias. Mais pas au siège de M6, où elles ont sonné comme une énième alerte : la semaine dernière, la chaîne apprenait trois nouvelles démissions. Trois « nouvelles », car le malaise, latent depuis deux ans, se fait plus pressant ces dernières semaines. Arrêts maladie, burn-out, départs en cascade... dans les couloirs de Neuilly-sur-Seine, les indicateurs psycho-sociaux – comme on dit – virent au rouge. Le médecin du travail, en moins d’un an de présence, a signé deux inaptitudes « pour danger immédiat » pour deux salariés en situation de souffrance aigüe. Elle succède elle-même à un médecin démissionnaire – essorée par la situation. Une enquête de l’inspection du travail, une autre de la sécurité sociale, une encore du parquet. Des procédures aux prud’hommes et une en pénal... Comment la chaîne en est-elle arrivée là ?

M6, comme tous les médias, souffre de la multiplication des concurrents, de la crise de la publicité. Et ses programmes phares – la téléréalité et la télé-coaching – sont à bout de souffle. Logiquement, la chaîne a resserré les boulons – départs non remplacés, rythmes de tournage intensifiés, équipes réduites, objectifs des commerciaux renforcés... Dans nombre de services, des personnes occupent deux, voire trois postes. Du classique, hélas, en ces temps de crise.  « Le modèle de M6 est mis en question, nous explique t-on dans l'entourage du PDG Nicolas de Tavernost. Comme partout, il faut s'adapter : mais chez nous, il n'y a pas de plan social, simplement, parfois, une optimisation ».

Une optimisation, donc. Sauf que chez M6, on a toujours travaillé à flux tendu. Pas de gras. Nicolas de Tavernost est connu pour avoir « des oursins dans les poches », comme le répètent en boucle ses salariés. Du coup, dans beaucoup des trente-quatre entités du groupe (qui comptait mille huit cent soixante et un salariés au 31 décembre 2013), les équipes sont à l’os. Depuis deux ans, la situation se tend. Depuis quelques mois, elle craque. Ceux qui peuvent se sauver partent ailleurs. Nombre de ceux qui restent vacillent. « Combien sont venus me dire “J’ai tout donné, je n’en peux plus, faites moi sortir” », témoigne une déléguée du personnel.

“C'est vrai, la tension est plus forte cette année”
Prenons le cas des trois derniers démissionnaires : Jean Bernard Schmidt, directeur de rédaction, salarié de M6 depuis huit ans, une rédactrice en chef adjointe de Capital, et une reporter. Tous travaillaient à C prod, la filiale « magazine » de M6. En 2012, Nicolas de Tavernost a voulu restructurer les magazines – Zone interdite, 100 % mag, 66 minutes, Enquête exclusive, Capital – pour en faire une rédaction unique. Les journalistes éco se retrouvent alors à travailler sur des sujets société, des spécialistes du long format sur du court, etc. Résultat : « On ne sait plus pourquoi on travaille », expliquent plusieurs journalistes, qui témoignent tous d'une « perte des repères et de l’intérêt du travail », déplorent un « éditorial de plus en plus cheap », et pointent la gestion « brutale » d’une direction qui répète élégamment que  les « journalistes devraient arrêter de se branler la nouille ». Autant de constats « totalement récusés » par le patron de C Prod, Vincent Régnier, qui ne voit dans ces départs « que le renouvellement normal de fin de saison » et dans cette tension « la fatigue de fin d'année... même si c'est vrai, la tension est plus forte cette année, vu le contexte ». 

« Une enquête interne de juillet 2013, menée par l'institut Great place to work a montré un taux de satisfaction de 63 % des salariés, taux en hausse par rapport à l'année précédente, insiste t-on encore chez M6. Une enquête faite en plein été, quand la plupart des journalistes sont en vacances, et où les salariés devaient répondre en ligne, de leur ordinateur : « Vu le climat, on a été pas mal à répondre “bien”, parce qu'on se méfiait sur la réalité de l'anonymat de nos réponses », témoignent plusieurs de nos interlocuteurs. M6 rappelle aussi que, le 20 mars 2014, le groupe recevait « le trophée Randstard Award de l'employeur du secteur des médias le plus attractif auprès du grand public ». Effectivement, on se souvient que le prix avait alors sucité des ricanements en interne, sur le contraste entre l'image extérieure de M6, et la réalité interne, provoquant quelques désenchantements chez les nouveaux embauchés.

