samedi 30 novembre 2013

Billets-Entretien avec Pierre-Marc de Biasi


Entretien avec Pierre-Marc de Biasi

Comment Word a changé notre façon d'écrire.  
En novembre 1983, un logiciel nommé «Multi-Tool Word» sortait dans le magazine «PC World». Il est vite renommé Microsoft Word. Trente ans plus tard, très exactement, l’outil est devenu omniprésent. Il a révolutionné notre manière d’écrire, et donc notre littérature. Dans le cadre d’une enquête consacrée à cette «littérature.doc», nous avons interviewé Pierre-Marc de Biasi, médiologue et spécialiste des manuscrits.
  • Que vous inspire l’essor du traitement de texte ?
Pierre-Marc de Biasi : D’abord, il faut préciser qu’on est peut-être, technologiquement parlant, au milieu du gué. Les outils actuels, l’écran, le clavier, la souris, ressemblent encore beaucoup à une machine à écrire. Très probablement, l’écriture va aller vers une saisie directe à l’oral – une saisie du texte bien entendu, mais aussi de la mimique, du geste, de l’intonation. C’est étonnant de voir à quel point l’informatique est souvent un retour à quelque chose d’archaïque. Avec le perfectionnement des logiciels de saisie automatique, la machine fera office de scribe, d’esclave qui prend la dictée, tandis que le geste de l’auteur redeviendra oral. De même que la page informatique est un rouleau. On défile, on déroule, comme avant le IVème siècle. 
L’écriture est une technique. Donc il faut regarder les outils de très près. Ce n’est pas la même chose d’écrire avec une plume d’oie ou un crayon effaçable. Prenez la notion de fichiers. Braudel a bâti son œuvre à partir de fiches. Pareil pour Barthes : il existe un grand fichier Barthes encore inédit de 30.000 fiches, avec lesquelles il a travaillé toute sa vie, en les classant, en les combinant. Au contraire, les cahiers qu’utilisent Sartre ou Proust imposent une linéarité. La machine à écrire, apparue à la fin du XIXème siècle, a produit des effets considérables, notamment en popularisant la figure de l’écrivain baroudeur, l’écrivain-journaliste.
L’autre avancée de la machine, c’est que le feuillet devient une préfiguration de la page du livre. Pour un écrivain comme Flaubert, ce n’est qu’à la fin du trajet qu’il a quelque chose qui pourra ressembler au livre. Jusqu’à la machine, le monde de l’écrivain, ce n’est pas le livre, c’est la feuille raturée et le chaos. Avec le traitement de texte, ça va encore plus loin. On a pu dire que c’était une perversion de notre âge contemporain : le texte a toutes les apparences du texte, avant même d’être un texte. Ça a beau être mauvais, c’est bien justifié, c’est du beau Garamond.
  • Qu’est-ce que ça a changé dans la pratique de l’écriture ?
Pierre-Marc de Biasi : Par exemple, ce n’est pas la même chose d’avoir sous le nez des ratures ou pas. La page est toujours propre, ce qui modifie le comportement. Prenez un écrivain à l’ancienne, avec sa feuille de papier et son stylo. Avant d’écrire sa première phrase, il effectue une série de simulations mentales. Sinon, il commencera par une grosse rature, ce qui serait dommage. Sur traitement de texte, on se jette à l’eau. On peut toujours tout effacer. On commence une phrase sans savoir comment la terminer. C’est une écriture très différente.
Classiquement, on dit que l’écrivain réalise quatre opérations fondamentales : l’ajout, la suppression, le déplacement, la substitution. Evidemment, à partir de ça, il faut imaginer l’infinité des combinaisons possibles. Le traitement de texte amplifie considérablement la portée de ces opérations. On peut aussi remarquer que l’écrivain travaille sur un ordinateur connecté à Internet, qui le relie au monde. Avant l’informatique, son bureau était bien entendu jonché de livres, de journaux, d’images. Mais désormais, tout est rassemblé au même endroit, tout est également manipulable et le texte se réalise dans un continuum inédit.
  • Il y a deux ans, dans «le Monde», vous aviez lancé une alerte sur la disparition des brouillons, effet pervers inattendu de la révolution numérique.
Pierre-Marc de Biasi : Je dirige un gros laboratoire au CNRS, qui s’occupe des textes et des manuscrits modernes. Nous sommes spécialisés depuis 1982 dans l’étude des traces de la création. C’est une discipline où la France est leader. On cherche à théoriser les processus de création. Historiquement, c’est dans la seconde moitié du XVIIIème siècle que le rapport des écrivains aux brouillons a changé: ils les jetaient, et ils se sont mis à les garder, comme les traces du processus de création. C’est contemporain de mutations profondes: l’invention du droit d’auteur, de la propriété littéraire, du sujet, de l’originalité. Toutes choses qui vont mener à la Révolution, et introduire une culture nouvelle, où l’individu est au centre.
Depuis cette époque, on a une collection colossale de traces. On a mis un siècle à comprendre comment on allait étudier ça. Ce qui est frappant, c’est que ces travaux sur les archives ont commencé au moment même où est apparu l’instrument qui allait mettre fin à l’autographe: le Macintosh convivial, l’ordinateur personnel. C’est souvent comme ça dans les sciences. C’est après avoir tué le dernier Indien qu’on se dit : «Tiens, ça pourrait valoir le coup d’étudier leur culture.» Le geste même d’écrire est devenu numérique. C’est là que je me suis dit qu’il y avait une alerte à lancer aux journalistes, aux écrivains, aux graphistes, cinéastes, musiciens – tous ceux qui utilisent le numérique pour créer.
  • Le traitement de texte, est-ce la fin des brouillons ?
Pierre-Marc de Biasi : Les gens qui ne voient pas loin disent : « Eh bien maintenant que tout est numérique, il n’y a plus de brouillons et puis voilà.» Mais c’est justement le contraire. Le numérique devrait être l’âge d’or de la génétique des textes. Tous les gestes que vous effectuez sont enregistrés. Ils sont au cœur du disque dur, et on peut remonter l’enchaînement des procédures jusqu’à l’origine. Ces traces sont pour la première fois exhaustives, et horodatées à la nanoseconde près. Vous imaginez une page de Flaubert ? Ça nous prend des heures pour comprendre à quel moment il a fait sa rature. Là, tout est donné.
Autre élément important : ce qui pousse l’écrivain à écrire, c’est généralement un gros secret, quelque chose qu’il n’a pas envie de dire et que l’œuvre va être à la fois chargée de révéler et de dissimuler. Vous n’allez pas écrire : « J’ai envie de coucher avec ma mère », même si c’est ça qui vous tenaille. Ce qui est couché sur la page, c’est le résidu de ce processus de sublimation et de dissimulation. Or on se censure moins sur support numérique, puisqu’on croit pouvoir tout effacer. Le critique peut donc se retrouver avec à un matériau fascinant, en quelque sorte face au début du début.
Or un artiste ou un écrivain, qui travaille depuis 25 ans, vous lui demandez combien de fois il a changé d’ordinateur : cinq, six, dix fois. Ces ordinateurs, il ne les a pas gardés. Il les a foutus à la poubelle, avec leur disque dur. Par négligence, ce qui devrait être depuis 20 ans le brouillon de notre temps, est à la poubelle. Certains ont transféré leurs fichiers, mais ça ne concerne que la version finale. Depuis 20 ans, il y a un trou archivistique qui n’a aucun équivalent depuis le XVIIIème siècle. On crée un vide d’autant plus hallucinant qu’on pourrait tout conserver.
  • Vous travaillez déjà sur des brouillons numériques ?
Pierre-Marc de Biasi : On l’a fait expérimentalement. Mais non, pas véritablement. Pour plusieurs raisons. Les auteurs importants, fatalement un peu âgés, travaillent pour la plupart sur des supports mixtes, papier et informatique. Certains, parmi ceux qui ont engagé la conservation de leurs textes, ont donné leurs disques à l’Imec ou à la BnF. Guyotat en a légué. Mais pour désincarcérer l’information cryptée, il faut mettre en œuvre de gros moyens financiers et techniques.
Quand la police a affaire à un pédophile ou un évadé fiscal, l'informatique légale permet de tout retrouver sur un disque. On considère qu’il faut six procédures de destruction pour effacer réellement les fichiers, à tel point que le moyen le plus sûr est encore de détruire physiquement son disque dur au marteau. Accéder à ce genre de données, c’est ultra-cher. Il faut des heures, des machines, du personnel. Donc, pour votre disque dur, on ne va pas le faire. Parce que vous n’êtes pas Proust.
Du moins c’est ce qu’on pense. Mais qui sait si ce que vous écrivez ne sera pas considéré comme un moment important des années 2010. C’est ça, la difficulté. On peut faire ça avec Le Clézio, dont on peut penser qu’il sera considéré plus tard comme un grand écrivain. Mais il y en a d’autres qui ne sont pas du tout connus. Le Rabelais d’aujourd’hui, on ne sait pas encore qui c'est. Ce qui est sûr, c’est que personne n'aura pensé à débourser le moindre euro pour conserver et fouiller son disque dur.
  • Alors comment sauver ces brouillons numériques promis à la poubelle ?
Pierre-Marc de Biasi : Mon idée, c’était de créer un programme qui permettrait aux écrivains qui le souhaitent de conserver leurs propres écritures et brouillons en termes lisibles. Imaginons que vous êtes un romancier plongé dans l’écriture. A partir de votre texte, vous devez réaliser un travail d’indexation assez complexe. La machine pourrait le faire pour vous. Il suffit de lui donner les bonnes instructions. Ça ne présente aucune difficulté en termes de logique et d’informatique. Et un tel programme permettrait aussi au généticien de retrouver les différentes étapes du texte.
  • Ce programme a-t-il une chance d’exister ?
Pierre-Marc de Biasi : On a testé l’idée sur des petits échantillons il y a plusieurs années. Mais depuis 2011, je n’ai pas reçu un sou. Ni du ministère, ni  du CNRS. J’ai eu le projet de m’allier avec les Allemands. C’est sans doute ce qu’on va faire. Mais la question, au fond, n’est ni technique ni financière. Elle est morale et intellectuelle. On n’est jamais négligent par hasard. Si on n’a pas cet outil, c’est que les gens s’en foutent. Et ça c’est nouveau. L’intérêt que les gens portent aux traces de leur propre travail est en train de se perdre.
Au XVIIIème siècle, ce qui avait motivé l’intérêt pour les brouillons, c’était l’idée de révolution. On inversait le sens de l’histoire. Avant, le paradis, c’était le passé. Désormais, le paradis est devant, et notre tâche est de le construire. Donc on lègue aux vivants à venir les traces du chemin parcouru. Historiquement, on arrive dans un moment de pause de cette croyance. On communique dans l’espace, mais on ne transmet plus dans le temps. Ce qui compte, dans la nouvelle logique commerciale, c’est le flux tendu. Pas le stock. Or la mémoire, les disques durs, etc., c’est du stock. La postérité ne fait plus courir les gens. C’est même mal vu. Si un type disait : « Je n’écris pas pour maintenant, mais pour dans 1000 ans », on le trouverait prétentieux. Alors qu’on pourrait tout aussi bien considérer que c’est ça, l’honneur d'un écrivain.

