vendredi 16 juin 2017

Infos santé-Angine de poitrine (Angor)



Angine de poitrine (Angor)

  • Qu'est-ce que l'angine de poitrine ?
Lorsque les artères qui alimentent le cœur se bouchent du fait de dépôts de cholestérol, leur diamètre diminue peu à peu, réduisant l'apport en oxygène. Les efforts, qui augmentent les besoins en oxygène du cœur, provoquent alors des douleurs dans la poitrine car le muscle cardiaque peine à effectuer son travail. Ce sont les crises d'angine de poitrine (ou angor).
Le plus souvent, une oxygénation insuffisante du cœur se traduit par une douleur située à l'arrière du sternum, au centre de la poitrine. La douleur peut irradier le long du bras gauche, mais aussi dans le dos, sur les côtés, en haut du ventre, dans le bras droit, la nuque, la mâchoire ou même les dents. Elle est sourde et évoque une lourdeur ou une sensation d'oppression. Une douleur qui survient et disparaît en moins de quelques secondes est rarement causée par l'angine de poitrine.

  • Quelles sont les complications de l'angine de poitrine ?
Lorsque la privation d'oxygène est suffisamment grave pour entraîner la mort par asphyxie d'un grand nombre de cellules du cœur, on parle d'infarctus du myocarde (la "crise cardiaque"). Dans la moitié des cas environ, l’infarctus du myocarde est précédé de crises d’angine de poitrine.

  • Les causes de l'angine de poitrine
Le risque d'angor est plus important chez les personnes qui souffrent de diabète, d'excès de cholestérol (les dépôts de cholestérol bouchent les artères), d'hypertension artérielle ou d'obésité. Les fumeurs sont également plus exposés à l'angine de poitrine. Certaines crises d'angor sont attribuables à des spasmes des artères coronaires qui entraînent une constriction suffisante pour diminuer le débit sanguin dans ces vaisseaux.
L'angine de poitrine touche plus souvent les hommes que les femmes, et davantage les plus de 50 ans. Cette maladie est plus fréquente dans le nord de la France que dans le sud.

  • Peut-on prévenir l'angine de poitrine ?
La prévention de l'angor et des infarctus repose sur les mêmes principes que celle des autres maladies cardiovasculaires. Elle inclut un programme d'exercices physiques supervisé par un médecin, l'abandon de la cigarette et la mise en place d'une alimentation équilibrée.
L'activité physique est un élément important du traitement de l'angor. Elle favorise la formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui permettent de compenser les obstructions existantes. Chez les personnes qui ont eu un infarctus, une activité d’endurance modérée, dans le cadre d'un suivi médical, permet de se rétablir plus rapidement et de muscler les autres parties du cœur afin de compenser en partie la perte d’efficacité due à l’infarctus.
Les personnes qui souffrent de problèmes cardiaques, comme l'angine de poitrine, doivent se faire vacciner contre la grippe chaque année. En effet, en cas de grippe sévère avec troubles respiratoires importants, leur cœur serait mis à rude épreuve, potentiellement au-delà de ses capacités.

  • Les médicaments de l'angine de poitrine
Il existe plusieurs classes de médicaments qui traitent l'angine de poitrine. Certains sont destinés à soulager une crise d'angor. D'autres visent à prévenir ces crises chez les personnes qui souffrent d'angor. Certains visent également à dilater les artères du cœur (inhibiteurs calciques), à fluidifier le sang (antiagrégants plaquettaires, comme l’aspirine) ou à diminuer les besoins du cœur en oxygène (bêtabloquants).
Pendant une crise d’angor, les (dérivés nitrés dits à action immédiate), en comprimés ou en spray, sont administrés sous la langue pour soulager rapidement la douleur. Ils peuvent aussi être pris en traitement préventif, quelques minutes avant une circonstance susceptible de déclencher une crise.

Les dérivés nitrés dits à action retard sont destinés à prévenir les crises d'angine de poitrine. Ils se présentent sous forme de comprimés pris quotidiennement ou de dispositifs transdermiques (patchs). Ils sont prescrits en association avec les bêtabloquants ou les inhibiteurs calciques.

  • Quels sont les autres traitements de l'angine de poitrine ?
Le traitement de l'angine de poitrine repose également sur celui des maladies qui prédisposent et aggravent le risque de développer cette maladie : excès de cholestérol, hypertension artérielle, etc. Des règles d'hygiène et de diététique doivent également être suivies. Enfin, il est parfois nécessaire d'avoir recours à des techniques chirurgicales (angioplastie pour dilater l’artère bouchée ou pontage pour remplacer le segment obstrué).

  • Angine de poitrine et sexualité
Les personnes qui souffrent d'angine de poitrine se posent souvent la question de savoir si les rapports sexuels (et l'effort physique qu'ils représentent) leur sont permis. Médicalement, on considère qu'un rapport sexuel équivaut à 30 minutes de marche sur terrain plat (phase d'excitation) suivi de la montée d'un escalier (pénétration). Il est important d'en tenir compte et de s'assurer auprès de son médecin que ce type d'effort est possible sans risque de développer une crise d'angor.


source : Vidal


Cardiologie-EuroPCR 2012 (Paris, 15-18 mai 2012)

Angine de poitrine: un test pour orienter le traitement
Dans l’angine de poitrine stable, le choix était parfois délicat entre le traitement médical intensif et la dilatation des artères coronaires par angioplastie. Un test fonctionnel permet de trancher. 