Car la tension est bien là, pour ce que nous avons pu en voir, et assez généralisée dans le groupe : à la rédaction des journaux télévisés, dans la filiale cinéma SND – où selon des sources internes, une dizaine de salariés sur cinquante seraient « en souffrance » – au doublage, à la régie publicitaire, au web, ou encore dans les bureaux en région : sous la houlette, déjà, de Vincent Régnier – certains ont été fermés, non sans douleur. Pour ceux qui restent, la pression est forte. D'aucuns y résistent, d'autres s'écroulent. On y a débusqué là aussi, des cas de burn-out. Et ce mail, envoyé fin 2012 par une journaliste en arrêt de travail à ses collègues. Intitulé « Les raisons de mon craquage » , il raconte de façon extrêmement détaillée, sur deux pages, le déroulement de ses trois dernières journées de travail interminables, exténuantes et pour tout dire absurdes, régies par des ordres et contre-ordres de la rédaction de Paris. Le mail se termine par cette phrase : « J'ai craqué aujourd'hui mais je reste motivée et passionnée par mon travail, je voudrais juste tirer la sonnette d'alarme. J'ai vu mes ex collègues (A) et (B) en burn out. Je me suis accrochée, mais aujourd'hui, j'ai l'impression de déployer des trésors d'énergie en vain »

“On attendait plus d’implication de ta part”
Une prise de parole rare. A M6, les salariés ont longtemps été aussi fidèles que silencieux. Aujourd’hui, la peur semble avoir supplanté la loyauté. Cette « peur », mot constamment entendu dans nos entretiens, qui suinte à tous les étages, et se transmet généreusement du top manager au salarié de base. Même chez les élus du personnel, pourtant protégés par leurs statut. On n’a pas compté, parmi notre vingtaine d’interlocuteurs, les rendez-vous annulés puis reconfirmés, les coups de téléphones repentis et angoissés, après une rencontre : « Si on me reconnaît, je suis mort ». Peur, face au « cynisme » de la direction, autre expression qui revient en boucle : « Le DRH est un ancien directeur technique, c’est dire l’importance que la direction donne à cette fonction, résume un élu. Toute dépense sociale est de trop. Quand il y a un problème avec un salarié, M6 préfère le voir partir, provisionne pour les procès, ça ne coûte pas si cher ». Des salariés avouant être au bout du rouleau se sont entendu répondre « On attendait plus d’implication de ta part ».

« Les situations de souffrance sont niées, quand elles ne sont pas étouffées », confirme un syndicaliste. Quand une journaliste de Zone interdite au parcours personnel chaotique se suicide chez elle, en 2011, la direction n'offre pas d'aide psychologique à ses collègues, en état de choc, notamment celle qui a découvert le corps. Et refuse que soit insérée une phrase d’hommage à la jeune femme décédée dans le générique de l’émission. « Ils avaient trop peur que ça se sache à l’extérieur », commente une journaliste de l’équipe, encore traumatisée par l’épisode, trois ans après. Il y a aussi le cas de cette reporter, enquêtrice chevronnée de Zone interdite, qui a eu l’impudence de refuser la bascule de son contrat de M6 à C prod : « On lui a proposé des solutions, elle a tout refusé, et puis son cas est exrême » plaide Vincent Régnier. Reste que d’humiliations en placardisation, la journaliste a fini couchée par terre dans le bureau d’une déléguée du personnel. Broyée. Deux mois et demi en clinique de repos. Et une plainte au pénal avec son avocat Jérémie Assous. Arrêtée depuis un an et demi, son burn out vient d’être classé en « maladie professionnelle » par la sécurité sociale. « Un cas de “maladie professionnelle”, dans une entreprise qui produit des programmes de télévisions : c’est une première ! » commente un élu.