Source nouvelobs.com 

vendredi 29 novembre 2013

Billets-Les bulles financières


L’économie mondiale sous la menace des bulles financières

Les politiques des banques centrales n’ont pas encore atteint leur cible en matière de croissance. Elles ont en revanche créé un nouveau risque de bulles lié à un trop-plein de liquidités. Comment en sortir sans casse ?

Alors que les taux de croissance restent désespérément bas et qu’un taux de chômage inacceptable continue à frapper les économies les plus avancées, leurs banques centrales ont accentué leurs politiques non conventionnelles avec notamment des taux d’intérêt voisins ou égaux à zéro, des politiques massives de rachats d’obligations souveraines ou, encore, le rachat d’actifs privés afin de baisser le coût du capital. Hélas, cet effort massif d’offre de liquidités n’a pas suscité la relance attendue du crédit pour financer la consommation des ménages ou l’investissement. Les banques ont, au contraire, conservé en partie le produit de cette augmentation de la base monétaire en accroissant de façon excessive leurs réserves inutilisées. Nous assistons donc à resserrement du crédit, car les banques dont le capital est insuffisant ne veulent pas prêter à des emprunteurs à risque, tandis que la faible croissance et le niveau d’endettement élevé des ménages ont aussi déprimé la demande de prêts.

Le résultat est que ce flot de liquidités inonde le secteur financier plutôt que l’économie réelle. La politique des taux d’intérêt proches de zéro encourage le « carry trade » – le financement par l’endettement de l’achat d’actifs à haut rendement et à haut risque tels que les obligations d’État ou les obligations privées à long terme, les actions, les matières premières et les devises de pays à taux d’intérêt élevé.

Nous sommes à nouveau face à des marchés financiers effervescents, susceptibles d’entraîner la formation de bulles.
La Bourse américaine et beaucoup d’autres ont rebondi de plus de 100 % depuis l’effondrement de 2009 ; l’émission d’obligations « pourries » à haut rendement est revenue au niveau de 2007 et les taux d’intérêt de ces obligations chutent. Par ailleurs, des taux d’intérêt faibles poussent à la hausse le prix de l’immobilier – ce qui pourrait entraîner la formation d’une bulle dans les pays avancés comme dans les pays émergents. On peut citer la Suisse, la Suède, la Norvège, l’Allemagne, la France, Hong Kong, Singapour, le Brésil, la Chine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada.
Sommes-nous confrontés maintenant au risque d’un nouveau cycle de formation et d’éclatement de bulles d’actifs ?

Certains responsables politiques – comme Janet Yellen, future patronne de la Réserve fédérale américaine – disent qu’il n’y a pas vraiment de quoi s’inquiéter. Ils estiment que les banques centrales peuvent maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas durant une assez longue période et ne les augmenter ensuite que progressivement pour stimuler la croissance. Elles peuvent par ailleurs peser sur le système financier pour contrôler le crédit et éviter la formation de bulles.