Une avancée importante pour améliorer la stratégie de traitement de l’angine de poitrine a été présentée au congrès européen de la cardiologie interventionnelle. L’étude FAME II démontre que chez le malade souffrant d’un « angor » stable, c’est-à-dire qui subit des crises d’angine de poitrine uniquement lorsqu’il fait un effort,  Un test non-invasif permettrait de déterminer avec précision les malades à risque d’infarctus et ceux qui ne le sont pas.

L’angor ou l’angine de poitrine d’effort correspond à une gêne lors de l’apport de sang en quantité suffisante au niveau du muscle cardiaque pendant l’effort. Cette gêne survient en raison d’une obstruction partielle des artères coronaires qui apportent le sang dans ce muscle. Le débit est juste suffisant pour le fonctionnement du cœur au repos, mais l’effort, en augmentant les besoins en sang oxygéné, décompense l’équilibre précaire. Le risque est cependant que le rétrécissement artériel se complète brutalement à l’occasion de la formation d’un caillot de sang.

Ce dépistage du risque réel est critique car la crainte permanente des médecins et des malades est de passer à côté d’une situation qui risquerait d’aboutir à un infarctus. Si cela se produit, les malades doivent avoir, en urgence, une reperméabilisation des artères qui irriguent leur cœur.
Cette restauration de la normalité des flux sanguins dans les artères du cœur s’obtient par dilatation de la zone rétrécie, ou « sténosée », avec un ballonnet qui est remonté par voie artérielle jusqu’au niveau de la sténose, et gonflé pour la dilater. C’est ce que l’on appelle une « angioplastie par voie artérielle ». Un « stent », sorte de ressort déployant, est généralement mis en place dans la foulée pour maintenir l’ouverture de la lumière artérielle.

Si cette procédure est appliquée dans les 3 heures suivant un infarctus, les séquelles peuvent être minimes. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. La tentation a donc été grande dans le passé de faire des dilatations préventives des rétrécissements observés à l’occasion d’un examen radiologique coronaire en raison d’une angine poitrine simple. Cependant, cela s’est avéré le plus souvent inutile et cela expose les malades à un risque lié à la procédure et à des saignements potentiels induits par le renforcement du traitement antiagrégant.
Jusqu’à maintenant, seuls les malades qui souffraient d’un infarctus bénéficiaient donc d’une angioplastie systématique en urgence pour déboucher l’artère. Dans l’angor stable, la décision n’était pas systématique et restait délicate, y compris si un examen coronarographique avait montré qu’il existait une ou plusieurs sténoses sur une ou plusieurs artères coronaires. En effet, dans de nombreuses grandes études, la dilatation des artères par angioplastie n’avait pas démontré son bénéfice par rapport à un traitement médical intensif avec lutte contre les facteurs de risque.

Dr François Philippe, cardiologue interventionnel à l’Institut Mutualiste Montsouris, Paris: « Depuis l’étude COURAGE, le traitement médical était considéré comme suffisant dans l’angor stable »

L’innovation présentée à Euro-PCR consiste en un test fonctionnel et non invasif, car il est réalisé avec un examen écho-doppler. Ce « test de réserve coronaire », ou FFR en anglais, va permettre de mesurer la vitesse et l’importance du flux sanguin réel au niveau des artères coronaires. Ii évalue la capacité fonctionnelle vraie des artères coronaires à l’effort, celle-ci pouvant être variable chez différents malades, alors même que la sténose artérielle est identique.
Les cardiologues se posaient donc de nombreuses questions et les malades étaient inquiets de savoir que l’on ne dilatait pas une sténose qu’ils pouvaient voir eux-mêmes sur leurs radiographies.

Dr François Philippe: « Si la réserve fonctionnelle de la coronaire est bonne, on ne dilate pas »
 
Le test de réserve coronaire permettrait donc de bien différencier les malades qui doivent bénéficier d’une dilatation immédiate des artères coronaires, car cela leur évitera un infarctus ou une angioplastie en urgence, par rapport aux malades pour lesquels le traitement médical sera suffisant. C’est un progrès majeur.
 Dr Jean-Paul Marre

La pompe cardiaque 
Le cœur est la pompe qui fait circuler le sang dans les vaisseaux sanguins. C’est la contraction régulière de sa paroi musculaire qui va chasser le sang dans les artères pour irriguer tout l’organisme. Lorsque l’on fait un effort, les muscles des membres augmentent leur performance et leur consommation en énergie et en oxygène, exactement comme un moteur de voiture qui consomme plus d’essence quand la voiture accélère. Les muscles ont besoin de plus de sucre et d’oxygène, et le cœur doit augmenter sa fréquence de contraction pour augmenter le débit de sang qui les transporte.

Les rétrécissements des artères sont produits par des dépôts de différentes substances dans la paroi des artères de la même façon que le calcaire se dépose à l’intérieur d’un tuyau d’eau. Cette plaque d’athérome conduit à un rétrécissement de la lumière de l’artère, la sténose. Elle est décelable en radiographie quand on injecte un produit de contraste dans les artères. Lorsqu’une artère coronaire est partiellement bouchée par une plaque d’athérome, la circulation sanguine est perturbée.
Si la sténose est importante, le malade peut avoir des crises d’angine de poitrine pour des efforts assez modestes. Si cette sténose se double d’une « thrombose », c’est-à-dire caillot qui se forme à son niveau et bouche brutalement l’artère, on aboutit à un infarctus. La zone qui était normalement irriguée par l’artère va mourir si on ne la débouche pas très rapidement.

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