Au sein de M6, les contre-poids à la direction semblent faibles. La nouvelle médecin du travail, décrite par un de nos interlocuteurs comme « férocement résistante », tente manifestement de jouer son rôle, courageusement, malgré les pressions dont elle fait l’objet. M6 essaie apparemment de l’écarter. La Direction des ressources humaines a envoyé il y a un mois une lettre se plaignant d'elle à la société qui l'emploie. Laquelle a demandé en retour des excuses à la DRH. Si elle est soutenue par son employeur, le médecin paraît en revanche assez isolée à  M6 – en dehors des salariés exténués et apeurés qui défilent dans son bureau. Les syndicats, comme la CFDT, qui ont sonné moult fois l’alerte, pèsent peu. Les « vieux » élus se disent épuisés. Les nouvelles instances du personnel, DP (délégués du personnel)/CE (comité d'entreprise), renouvelées en mars dernier, ne se distinguent pas franchement par leur agressivité. Il y a quelques jours, le CHSCT a d'ailleurs décidé d'étudier le renouvellement de la société prestataire du médecin du travail. Ce changement tant voulu par la direction. Le CHSCT a néanmoins dû ouvrir une enquête sur le cas de la reporter classée en « maladie professionnelle ». Aura t-il les épaules pour la mener au bout ? La direction des ressources humaines commence, semble t-il, à mesurer les dégâts de cette politique, mais – coincée par un Nicolas de Tavernost inflexible, et une direction financière toute puissante – elle courbe pour l’instant le dos. Jusqu’à quand ? Aux prochaines démissions ? Au prochain burn out ? A M6, le système semble arrivé au bout de sa logique. 


Illustration: Coloranz avec The Noun Project d'après M6 

vendredi 18 juillet 2014

Recettes Italiennes-Tomates séchées à l’huile


Tomates séchées à l’huile

Préparation : 15 mn
Cuisson : 15 mn
Pour 1 bocal de 5 dl 
200 g de tomates séchées
10 feuilles de menthe
2 gousses d’ail
1 litre de vinaigre de vin blanc
2 cuillerées à soupe d’huile d’olive
1. Lavez les feuilles de menthe et hachez-les ; pelez les gousses d’ail et coupez-les en fines lamelles. Ébouillantez les tomates, puis égouttez-les et concassez-les.
2. Faites bouillir le vinaigre dans une casserole en acier inoxydable et versez-y les tomates, les feuilles de menthe et les lamelles d’ail ; laissez cuire pendant 10 minutes. Égouttez les tomates, disposez-les sur un torchon et laissez-les sécher pendant 12 heures.
3. Versez les tomates dans un bocal, couvrez d’huile, fermez hermétiquement et conservez-les 2 mois dans un endroit frais et à l’abri de la lumière avant de les consommer.

Spécialité de la région des Pouilles.

Billets-Comment sauver nos retraites ?


Comment sauver nos retraites ?

Dans une France réputée politiquement arriérée, la question lancinante d’une réforme des retraites sans cesse remise sur le métier représente, à l’aune de toutes les réforme(tte)s paramétriques imaginées et mises en œuvre depuis des lustres, un coût financier et social de plus en plus intenable.

Ainsi, contre toute réalité, Marisol Touraine se félicitait-elle béatement de la publication dans le Journal officiel de deux décrets d’application de la loi du 20 janvier 2014 représentant, à ses yeux énamourés, deux avancées majeures garantissant l’avenir et la justice du système de retraites. Dont acte. Mal lui en a pris puisque dans son premier avis remis au gouvernement le 15 juillet dernier, soit à peine six mois après le cocorico de Mme Touraine, le nouveau Comité de suivi des retraites met déjà en garde le gouvernement contre une nouvelle et rapide dégradation du financement des retraites.

Mais à tout seigneur tout honneur, qu’il nous soit alors permis d’évoquer la spectaculaire réussite de José Piñera, professeur d’économie diplômé de Harvard et ancien ministre du Travail et des Mines chilien, dont l’action anticipatrice en matière de retraite par capitalisation demeure un modèle du genre. Nul n’est prophète en son pays, dit-on, et pourtant… José Piñera l’a été au Chili au point qu’aujourd’hui 95% des Chiliens ont durablement adopté ce système gagnant de retraite par capitalisation qui, spécialement en France, fait l’objet de tous les assauts des idéologues et autres esprits fermés au progrès !

« Le système de retraite par capitalisation permet de résoudre le problème classique du système par répartition au niveau démographique : dans une société qui vieillit, le nombre d’actifs par retraité baisse. Avec un système par capitalisation cependant, la population active ne finance pas la population retraitée. Ainsi, on évite les conflits intergénérationnels potentiels et la faillite du système. La capitalisation ignore le problème qui se pose désormais à de nombreux pays, à savoir des engagements non provisionnés en matière de retraites. »

Ainsi, le retour à la liberté dans la responsabilité des citoyens délivrés d’une pesante et intrusive servitude étatique contribue, grâce à une gestion optimale et transparente de leur patrimoine, à garder légitimement une pleine et entière propriété sur un argent âprement gagné à la sueur de son front.