Mais certains critiques estiment que la mise en place éventuelle de mesures prudentielles – par exemple la fixation d’une limite au ratio prêt-valeur dans l’immobilier, une plus grande exigence en fonds propres pour les banques qui font des prêts à risque et des normes plus sévères en termes de garantie – ne réussira peut-être pas. Non seulement elles n’ont jamais été mises à l’épreuve, mais restreindre le crédit dans certaines parties du système financier déplacera en son sein les liquidités placées à taux zéro et essayer de restreindre entièrement le crédit pousserait les liquidités vers le réseau moins contrôlé des banques de l’ombre.

Certains experts estiment que seule une politique de taux d’intérêt élevés peut toucher l’ensemble du système monétaire et empêcher la formation de bulles d’actifs.
Si les dirigeants politiques s’engagent trop lentement à monter les taux d’intérêt pour encourager la reprise économique, ils risquent de provoquer la formation d’énormes bulles d’actifs qui vont finir par éclater en déclenchant une autre formidable crise financière et une glissade rapide vers la récession. Par contre, s’ils essaient de crever les bulles naissantes avec des taux d’intérêt élevés, ils casseront les marchés obligataires et tueront la reprise, suscitant d’importants dommages économiques et financiers.

Pour le moment, les responsables politiques des pays dont le marché du crédit, celui de l’immobilier et la Bourse sont en effervescence ont évité de relever les taux d’intérêt. Mais il est encore trop tôt pour savoir si les mesures macroprudentielles sur lesquelles ils comptent permettront d’assurer la stabilité financière. Si ce n’est pas le cas, ils devront choisir entre Charybde et Scylla : soit tuer la reprise pour éviter de dangereuses bulles, soit s’engager sur la voie de la croissance au risque d’alimenter une autre crise financière. Pour l’instant, avec le prix des actifs qui continue à monter, beaucoup de pays ont atteint la limite de ce qu’ils peuvent supporter.


Source LesEchos.fr

jeudi 28 novembre 2013

Infos santé-Vaccin HPV Gardasil


Vaccin HPV Gardasil

Gardasil, des effets indésirables neurologiques connus depuis 2009.
L'équipe du Dr Barnett de l’université de Sydney avait rapporté cinq cas survenus dans les 28 jours suivant l’administration du vaccin.

Un nouveau vaccin sur la sellette. Cette fois, c’est le Gardasil qui est mis en accusation. Ce vaccin est utilisé en prévention des cancers du col de l’utérus. La plainte déposée par l’avocat de la famille Bourguignon dont la fille Marie-Océane est atteinte d’une sclérose en plaques pose la question des risques possiblement associés à cette vaccination.
Des risques en fait connus depuis 2009, date à laquelle des neurologues australiens ont, les premiers, rapporté une possible association entre cette vaccination et la survenue d’une pathologie neurologique par atteinte de la myéline. Cet « épisode démyélinisant » atteint donc la myéline, cette sorte de gaine autour des fibres nerveuses. Lorsqu’il touche le cerveau, il peut être responsable d’une sclérose en plaques.
  • Un vaccin contre 4 souches d'un même virus
Le Gardasil est un vaccin quadrivalent, composé des particules pseudo-virales non infectieuses renfermant une protéine majeure de l’enveloppe des virus HPV (papillomavirus virus) de types 6, 11, 16 et 18. Autrement dit, un seul vaccin protège contre quatre souches différentes du même virus. Suite à son homologation en juin 2006 par les autorités sanitaires australiennes, plus de 2,2 millions de doses avaient été administrées lors d’une vaste campagne nationale de vaccination.
Le Dr Barnett et ses collègues du Brain and Mind Research Institute de l’université de Sydney avait rapporté cinq cas d’épisode démyélinisant, multifocal ou atypique, survenus dans les 28 jours suivant l’administration du vaccin HPV.

Rapportés dans la revue Multiple Sclerosis, ces cas cliniques post-vaccination avec atteinte des membres, du nerf optique, du tronc cérébral ou de la moelle épinière, étaient survenus chez des adolescentes âgées de 16 à 26 ans à la suite de la 2e ou 3e injection de Gardasil. Une récupération complète ou quasi-complète avait été observée chez toutes les patientes, soit spontanément, soit à la suite d’un traitement par corticoïdes par voie intraveineuse.
D’autres cas similaires post-vaccination ont été rapportés en 2009 et 2010 dans le monde (Allemagne, Espagne, Autriche, Etats-Unis), notamment des cas avec atteinte cérébrale avec atteintes multifocales de la substance blanche (encéphalopathie aiguë démyélinisante) après administration de ce même vaccin HPV quadrivalent, distribué par le laboratoire Merck dans le monde.
  • À l’origine des effets indésirables : une réaction de l’organisme trompé par un « mimétisme moléculaire » ?
Les effets indésirables pourraient s’expliquer par une similitude entre des motifs portés sur les protéines virales vaccinales et d’autres présents sur la protéine de myéline, qui compose la substance blanche du système nerveux central. C’est donc un phénomène de « mimétisme moléculaire » qui serait à l’origine de l’attaque de ce composant essentiel du système nerveux par le système immunitaire boosté par les protéines vaccinales d’origine virale. Il s’agirait donc dans ce cas d’une réaction d’auto-immunité, avec développement d’autoanticorps.
Récemment, des médecins et pédiatres californiens, en collaboration avec des épidémiologistes de la firme pharmaceutique Merck, ont rapporté la survenue de quelques rares cas documentés de début de sclérose en plaques (maladie démyélininisante) chez des patientes ayant reçu le vaccin HPV quadrivalent.
L’âge de début de cette affection neurologique centrale était en moyenne de 17 ans, avec des extrêmes se situant entre 15 et 26 ans. Sur 5 cas confirmés de sclérose en plaques, 4 avaient un fort degré de certitude diagnostique. Ces épisodes étaient survenus entre 14 et 92 jours après injection, en moyenne 73 jours après, dans trois cas après la première injection, dans un cas après la 2e, dans un autre cas après la 3e.
Les auteurs concluaient qu’il était impossible de conclure que cette « relation temporelle » puisse traduire de façon certaine une « plausibilité biologique », en d’autres termes d’être certain que la vaccination pouvait être tenue responsable de la survenue de cet accident neurologique. « Aucun signal sur la sécurité en termes d’auto-immunité » n’avait été retenue chez ces personnes vaccinées, pouvait-on lire dans l'article, publié en ligne en novembre 2011.


Source : sciencesetavenir.com

Infos santé-Cholestérol, nouvelles recommandations américaines


Cholestérol, nouvelles recommandations américaines

Ces nouvelles recommandations entérinent l'abandon de valeurs cibles en "bon" et "mauvais" cholestérol. Et préconisent un usage étendu des statines.
Les statines, qui abaissent le taux de LDL-cholestérol sanguin, devraient maintenant être prescrites à quelque 33 millions d’Américains sans maladie cardiovasculaire qui présentent un risque de 7, 5% ou plus de faire un accident cardiaque ou un AVC dans les 10 prochaines années.

Il aura fallu près de 10 ans pour que l'American College of Cardiology (AAC) et l'American Heart Association (AHA) éditent ces nouvelles recommandations ("guidelines"). Leur impact se fera probablement sentir au-delà de la seule communauté cardiologique américaine : quelles seront leur répercussion en France et en Europe ?

Jusqu'à présent, l'objectif d'un traitement était d’atteindre un taux souhaité ou idéal de "bon" cholestérol (comme on appelle improprement le HDL-cholestérol) et de "mauvais" cholestérol (LDL-cholestérol; les recommandations européennes de 2012 préconisent ainsi un taux de LDL-cholestérol inférieur à 0,7g par litre ou sa réduction d’au moins 50% si le risque cardiovasculaire est très élevé). Ces objectifs chiffrés sont désormais abandonnés. «  Nous n’avons pas pu établir de preuve solides concernant les valeurs cibles » commente notamment l'un des experts américains.
Il était jusqu'à présent recommandé de débuter un traitement par statine lorsque le risque de faire un accident cardiaque ou un AVC dans les 10 ans à venir était estimé à 20%. Le seuil est désormais abaissé à 7,5%. 

Voici les principales modifications des nouvelles "guidelines" conjointes de l'American College of Cardiology et de l'American Heart Association :
  • Abandon de valeurs cibles du taux de LDL-cholestérol et HDL-cholestérol à atteindre sous traitement.
  • Ajout au classique calcul du risque de développer un accident cardiovasculaire celui de la mesure de faire un accident vasculaire cérébral (AVC).
  • Montée en puissance du régime méditérannéen.
  • Modification des valeurs seuils de l’indice de masse corporelle (IMC) à partir desquelles débuter un traitement dans l’obésité.
Ces recommandations concernent le cholestérol, l’obésité, l’évaluation du risque et le mode vie.

  • Prescrire plus largement les statines
Les statines, qui abaissent le taux de LDL-cholestérol sanguin, devraient maintenant être prescrites à quelque 33 millions d’Américains sans maladie cardiovasculaire qui présentent un risque de 7,5 % ou plus de faire un accident cardiaque ou un AVC dans les 10 prochaines années. Il s’agit là d’un changement important car il était auparavant recommandé de débuter un traitement par statine lorsque le risque à 10 ans était estimé à 20%.
Oubliées aussi les recommandations qui demandaient aux médecins d’avoir pour objectif de faire diminuer les taux de LDL-cholestérol à moins de 1g/L et même dans l’idéal à 0,7 g/L.
Selon les rédacteurs des nouvelles recommandations, il n’y a simplement aucune preuve sur la base des essais qu’un traitement anti-cholestérol doive parvenir à une certaine valeur cible de cholestérol sanguin pour être efficace. En d’autres termes, il n'est pas démontré qu'une diminution du risque soit effective si le HDL-cholestérol atteint 0,7 ou 0,9 g/L sous traitement.
« Nous avons délibéré pendant des années et n’avons pu réussi à établir de preuve solides concernant les valeurs cibles », indique le Dr Neil Stone de la Northwestern University (Chicago). Ce que confirme le Dr Nissen de la Cleveland Clinic (Ohio), estimant au sujet des anciennes recommandations que  : « ce n’était pas de la science. Les anciens comités les ont établi à partir de rien ».
Résultat : les recommandations 2013 conjointes ACC/AHA, publiées à la fois dans le Journal of the American College of Cardiology et Circulation, ne préconisent aucun objectif chiffré quant au taux de LDL-cholestérol ou d’autres paramètres tant en termes de prévention primaire (chez les sujets indemnes d’accident cardiovasculaire, comme souffrant déjà de maladie cardiovasculaire). Les recommandations n’ont donc pas validé l’adage selon lequel « plus le taux de LDL-cholestérol est bas, mieux c’est » (« the lower, the better »).

  • Evaluer le risque d’infarctus, mais aussi celui d’AVC
Par ailleurs, jusqu’à présent, les recommandations ne considéraient que le risque d’accident cardiovasculaire et non celui d’accident vasculaire cérébral. Les patients peuvent calculer leur risque sur 10 ans de faire une attaque cardiaque ou cérébrale en utilisant des équations de risque.
Populations à risque. Celles-ci prennent en compte l’appartenance ethnique, le sexe, l’âge, le taux de cholestérol total, du HDL-cholestérol, la pression artérielle, l’utilisation des médicaments anti-hypertenseurs, l’existence d’un diabète ou d’un tabagisme. Sont potentiellement concernées les femmes blanches de plus de 60 ans qui sont fumeuses et ont une hypertension artérielle ou bien les hommes noirs âgés de plus de 50 ans hypertendus. C’est la première fois qu’il est possible de calculer le risque cardiovasculaire (infarctus et AVC) pour les sujets afro-américains, dont le risque est plus élevé que chez les sujets caucasiens.
Par ailleurs, une équation est disponible pour évaluer le risque au cours de la vie de développer un accident cardio ou neurovasculaire, à partir de l’âge de 20 ans.
Au total, les recommandations américaines intègrent donc l’impact cumulé au cours de la vie de l’ensemble des facteurs de risque pour un individu donné. En d’autres termes, il s’agit donc, selon l’âge de l’individu, de déterminer le niveau de risque que lui ont conféré tout au long des années l’effet synergique de multiples facteurs de risque (taux de cholestérol, pression artérielle, diabète, tabagisme, etc.). Ceci représente une importante évolution conceptuelle dans la prise en charge globale des patients à risque cardiovasculaire.

  • Traitement par statine : quatre populations de patients
« Certes, les statines réduident le taux de cholestérol, mais en fait elles ciblent le risque cardiovasculaire global », souligne le Dr Lloyd-Jones de la faculté de médecine Feinberg de la Northwestern University à Chicago.
Les nouvelles recommandations préconisent un traitement par statine dans les quatre catégories suivantes :
  • Patients sans maladie cardiovasculaire ou diabète, âgés de 40 à 75 ans, qui présentent un risque d’au moins 7,5% de faire une attaque cardiaque ou un AVC dans les dix prochaines années.
  • Patients qui ont déjà fait un infarctus du myocarde, un AVC ou souffrant d’une angine de poitrine instable, d’une maladie artérielle périphérique, un accident vasculaire transitoire (symptômes spontanément résolutifs du fait d’une réduction soudaine de l’apport de sang au cerveau), une intervention chirurgicale pour rétablir la circulation coronaire ou d’une autre artère périphérique (au niveau des membres inférieurs par exemple).
  • Sujets de 21 ans et plus avec un taux très élevé de LDL-cholestérol ("mauvais" cholestérol), égal ou supérieur à 1,9 g/L, comme ceux avec une hypercholestérolémie familiale
  • Individus avec un diabète de 1 ou de type 2 âgés de 40 et 75 ans (avec un taux de LDL-cholestérol compris entre 0,7 et 1,89 g/L, sans signe de maladie cardiovasculaire).
Chez les patients présentant une maladie cardiovasculaire imputable à l’athérosclérose, une statine devrait être utilisée pour atteindre une réduction de la concentration en LDL-cholestérol d’au moins 50%, sauf contre-indications ou survenue d’effets secondaires. Dans ce cas, les médecins devraient avoir recours à un traitement plus léger en statine. De même, chez les patients dont les taux de HDL-cholestérol (HDL-C) dépasse 1,9 g/L, une statine à posologie élevée est recommandée pour abaisser de moitié les concentrations de HDL-C.
Chez les patients diabétiques, il est recommandé de prescrire une statine qui diminue le taux de LDL-cholestérol de 30 à 49% et d’utiliser un traitement à posologie plus élevée lorsque le patient coure un risque de plus de 7,5% de développer une maladie cardiovasculaire dans les dix ans.
L'obésité traitée comme une maladie. C'est ce qui ressort des nouvelles "guidelines", qui précisent que tout américain devait chaque année savoir où en est son IMC, qui est un indicateur d’une possible obésité basée sur le poids et la taille. Les personnes avec un IMC égal ou supérieur à 30 sont considérées comme obèses et doivent être traitées (78 millions d’individus aux États-Unis). Les recommandations soulignent enfin l’importance d’une hygiène alimentaire et de l’exercice physique. Elles insistent notamment sur le fait que la consommation de viande rouge et d’aliments et de boissons sucrées devrait être limitée, et que celle de fruits, de légumes, de céréales complètes, de produits à faible teneur lipidique, de noix, de volaille et de poissons devrait en revanche être encouragée. La consommation de sel devrait également être limitée.