Sous tous les cieux et à quelques différences près dues à la psychologie singulière de l’ADN de chaque peuple pris en particulier, on retrouve souvent les mêmes réflexes qui, parce qu’ils appartiennent en propre à l’humanité, animent d’une manière semblable et du haut en bas de la société la diversité des hommes. José Piñera : « J’ai toujours pensé que les salariés sont plus concernés par les problématiques qui touchent directement à leur quotidien, telles que la retraite, l’éducation et la santé. Ils prennent leurs décisions pour assurer le bien-être de leur famille, et non en fonction d’allégeances politiques ou d’idéologies collectivistes. La leçon ultime de l’expérience chilienne est que seules aboutissent les révolutions qui font confiance aux hommes et aux exploits dont ils sont capables, à condition de les laisser libres d’agir. »

Nous avons en France des émules cachés mais bien réels de José Piñera qu’une coalition de l’establishment politique, syndical et médiatique s’évertue, par tous les moyens jusqu’aux moins reluisants, à empêcher d’exprimer des idées ultralibérales salvatrices dont ils craignent, à juste titre, qu’elles viennent à les priver de leurs faux droits. Dans cette optique désespérante, Jacques Garello a donc décidé, en matière de retraites, de passer outre les ukases de la pensée unique pour faire la démonstration, selon moi imparable, qu’il est plus que temps de revenir à la raison pour stopper l’impulsion rétrograde qui nous conduit aujourd’hui comme hier à nier ou à ignorer la dure réalité des faits :
  • 4 actifs pour un retraité (1970) / 1,25 actif pour un retraité (2013) ;
  • 78 ans / 84 ans : longévité pour les hommes et pour les femmes, avec une retraite à 62 ans, la pension doit être versée pendant 16 ans ou 22 ans ;
  • 250 euros : ce qui actuellement est retenu chaque mois sur le salaire d’un smicard pour financer les retraites par répartition ;
  • 120 euros : la cotisation mensuelle pour que le smicard ait la même retraite s’il est autorisé à avoir un compte personnel épargne-retraite ;
  • 250.000 euros : ce que le smicard aura perdu après avoir cotisé pendant 44 ans dans le système actuel ;
  • 13 ans : la durée de versements à un compte d’épargne-retraites avec un taux de 3% pour reconstituer une retraite égale à celle que promet la Sécurité sociale ;
  • Entre 5 et 9% (hors inflation) le taux de rendement d’un livret d’épargne retraite sur un placement au moins égal à 10 ans ;
  • 45 ans : délai qui donne une certitude absolue de rendement à 4% ;
  • 15 ans : période qu’il faut pour doubler un placement à 5% d’intérêt.

Le temps est donc venu pour les Français de se réveiller vivement d’un mauvais rêve pour décider, toutes les cartes en main, d’un futur de leur retraite qui soit pour eux le plus riche et le plus harmonieux possible : alors, faites vos jeux !


Source contrepoints.org

jeudi 17 juillet 2014

Billets-Blablacar ou l’obsolescence de l’État comme acteur économiquer


Blablacar ou l’obsolescence de l’État comme acteur économiquer
  
La récente levée de fonds de Blablacar, le site leader du covoiturage, est une date à marquer d’une pierre blanche. Au-delà des montants investis, 100 millions de dollars, il faut y voir un témoignage de plus de l’obsolescence de l’État comme acteur économique. Au cours du 20ème siècle, des pans entiers de l’économie ont été nationalisés. Ce système centralisé et figé est désormais caduc. Trop lent, trop couteux, trop peu respectueux des usagers. L’évolution ultrarapide des technologies ne fera qu’accélérer ce processus de décomposition.

Une croissance fulgurante
Créé en 2006, Blablacar transporte désormais l’équivalent de 6% des passagers de Voyages SNCF. Cette révolution s’est faite sans bruit mais à des taux de croissance de 200% par an. Blablacar séduit par le prix. Un trajet Paris Nantes coute avec Blablacar 20 euros soit jusqu’à quatre fois moins que le TGV dont les prix n’ont cessé de flamber. Le site est aussi supérieur sur le service : dépose à domicile, départ à toute heure du jour et de la nuit, courtoisie et propreté des véhicules. Les conducteurs sont notés par les passagers et les moins bons sont exclus du site.