Source : sciencesetavenir.com

mardi 26 novembre 2013

Infos santé-Effets secondaires du Gardasil


Effets secondaires du Gardasil

Effets secondaires du Gardasil : prouver une causalité est quasiment impossible
Quelques petites informations pendant la nouvelle tempête médiatique sur le vaccin Gardasil des laboratoires MSD et Sanofi.
Les faits d’abord :
Gardasil est un vaccin conseillé, pas obligatoire.
Il protège contre 4 genotypes du virus HPV qui sont impliqués dans 70 % des cas de cancers du col de l’utérus pas 100 %. Donc les frottis de dépistage doivent absolument être faits régulièrement même si on est vaccinée. Outre les gynécologues, médecins de famille et sages-femmes peuvent faire ces frottis.
Les données concernant la sécurité du vaccin sont suivies par le Centre de Pharmacovigilance du CHU de Bordeaux. Plus de 4 millions de jeunes filles vaccinées en France, plusieurs dizaines de millions dans le monde et à ce jour apparemment aucun cas de sclérose en plaques n’a été relié au vaccin.
Pour autant un vaccin comme toute substance introduite dans l’organisme, médicament mais aussi bactérie ou virus peut entrainer un désordre dans nos défenses naturelles surtout s’il existe une sorte de prédisposition génétique. Ce sont des phénomènes rares mais qui apparaissent évidemment quand on atteint des chiffres de plusieurs millions de personnes vaccinées.
Le mieux donc c’est de discuter avec son médecin de famille qui connait les éventuels problèmes de santé des uns et des autres. C’est à partir de l’information qu’il délivrera que le choix de vacciner ou pas doit se faire calmement et bien à l’abri des effets de manche qu’on fait avec des robes noires.

On trouvera ici le bulletin du CDC américain qui reprend 7 ans de surveillance du Gardasil



Source docteurjd.com (blog santé de jd flaysakier)

lundi 25 novembre 2013

Billets-Un nouveau dinosaure


Un nouveau dinosaure

Le Siats, un nouveau dino presque aussi gros que le T-Rex
Des chercheurs américains ont découvert le fossile d'un dinosaure carnivore géant inconnu. Il appartient à la famille des carcharodontosaures et aurait empêché les tyrannosaures de se développer durant son règne

Le fossile du Siats meekerorum a été découvert aux Etats-Unis. Durant son règne, il a empêché les tyrannosaures de se développer.
Les fana de dinosaures vont être heureux. Une nouvelle espèce a été identifiée aux Etats-Unis. Le "Siats meekerorum" -référence au monstre mangeur d'hommes d'une légende indienne- est un dinosaure carnivore ayant vécu au Crétacé supérieur. Il est parmi les trois plus grands découverts en Amérique du nord. 
"Siats meekerorum" est le second dinosaure de la famille des carcharodontosaures, des carnivores gigantesques. Le premier, Acrocanthosaurus atokensis, avait été découvert en 1950. 

  • Un dino gigantesque
Le fossile de Siats décrit appartenait à un individu de plus de 9 mètres, pesant au moins 4 tonnes. En dépit de ce gigantisme, les os sont ceux d'un jeune animal. Ils estiment qu'un animal adulte pouvait atteindre la taille d'Acrocanthosaurus. Les deux espèces rivalisent pour la place du deuxième plus grand dinosaure carnivore d'Amérique du Nord, derrière le féroce Tyrannosaure rex, qui pouvait avoisiner les 7 tonnes. 
Selon les chercheurs, au Crétacé supérieur (il y a entre 100 millions et 66 millions d'années), Siats semait ta terreur sur un territoire correspondant aujourd'hui à l'Etat de l'Utah. A l'époque où régnait Siats, le paysage était verdoyant, peuplé de dinosaures herbivores, tortues, crocodiles et d'autres prédateurs comme les premiers tyrannosaures. 

  • Siats contre tyrannosaures
"Les carcharodontosaures ont régné plus longtemps en Amérique du Nord que nous ne l'attendions", a souligné Lindsay Zanno du Muséum de Sciences naturelles de Caroline du Nord. En fait, Siats comble une lacune de plus de 30 millions d'années dans le registre fossile, période qui a vu le rôle de prédateur principal passer des carcharodontosaures au Crétacé inférieur aux tyrannosaures à la fin du Crétacé. 
Siats aurait ainsi empêché les petits tyrannosaures de s'établir au sommet de la chaîne alimentaire. Ce n'est qu'après leur disparition que les tyrannosaures ont pu évoluer en énormes prédateurs. 


Source lexpress.fr

Recettes Desserts-Moelleux à la crème de marrons


Moelleux à la crème de marrons

Préparation : 15 mn
Cuisson : 40 mn
Pour 4 personnes
2 œufs
100 g de sucre
100 g de farine
100 g de beurre
200 g de crème de marrons
1 cuillerée à soupe de levure chimique
2 cuillerées à soupe de rhum
1 pincée de sel
1. Préchauffez le four à 150 °C (th. 5).
2. Mettez les œufs dans un saladier avec le sucre et 1 pincée de sel. Mélangez le tout.
3. Puis ajoutez la farine, la levure, le beurre ramolli, la crème de marrons et le rhum. Mélangez bien.
4. Mettez dans un moule à gâteau, préalablement beurré et fariné, enfournez pendant 40 minutes.

Conseil
Vous pouvez choisir une crème de marrons avec des brisures de marrons glacés, et remplacer la farine par de la farine de châtaignes.

dimanche 24 novembre 2013

Billets-Entretien avec Emmanuel Todd


Entretien avec Emmanuel Todd

"Les bonnets rouges, une chance pour la France"
L'anthropologue et historien, coauteur du "Mystère français", revient sur la révolte bretonne. Une action à ses yeux pleine de promesses quant aux capacités de résistance du pays.

  • Marianne : Il y a un an avec Hervé Le Bras vous avez publié «le Mystère français», une analyse approfondie de la situation de la France. Ce travail soulignait les particularités de la Bretagne. A ce moment-là, pouvait-on imaginer que cette dernière se révolterait ?
Emmanuel Todd : Dans notre livre, la Bretagne est très présente pour des raisons rationnelles et irrationnelles. Elle occupe incontestablement une place particulière en France. Ses systèmes familiaux sont très divers, ses performances scolaires sont étonnantes. C'est désormais la région la plus à gauche, un bastion du Parti socialiste, le PS y ayant migré de ses terres du Nord et du Sud. Du côté sentimental, à des degrés divers, Hervé Le Bras et moi-même avons des origines bretonnes et passons beaucoup de temps là-bas.

La Bretagne offre un exemple extrême mais caractéristique de basculement dans la révolte d'une région que les commentateurs percevaient comme prospère, de gauche, européiste et stable. Notre livre a été trop rapidement analysé comme une radiographie de la France qui va bien, en opposition à celle qui va mal. Les régions qui allaient bien, selon cette lecture, étaient les anciens bastions catholiques, ou de «catholicisme zombie». La pratique religieuse catholique, forte jusque vers 1960, y a tardivement disparu mais a laissé subsister une forte aptitude à la coopération - des communes, des groupes professionnels, par exemple -, bref une forte intégration locale. Le reflux récent de la religion y a surtout libéré un dynamisme spécifique. Depuis la réforme protestante, et encore plus depuis la Révolution de 1789, le catholicisme était arc-bouté contre la modernité. Sa disparition a libéré une énergie positive. Aujourd'hui, les régions «catholiques zombies» ont de meilleurs résultats éducatifs, des taux de chômage plus faibles, une meilleure résistance à la crise économique. Mais ce que le Mystère français suggérait, c'est seulement que les régions catholiques zombies allaient moins mal que les régions de vieille laïcité, pas qu'elles allaient bien. La crise touche tout le monde, le vide du pouvoir est visible partout.

  • Mais la révolte ?
Emmanuel Todd : Nous y arrivons. Cette région lancée sur les rails de l'européisme est aujourd'hui touchée de plein fouet par la logique européenne du jeu sur le coût du travail, sous contrainte de l'euro. Et nous constatons que son dynamisme culturel donne à cette région la force de la révolte. Les historiens savent bien que les révolutions sortent du progrès, pas de la régression. La tradition d'entraide et de solidarité héritée du catholicisme contribue à l'efficacité de la protestation. A cela vient s'ajouter un autre élément de cohésion : la Bretagne est une région où l'immigration ne compte pas. Il suffit de feuilleter l'annuaire du Finistère pour s'apercevoir que les noms y sont massivement bretons. Ces milieux populaires ne sont pas divisés par l'immigration. Cette société politique n'est pas désorganisée par le Front national, insignifiant régionalement. Ce que montre paradoxalement la révolte bretonne, c'est à quel point le FN, parce qu'il divise les Français, est une aide au système, fait partie du système. Quand le FN n'existe pas, la société a la cohésion nécessaire à la révolte.

  • On peut donc conclure que, parce que la Bretagne est «à la pointe de la modernité», elle est à la pointe de la révolte ?
Emmanuel Todd : Oui, c'est assez bien résumé, mais attention, il faut se méfier de toute caricature. La Bretagne est aussi une France en miniature. C'est une région très diverse. La partie du Finistère la plus concernée n'est pas n'importe quelle Bretagne. C'est une région catholique certes, mais où ont toujours existé des poches de gauche importantes.



  • Dont des poches communistes...
Emmanuel Todd : Oui, une poche de communisme rural, centrée sur la partie ouest des Côtes-d'Armor mais qui atteignait l'intérieur du Finistère autour de Carhaix. Et, faut-il le rappeler, le PC a une tradition plus nationale centraliste que le PS régionalisant. Le pays bigouden, au sud-ouest de Quimper, a un fond républicain. Et tout cela ne date pas d'hier : dans son Tableau politique de la France de l'Ouest sous la IIIe République (1913), André Siegfried soulignait le potentiel républicain de la Bretagne. Il montrait que le département du Finistère était, par la présence de la marine nationale à Brest, directement relié à Paris. L'interprétation de la révolte en termes d'autonomisme breton, malgré l'omniprésence du gwenn ha du, le drapeau blanc et noir breton, est absurde. La réalité profonde du mouvement n'est pas dans Christian Troadec, maire bretonnant de Carhaix, mais dans le fond rouge de sa région qui ne relève effectivement pas d'un type socialiste banal. L'identité bretonne combine, sans contradiction, fidélité à la Bretagne et loyauté envers la France.

  • On reproche aussi à cette révolte de ne pas être très cohérente...
Emmanuel Todd : C'est incontestable, les revendications sont floues. Mais comment cette révolte pourrait-elle être cohérente puisque l'idéologie au pouvoir elle-même n'est plus cohérente, en cette période crépusculaire d'échec de l'euro, dans une province qui croit à l'Europe ? De toute façon, une révolution n'est jamais cohérente dès le départ. Toutes les oppositions s'expriment et les forces dominantes n'apparaissent que par étapes. Je propose un début de clarification conceptuelle : on pourrait dire que la Bretagne des producteurs, ouvriers et patrons, affronte le Paris des prédateurs, les banques et l'Etat, banques et Etat étant désormais contrôlés par les mêmes inspecteurs des finances.

  • Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui attendaient plutôt une révolte des banlieues ?
Emmanuel Todd : Je répondrai qu'il y a déjà eu une révolte des banlieues, en 2005, qui relevait d'une même logique : l'abandon de régions entières par les élites et les groupes nationalement dominants. La révolte des banlieues a d'ailleurs aussi démarré, autour de Paris, dans une région où le Front national ne compte plus, cette fois-ci parce qu'il y avait déjà eu tant d'immigrés que la question de l'immigration était dépassée. Ça se confirme : la faiblesse du FN permet la révolte. Le FN sert le statu quo : Marine Le Pen et l'UMPS, même combat.

  • Comment expliquer la phrase de Mélenchon : «A Quimper, les esclaves manifesteront pour les droits de leurs maîtres» ?
Emmanuel Todd : Mélenchon s'est démasqué. Il montre son appartenance aux élites parisiennes et son mépris du peuple. Certes, la stupéfaction est la même partout, spécialement à gauche. La CFDT nationale a développé un hallucinant discours antipatrons bretons, assez amusant quand on se souvient de la façon dont la CFDT a aidé Hollande et le patronat à rendre plus «flexible» le marché du travail. Mais au moins peut-on voir dans l'hostilité de la CFDT à la révolte sociale une trace du catholicisme de la CFTC, avec son respect de l'autorité, sa préférence pour la collaboration des classes. «Merci, notre maître»...

Le cas Mélenchon, lui, ne correspond à rien de connu. Cet homme se gargarise du mot «révolution» mais traite des révoltés porteurs de bonnets rouges d'«esclaves», il est insensible à la symbolique du rouge et du bonnet dans un contexte français et non seulement breton. Il semble d'ailleurs dépourvu d'une culture révolutionnaire minimale : les révolutions naissent toujours dans l'ambiguïté. La Révolution française a commencé par une révolte des parlements au nom d'une idéologie qui n'avait rien de progressiste. Quant à son discours anticlérical, c'est l'élément stable de sa doctrine, puisqu'il rejette aussi la révolte tibétaine au nom de l'anticléricalisme... Loin d'être un révolutionnaire, Mélenchon est un petit-bourgeois radical-socialiste qui n'aime pas le désordre. Avec lui, la gauche de la gauche est vraiment mal barrée.