C’est qu’à l’abri de la concurrence, la SNCF s’est laissée vivre pendant trop longtemps. Avec le train français, on est privé à la fois du fromage (le prix) et du dessert (les services). Les prix ont progressé deux fois plus vite que l’inflation depuis 15 ans. Dans le même temps, le service n’a cessé de se dégrader : retards en série (on s’approche de la situation italienne), grèves sauvages, allongement des temps de parcours (2 heures il y a 20 ans pour un Paris-Nantes, 20 minutes de plus aujourd’hui). L’usager souffre aussi tous ces détails qui clochent : annonces peu claires ou absentes, fermeture inopinée du bar sur certains trajets, toilettes répugnantes… L’interaction des agents SNCF avec les clients est souvent affligeante de bêtise, d’incompréhension et d’absence d’empathie. Comme le disait Frédéric Bastiat : détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence. La SNCF prouve tous les jours que cette maxime est vraie.

Un service public laissé au bord de la route
Internet a changé la donne. La technologie permet des effets de leviers de croissance extraordinaires par des mécanismes viraux de conquête du marché. L’innovation est aussi devenue beaucoup moins onéreuse. On parle souvent d’innovations Lego, qui permettent de combiner différentes technologies, souvent gratuites, pour créer des services de rupture. Instagram, la startup rachetée plus d’un milliard de dollars par Facebook, s’est construite ainsi autour d’une équipe d’une vingtaine de personnes. L’application avait conquis plus de 100 millions d’utilisateurs en six mois. Avec la technologie, on peut faire beaucoup avec peu.

L’histoire économique s’accélère donc. Le système étatique ne parviendra pas à suivre, bloqué dans ses rigidités et ses avantages acquis. Un peu comme le régime économique soviétique s’est effondré de lui même, incapable de répondre au défit de la guerre technologique lancé par les États-Unis.

La liste des business étatiques qui vont disparaitre est longue. On pense à la météo ou la régulation du trafic automobile bientôt inutiles avec des applications comme Waze. L’éducation nationale, ce système soviétique qui coûte cher et produit une casse sociale vertigineuse, sera bientôt pour une large partie supplanté par les MOOC, ces cours en ligne souvent gratuits. La Poste deviendra rapidement inutile par la disparition totale du courrier (on va y venir rapidement) et par le foisonnement de solutions privées de livraison des colis.

Ironiquement, les dures grèves de la SNCF n’ont fait que renforcer Blablacar. Réaction absurde d’un système aux abois. Les différents lobbies vont évidemment se dresser contre l’innovation. Des reculs se produiront certainement mais ils seront limités, à moins d’accepter une lourde perte de compétitivité et un net recul social. Le peuple qui a goûté à la liberté ne se laissera pas faire.


Dans les années 80, les socialistes ont essayé de freiner les radios libres qu’ils avaient lancées. Les manifestations d’auditeurs les ont contraints à renoncer à la censure. On peut s’attendre à une évolution similaire. Rien n’arrête le progrès, ni l’histoire.

mercredi 16 juillet 2014

Billets-Loi anti-Amazon : une loi idiote vite contournée


Loi anti-Amazon : une loi idiote vite contournée

Ces derniers mois, les parlementaires français ont longuement débattu d’un projet de loi finalement adopté le 26 juin dernier. Entrée officiellement en vigueur jeudi dernier, le 10 juillet, elle est devenue en partie caduque le jour même. Petite histoire d’une loi idiote…

En France, on s’inquiète beaucoup des petites librairies et de la concurrence que leur livre Amazon, le site d’achat de livres en ligne. Amazon offre plus de titres, bien souvent à meilleur prix, et on reçoit notre commande chez soi. Pour n’importe qui ou presque, c’est très avantageux. Mais pas pour ceux qui vendent encore les livres comme au 20e siècle.

Pour protéger les petits libraires, quitte à nuire aux lecteurs en quête de culture, les politiciens français ont donc passé les six derniers mois à plancher sur une loi, surnommée la « loi anti-Amazon ». Cette loi interdit les rabais sur les livres qu’on se fait livrer chez soi et interdit surtout qu’on livre gratuitement.

Qu’est-ce qu’a fait Amazon vous croyez ? Ils ont supprimé leurs livraisons gratuites pour se conformer à la loi et facture désormais… un sou !

Entre vous et moi, la nouvelle loi n’aura pas vraiment pour effet d’aider les petites librairies. Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on y met beaucoup d’énergie que tout travail est utile. Les parlementaires français viennent de l’apprendre à la dure.


Source Institut économique de Montréal