  • Le groupe Les Economistes atterrés ont aussi condamné cette révolte «archaïque» qui «refuse les contrôles et les taxes»...
Emmanuel Todd : La condamnation est ici différente : ils refusent le rejet de l'impôt. Ils ont raison de se méfier. Durant les trente dernières années, le rejet de la fiscalité a été une revendication constante de la droite ultralibérale, c'est aujourd'hui celle du Tea Party américain, la droite extrême du Parti républicain. Il faut bien sûr sauver la protection sociale et donc son financement par l'impôt. Reste que bien des révolutions commencent par une crise fiscale et un rejet de l'impôt injuste. En 1789, l'exemption fiscale de la noblesse et du clergé a mené à la banqueroute et à la convocation des états généraux. On connaît la suite. La révolution anglaise a commencé parce que Charles Ier a dû convoquer le Parlement pour obtenir les impôts nécessaires à la répression d'une révolte écossaise. Tiens, l'Ecosse, avant la Bretagne, un véritable festival interceltique...

Mais nous entrons dans une période nouvelle. Il faut voir à quoi servent les prélèvements obligatoires. Au financement de l'Etat social et des nécessaires biens communs, bien sûr. Mais l'impôt, de plus en plus, permet aussi de servir les intérêts d'une dette publique qui n'est plus légitime. Le prélèvement fiscal sert désormais aussi à donner de l'argent à des gens qui en ont déjà trop. Nous sommes confrontés à une ambivalence de l'impôt, à une ambivalence de l'Etat, serviteur à la fois de l'intérêt collectif et d'intérêts privés, d'intérêts de classe, diraient les marxistes. Il faut clarifier la situation, nous ne couperons pas à un débat sur la légitimité de l'impôt.

Deuxième problème de légitimité de l'impôt, l'Europe. Dans un cadre strictement national, le vote du budget par les députés légitime l'impôt, sans discussion possible. Mais le transfert à Francfort du pouvoir de création monétaire dépossède en pratique les députés de leur contrôle du budget. Les instances bruxelloises, aujourd'hui sous contrôle idéologique allemand, exigent un contrôle de ce budget. L'impôt est de ce fait déligitimé au sens où la théorie de la démocratie représentative conçoit la légitimité. Il y a là un vaste champ de réflexion pour la philosophie politique. Mais, honnêtement, le bon sens immédiat nous permet de voir que cette écotaxe, dont le prélèvement doit être assuré par le secteur privé après une négociation douteuse, n'a rien à voir avec l'impôt légitime et noble de l'Etat social.

  • Quelles sont les évolutions possibles de cette révolte ?
Emmanuel Todd : Après la révolte des banlieues, la révolte bretonne marque une étape dans la dislocation du système social et politique français. Il me semble que nous avons franchi un seuil parce que la capacité des classes dirigeantes françaises à protéger leur peuple n'est plus du tout évidente. C'est l'effet de la crise qui dure depuis 2008 et de la montée en puissance de l'Allemagne à l'intérieur du système européen. Dans les déclenchements révolutionnaires, il y a souvent, avec l'impôt, la question nationale, dimension révélée en creux par la présence du drapeau breton. Une classe dirigeante est en danger si elle apparaît internationalement ridicule. La Grande Jacquerie trouve son origine dans l'incapacité des chevaliers français à faire face aux archers anglais, la révolution russe ne peut s'expliquer sans la défaite face aux armées allemandes.

Nous ne sommes pas loin de cette situation en France. Nous vivons une déroute industrielle et nos dirigeants n'en finissent pas de se ridiculiser sur la scène internationale. Moscovici accepte sur Chypre un accord qu'il ne comprend pas, Fabius tente de nous entraîner dans une guerre syrienne pour finir éjecté par les Russes de la négociation. Quant à Hollande, il semble moins président de la République française que vice-chancelier du système allemand. Aucun pouvoir ne peut survivre dans la durée à l'appauvrissement économique et à l'humiliation nationale. Les commentateurs français ont du mal à comprendre pourquoi Angela Merkel est si populaire dans une population allemande qui ne profite pas des succès allemands à l'exportation. Tout simplement parce que l'Allemagne vit le contraire d'une humiliation nationale : la gratification nationale d'être redevenue dominante en Europe et de voir les autres obéir.

  • Mais la Bretagne là-dedans ?
Emmanuel Todd : La révolte bretonne est une chance pour la France... Une révolte dans la grande région socialiste et européiste, au cœur du conformisme qui paralyse la France ! Le véritable enjeu maintenant est idéologique. Si les Bretons s'aperçoivent que l'Europe est leur problème, que leurs vrais concurrents sont les Roumains et les Allemands qui importent ceux-là à 5 € l'heure, le système idéologique explose, et là, tout est ouvert... Les classes dirigeantes françaises ne peuvent plus défendre l'euro, il est liquidé et la France, toutes énergies libérées, revient dans l'histoire.



Source marianne.net

Recettes Fromages-Feuilleté au roquefort


Feuilleté au roquefort

Préparation : 20 mn
Cuisson : 35 mn
Pour 6 personnes
500 g de pâte feuilletée
200 g de roquefort
150 g de fromage frais
8 cl de crème fraîche
2 cuillerées à soupe de ciboulette hachée
2 cuillerées à soupe de cerfeuil ciselé
3 œufs
Poivre
1. Partagez la pâte feuilletée en deux moitiés. Abaissez l’une de ces moitiés sur une épaisseur de 3 mm. Garnissez-en une tourtière de 24 cm de diamètre et piquez le fond à la fourchette.
2. Emiettez le roquefort dans une jatte et ajoutez le fromage frais et la crème. Mélangez bien. Ajoutez les fines herbes puis les œufs un à un. Poivrez mais ne salez pas.
3. Versez cette préparation sur le fond de pâte, puis recouvrez avec la seconde moitié de pâte feuilletée qui aura été façonnée en couvercle. Soudez les bords en les pinçant, puis mettez au four, préchauffé à 220 °C (th. 7-8), pendant une bonne vingtaine de minutes.
4. Recouvrez le feuilleté d’une feuille d’aluminium et laissez la cuisson se poursuivre pendant une quinzaine de minutes encore. Servez bien chaud, en parts triangulaires, accompagné d’une salade verte.

Le goût fin et puissant du roquefort, si caractéristique, a inspiré de très nombreux cuisiniers qui utilisent ce fromage pour confectionner des sauces, des canapés, des salades composées ou des soufflés.

samedi 23 novembre 2013

Billets-Usage thérapeutique du cannabis


Usage thérapeutique du cannabis

Le tribunal correctionnel d’Avignon vient d'autoriser un malade à fumer du cannabis pour soulager ses douleurs. C'est une première en France.
  
Marc est atteint depuis 15 ans de la maladie de Horton. Cette maladie inflammatoire des vaisseaux sanguins, se manifeste notamment par des crises de douleurs (céphalées, mastication douloureuse). Jusqu’alors hors la loi, il fumait du cannabis pour soulager ces symptômes. Depuis ce 18 novembre, Marc peut fumer en toute sérénité : le tribunal correctionnel d’Avignon (Vaucluse) l’y autorise très officiellement. Cette décision « va compter » selon lui. Il confie à La Provence : « C’est génial, je l’espérais mais je ne m’y attendais pas. »

En effet, les décisions de justice concernant l'usage du cannabis thérapeutique varient d'un tribunal à l'autre. Et le débat fait rage depuis plusieurs années. Cette décision vient remuer les braises encore chaudes du dernier cas, en juillet 2013. La cour d’appel de Besançon (Doubs) avait alors condamné Dominique Loumachi à 50 euros d’amende avec sursis. Ce myopathe de 40 ans s’était dit « écœuré » de cette décision : « Je ne suis pas un toxicomane, ni un dealer, je suis condamné par la maladie et j’ai juste envie de vivre, » avait-il lâché à la sortie de l’audience.


Le gouvernement semblait pourtant indiquer la voie à suivre. Depuis juin, un décret autorise la mise sur le marché de médicaments contenant du cannabis et ses dérivés. Sprays, gélules, infusions… ces formes de cannabis thérapeutique pourront désormais être délivrées en pharmacie, sur ordonnance. Seuls les patients souffrant de maladies graves et douloureuses, comme la sclérose en plaque, les cancers ou encore le Sida, pourront en bénéficier. Le Sativex, spray buccal à base de cannabis, devrait d’ailleurs recevoir une autorisation par l’Agence de sécurité du médicament (ANSM) d’ici la fin de l’année. D'ici là, les malades doivent patienter avec les solutions disponibles.

Mais ce décret n’autorise pas la culture du cannabis… pas plus que sa consommation fumée. C’est ce qui explique cette incertitude des tribunaux, qui oscillent entre la clémence, la tolérance et la sévérité. En attendant l’arrivée de produits thérapeutiques à base de cannabis, la justice traitera au cas par cas. A Avignon, le parquet a fait appel.


Source nouvelobs.com

vendredi 22 novembre 2013

Billets-Kennedy, un président tombé de son piédestal


Kennedy, un président tombé de son piédestal

Cinquante ans après la mort de JFK à Dallas, sa place dans l'histoire américaine a été revue à la baisse. Désormais, les manuels destinés aux lycéens mettent beaucoup plus en avant les ratés de sa présidence.

Le Président Kennedy présenté aux élèves d'aujourd'hui n'a pas grand chose à voir avec celui de leurs grands-parents. Dans un manuel de lycée édité sous la direction de John M. Blum en 1968, Kennedy est dépeint comme un héros tragique, fauché par le destin alors qu'il œuvrait à la transformation de la société et qui, en à peine 1 000 jours de mandat, avait su "raviver l'idée d'une Amérique jeune, aventureuse et progressiste, envisageant l'avenir avec confiance et espoir".

Au milieu des années 80, l'enthousiasme était retombé et Kennedy n'avait plus la même stature. Dans un manuel de 1987 sous la direction de James A. Henretta, les auteurs condamnent la "mythification" de la présidence Kennedy et rappellent que les espoirs soulevés par le candidat ne se sont soldés que par "de maigres avancées législatives".

Pour les étudiants américains, la première leçon approfondie sur le 35ème Président (et souvent la dernière) vient des manuels de lycée. Et à la veille de l'anniversaire de son assassinat il y a 50 ans, une relecture de la vingtaine de manuels écrits depuis sa mort révèle un portrait de moins en moins élogieux au fil des ans.

  • Manque de vigueur
On passe ainsi d'un jeune président charismatique ayant inspiré les jeunes du monde entier à un chef d'Etat profondément imparfait, dont les talents oratoires ont largement dépassé les réalisations. L'attention accordée à la crise des missiles à Cuba a diminué, ainsi que le respect qu'on lui vouait pour avoir évité la guerre. Les échecs du président au Congrès et l'engagement croissant dans le conflit du Vietnam sont davantage mis en avant. Le glamour de l'ère Kennedy a cédé la place à la réalité.

"La véritable stature d'homme d'Etat de Kennedy s'est révélée" lors de la crise des missiles cubains, peut-on lire dans un manuel de 1975 rédigé par Clarence Ver Steeg et Richard Hofstadter, A People and a Nation ["Un peuple et une nation", non traduit]. Sur la question des droits civiques, écrivent ces auteurs, "son administration n'avait pas reçu le soutien du Congrès". Pourtant, ajoutent-ils, "la ségrégation a disparu en grande partie des bus, des hôtels, des motels et des restaurants" sous sa présidence. Ce qui est faux : ces changements ont eu lieu pour la plupart après la ratification de la loi sur les droits civiques par son successeur, Lyndon B. Johnson, en 1964.

Dans un ouvrage du même titre paru en 1982 et encore très utilisé aujourd'hui, Mary Beth Norton et ses collègues adoptent une approche complètement différente. Kennedy "a mené le combat pour les droits civiques avec un évident manque de vigueur", écrivent-ils. Ils le jugent également responsable de la crise des missiles, expliquant que la crainte cubano-soviétique d'une invasion avait été nourrie par le débarquement de la Baie des Cochons en 1961 et par d'autres opérations agressives des Etats-Unis contre Cuba.

  • Sa cote a dégringolé
Diverses raisons expliquent ce changement de regard. Quand la génération du Vietnam s'est retrouvée aux commandes des manuels scolaires, l'implication de Kennedy dans la guerre a commencé à être davantage mise en avant. L'ouverture des archives audios de la Maison Blanche, qui a débuté en 1984, a révélé un politicien froid et calculateur, et non le président idéaliste et l'ardent défenseur des droits civiques que les Américains se représentaient.

Enfin, les années 80 ont marqué un tournant dans les manuels d'histoire. L'ancienne approche consistait à mettre en avant les réussites de l'histoire américaine, explique Gilbert Sewall, directeur du Comité des manuels scolaires américains (ONG chargée de vérifier le contenu des manuels). Selon lui, dans les années 80, on est passé à une relecture de l'histoire plus critique, faisant plus de place aux injustices telles que les mauvais traitements infligés aux Indiens, mais aussi aux facettes moins reluisantes de ceux considérés auparavant comme des héros.

Ce renversement, renforcé par la diffusion de portraits peu flatteurs dans la presse, la littérature et la télévision, a sans doute contribué à déboulonner le mythe Kennedy. Considéré autrefois par les Américains comme l'un des plus grands présidents des Etats-Unis, sa cote a dégringolé ces dernières années. Selon un récent sondage du New York Times, il n'arrive qu'en quatrième position parmi les plus grands présidents américains avec seulement 10 % des suffrages, derrière Ronald Reagan, Lincoln et Bill Clinton.

La vision des manuels n'a pas varié sur certains aspects de la présidence Kennedy. Les ouvrages scolaires continuent à louer le programme spatial, tandis que le débarquement raté de la Baie des Cochons a toujours été qualifié de "fiasco". De nombreux manuels des différentes époques, même ceux qui sont très critiques à l'égard du Président, reconnaissent que Kennedy fut un dirigeant qui a fait rêver les Américains. Plus que son bilan politique, c'est cette aura qui demeure aujourd'hui.

La tombe de John F. Kennedy au cimetière national d'Arlington. DaKohlmeyer/CC/Flickr
Source Courrier International